Des chercheurs sont parvenus à préciser le mode d’action de la toxoplasmose sur le cerveau. La maladie peut être contractée par contact avec des chats ou en mangeant de la viande mal cuite et issue d’un animal porteur. © Veronika Homchis, Unsplash

Santé

La toxoplasmose altère le fonctionnement de notre cerveau

ActualitéClassé sous :maladie , cerveau , toxoplasmose

La toxoplasmose est parfois qualifiée d'infection cachée car le parasite, une fois dans notre corps, y demeure, comme endormi. Mais il semblerait en réalité qu'il affecte le fonctionnement de notre cerveau en rebattant la carte des protéines synaptiques.

Les souris infectées par la toxoplasmose présentent un comportement étonnant : elles n'ont plus peur des chats. Elles semblent même parfois être attirées par leur prédateur. Un constat qui laisse entendre que Toxoplasma gondii, le parasite unicellulaire responsable de la maladie, a la capacité de modifier le fonctionnement de notre cerveau. Une étude révèle aujourd'hui son mode d'action.

Rappelons que la toxoplasmose affecte aussi bien les oiseaux que les mammifères. Mais c'est dans le système digestif du chat qu'elle se reproduit. Ainsi, un contact avec des excréments de chat, par exemple, peut nous infecter. D'ailleurs, près de la moitié de la population humaine le serait.

La toxoplasmose peut se révéler dangereuse pour le fœtus si la future maman contracte la maladie pendant sa grossesse. Dans le premier trimestre, la contamination peut être extrêmement grave et conduire à la mort du bébé car le parasite s’attaque à son système nerveux central en plein développement. © Free-Photos, Pixabay, CC0 Creative Commons

Des quantités de protéines modifiées

Après une brève période de symptômes grippaux, l'infection reste toutefois la plupart du temps cachée. Mais si elle rend les souris exagérément courageuses, elle pourrait aussi influer sur notre comportement. L'infection par la toxoplasmose est ainsi associée à la schizophrénie ou la dépression.

Selon des chercheurs allemands, Toxoplasma gondii agit en fait sur la composition moléculaire des synapses responsables du traitement du signal dans notre cerveau. L'équipe a pu montrer que, dans un cerveau de souris, l'infection modifie les quantités de quelque 300 protéines synaptiques. En effet, moins de protéines ont été retrouvées dans les environs des synapses glutamatergiques dont un dysfonctionnement est bien associé à des troubles tels que la dépression ou la schizophrénie. En revanche, les protéines impliquées dans la réponse immunitaire sont apparues en surnombre.

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