Une récente étude parue dans Science met en évidence une corrélation entre mauvaise santé mentale (dépression, anxiété) des parents et leur contrôle excessif sur l'alimentation de leurs enfants.

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Des études antérieures avaient déjà établi des liens entre santé mentale des parents et leurs effets multiples sur les pratiques alimentaires des enfants. On savait déjà, par exemple, qu'une santé mentale « bancale » pouvait engendrer une pressionpression des parents sur les enfants pour les pousser à manger ou à l'inverse un contrôle excessif de leur environnement alimentaire. Dans cette nouvelle expérience, les chercheurs ont voulu confirmer les résultats antérieurs et ratisser plus large concernant les troubles de santé mentale et leurs vastes conséquences sur les pratiques alimentaires

Anxiété, dépression et TCA s'invitent à table 

Dans leur expérience, les scientifiques ont suivi 415 mères de famille afin de récolter des données. Les niveaux d'anxiétéde dépression et de troubles du comportement alimentairetroubles du comportement alimentaire (TCA) ont été évalués grâce à des échelles standardisées. Ensuite, les mères relataient leurs attitudes au niveau alimentaire envers leurs enfants (âgés de 2 à 4 ans). Même si ce type de questionnaire comporte des biais inhérents à l'évaluation personnelle, les résultats obtenus semblent assez cohérents. Les expérimentateurs ont donc constaté qu'une anxiété et une dépression prononcées engendraient une pression plus forte des mamans sur leurs enfants pour les faire manger, des restrictions pour des raisons de santé ou de contrôle du poids et l'utilisation de la nourriture comme régulateurrégulateur émotionnel et comme récompense. Ces conséquences ont la capacité, selon les auteurs, d'impacter de façon négative les habitudes alimentaires des enfants sur le long terme.

L'anxiété des parents peut impacter de façon négative les habitudes alimentaires des enfants sur le long terme. © milanmarkovic78, Adobe Stock
L'anxiété des parents peut impacter de façon négative les habitudes alimentaires des enfants sur le long terme. © milanmarkovic78, Adobe Stock

Des conséquences pas toujours négatives

Malgré la pluralité des conséquences négatives qui peuvent fortement altérer le comportement alimentaire futur des enfants, certaines d'entre elles se traduisaient par des réactions et pratiques alimentaires adaptées aux enfants. Par exemple, les mères anxieuses étaient plus à même d'enseigner certaines connaissances qu'elles avaient en nutrition à leurs enfants ou encore leur assurer un environnement alimentaire plutôt sain.

Morale de l'histoire, tout en continuant à apprendre à son enfant comment bien manger et à lui conférer un environnement alimentaire sain, il faut savoir le laisser faire ses propres expériences et lui apprendre à écouter son corps plutôt que de le forcer (ou l'empêcher) de manger. Autrement dit, lui donner toutes les cartes en main pour faire les bons choix sans les jouer à sa place.