Contrairement aux vrais jumeaux, qui sont génétiquement identiques, les faux jumeaux sont, du point de vue génétique, comparables à des frères et sœurs. © Patryk Kosmider, Shutterstock

Santé

Êtes-vous génétiquement programmée pour faire des jumeaux ?

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Les « familles à jumeaux » existent et on observe des disparités dans les statistiques entre différents pays. Des chercheurs hollandais ont peut-être percer le mystère en débusquant deux gènes qui expliqueraient pourquoi certaines femmes ont plus de chances que d'autres d'avoir des jumeaux dizygotes, ou « faux jumeaux ».

En moyenne, les naissances de jumeaux dizygotes concernent 1 à 4 % des femmes, mais leur fréquence varie en fonction des pays : seulement 6 naissances pour 1.000 en Asie mais 40 pour 1.000 en Afrique. En parallèle, les naissances de jumeaux homozygotes (vrais jumeaux) représentent 3 à 4 naissances pour 1.000 dans le monde. Les naissances gémellaires augmentent la fertilité d'une population mais elles ont un impact sur la santé de la mère et des bébés : les grossesses multiples augmentent le risque de fausses couches, de naissances prématurées et de décès du nouveau-né.

Dans les pays occidentaux, la fécondation in vitro (FIV), dont la pratique s'est accrue au cours des dernières décennies, conduit plus souvent à la naissance de jumeaux. Mais ce n'est pas la seule raison pour laquelle les naissances multiples ont progressé dans ces pays. En effet, les grossesses tardives sont plus fréquentes et les femmes, en vieillissant, ont plus de chances de libérer plus d'un ovocyte par cycle, ce qui augmente le risque d'avoir des faux jumeaux.

En plus de ce phénomène géographique, il existe des « familles à jumeaux », ce qui laisse supposer l'existence d'une cause génétique. Les femmes qui conçoivent spontanément des faux jumeaux ont tendance à ovuler plusieurs fois dans le cycle. Ces faux jumeaux intéressent les scientifiques car leur comparaison avec les vrais jumeaux aide à comprendre les liens existant entre un caractère, les gènes et l'environnement. C'est pourquoi il existe dans le monde des bases de données qui suivent les populations de jumeaux.

Dans un article paru dans The American Journal of Human Genetics, des chercheurs de l'université Vrije (Amsterdam, Pays-Bas) ont cherché des variants génétiques qui favorisent la naissance de faux jumeaux. Pour cela, ils ont étudié 1.980 mères qui ont eu spontanément des faux jumeaux, d'après des données provenant d'Australie, du Minnesota et des Pays-Bas. Ils ont comparé ces résultats aux données sur les femmes qui n'avaient pas eu de jumeaux ou qui avaient des vrais jumeaux.

Les femmes d’origine asiatique ont moins souvent de jumeaux. Une question de gènes ? © Jatupong Arsaipanit, Shutterstock

L'espoir d'améliorer la FIV

Les scientifiques se sont mis en quête de variations de nucléotides, ou SNP (Single Nucleotide Polymorphism), qui seraient plus présentes chez les mères de faux jumeaux que chez les autres. Après avoir trouvé des SNP répondant à ces critères, ils ont refait l'analyse avec des données islandaises pour affiner leurs résultats et ne retenir que deux SNP. Les variants identifiés augmenteraient de 29 % les chances d'avoir des jumeaux dizygotes.

Le premier gène identifié, FSHB, est impliqué dans la production de FSH, une hormone dont la concentration varie lors de la maturation des ovocytes dans les ovaires. Si les niveaux de FSH restent élevés pendant longtemps, les ovaires libèrent plusieurs ovocytes, ce qui peut donc augmenter les chances d'avoir des faux jumeaux. L'allèle de FSHB était associé à des niveaux de FSH plus élevés, un âge plus précoce des premières règles, de la naissance du premier enfant et de la ménopause.

Le second gène, SMAD3, modifie la réponse des ovaires à l'hormone FSH - du moins chez la souris. Mais le rôle de ce gène n'est pas bien connu. SMAD3 est exprimé dans l'ovaire où il favorise la prolifération des cellules de la granulosa, probablement en jouant sur les voies de signalisation. L'allèle de SMAD3 identifié augmenterait la réponse à la FSH. D'après Hamdi Mbarek, SMAD3 pourrait expliquer pourquoi certaines femmes répondent mieux que d'autres à la FIV : la compréhension de son rôle pourrait aider à améliorer les techniques de procréation médicalement assistée.

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