Certains suppléments alimentaires auraient une action sur le prolongement de la durée de vie. Cela a été démontré chez les souris, mais pourquoi ne pas imaginer un tel bénéfice sur les humains ?
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Selon une précédente étude, la longévité serait contrôlée par nos gènesgènes. Mais de nouveaux travaux viennent de montrer que l'alimentation est également un facteur très important. Nous savons tous que manger gras, sucré ou salé est mauvais pour notre organisme, favorisant les maladies cardiovasculairesmaladies cardiovasculaires ou le diabètediabète. Nous savons également que les fruits et légumes qui contiennent des antioxydantsantioxydants sont de bons atouts contre le cancercancer. Mais au sein d'une alimentation déjà équilibrée, l'ajout d'un certain type de suppléments alimentaires permettrait, selon un article publié dans le journal Cell metabolism, de prolonger significativement la vie.

Ce phénomène avait déjà été démontré chez les levureslevures l'année dernière. Mais ces organismes unicellulaires, bien moins complexes que les animaux à quatre pattes, ne peuvent pas être atteints de problèmes cardiaques ou de cancers... Il est donc toujours plus convainquant de confirmer les résultats sur un organisme plus proche de l'humain : la souris. C'est ce qu'ont fait des chercheurs italiens de l'université de Pavie, de MilanMilan et de Brescia. 

Les suppléments alimentaires en question sont des acides aminésacides aminés, les briques qui constituent nos protéinesprotéines. Parmi la vingtaine d'acides aminés, trois d'entre eux ont été sélectionnés :

 Ils ont pour point commun d'être des acides aminés essentielsacides aminés essentiels, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas synthétisés par l'organisme et doivent donc être apportés par la nourriture. De plus, ils sont ce que l'on appelle des acides aminés branchés (BCAA pour branched-chain amino acid), car ils possèdent un atomeatome de carbonecarbone relié à deux autres atomes de carbone sur leur chaîne latérale.

Les trois acides aminés branchés (BCAA) : leucine, valine et isoleucine (de gauche à droite). © DR

Les trois acides aminés branchés (BCAA) : leucine, valine et isoleucine (de gauche à droite). © DR

Les souris de l'étude ont été nourries de manière saine, en utilisant la nourriture habituelle donnée aux rongeursrongeurs. Toutes les souris inclues dans l'étude étaient des mâles adultes en pleine santé. La comparaison a alors été effectuée entre des souris buvant quotidiennement de l'eau normale et celles buvant de l'eau dans laquelle le trio d'acides aminés a été dissous (à raison de 1,5 milligramme par gramme de poids corporel et par jour).

Prolongement de la durée de vie de 12 %

Le premier constat est que les souris à la nourriture enrichie ont une duréedurée de vie médiane de 869 jours contre 774 pour les souris non traitées, soit une augmentation de 12 % de la durée de vie. Mais les chercheurs ont voulu comprendre le processus impliqué dans ce phénomène en analysant les souris à l'échelle moléculaire.

Ils ont tout d'abord remarqué une augmentation de la biogenèse mitochondriale (impliquée dans la production d'énergieénergie) et de l'expression de la protéine SIRT1 (connue pour son action antivieillissement et contre la maladie d'Alzheimermaladie d'Alzheimer) dans les muscles squelettiquesmuscles squelettiques et cardiaques, mais pas dans le foiefoie ni dans les tissus adipeuxtissus adipeux. Ces phénomènes étaient accompagnés d'une endurance physiquephysique améliorée.

De plus, les systèmes de défense contre le stress oxydatifstress oxydatif (la voie NOS) étaient aussi plus actifs, si bien que la production des dangereux dérivés réactifs de l’oxygène (ROS) était diminuée. Des souris génétiquement modifiées et affectées dans la voie NOS ne bénéficiaient que très peu du supplément alimentaire. L'action anti-âge apportée par BCAA est donc régie au moins en partie par la voie NOS.

D'après les scientifiques, la consommation de protéines qui contiennent ces acides aminés n'est pas équivalente à la consommation des acides aminés, car ils peuvent directement passer dans le sang sans être digérés. Un traitement basé sur ces trois acides aminés (déjà utilisés par certains sportifs pour améliorer leurs performances) pourrait être bénéfique, essentiellement pour les personnes âgées ou pour celles souffrant de déficits énergétiques. Toutefois, cela nécessite au préalable une étude cliniqueétude clinique à grande échelle pour mettre en évidence des risques potentiels.