Le rôle du génomegénome dans le vieillissement a été rendu probable depuis la démonstration d'un certain degré de transmission héréditairehéréditaire de la longévité et la grande différence entre la duréedurée de vie maximale (estimée) des espècesespèces animales mise sur le compte du génome (pour la littérature voir références 15, 21, 25, 26).

Les arguments les plus récents proviennent des mutations dans le génome nucléaire ou dans les mitochondriesmitochondries détectées dans des maladies imitant un vieillissement accéléré, telles que la Progeria et le syndromesyndrome de Werner (22). Des mutations bien caractérisées sont impliquées aussi dans la régulation de la longévité de certains invertébrésinvertébrés, comme la drosophiledrosophile et le nématodenématode Caenorhabditis elegans (22).

Drosophila repleta.© Bbsli - CC BY-SA 3.0

Drosophila repleta. © Bbsli - CC BY-SA 3.0

Par contre, l'analyse des mécanismes impliqués directement dans le déclin des cellules et tissus au cours du vieillissement non pathologiquepathologique met en évidence le rôle direct de processus épigénétiques tels que la glycation non-enzymatique (ou la réaction de Maillard) et des phénomènes liés à la production de radicaux libresradicaux libres. On pourrait mettre dans cette catégorie de réactions l'effet moins strictement contrôlé de certaines protéasesprotéases. L'effet indéniable des conditions de vie (nutrition en particulier) et l'effet de l'environnement sur la longévité sans modification apparente du génome doit aussi inciter à la prudence quant à l'attribution d'un rôle prépondérant au déterminisme génétiquegénétique dans le contrôle de la longévité, à moins de s'aventurer dans des considérations plutôt spéculatives concernant l'effet de l'environnement sur le génome, ce qui revient au même.

NématodeCaenorhabditis elegans. © Domaine public

Nématode Caenorhabditis elegans. © Domaine public

Le « cadeau » du siècle, la rallonge de 30 ans environ de l'espérance de vieespérance de vie moyenne en moins d'un siècle sans modification apparente du génome, incite aussi à la prudence. Il en est de même de la seule manipulation expérimentale qui a réussi à rallonger la durée de vie de certains rongeursrongeurs, la restriction calorique. Cela nous ramène à la corrélation inverse bien documentée entre intensité métabolique (corrigée pour les défenses anti-radicalaires) et la durée de vie maximale des espèces (31). Dans ce qui suit nous proposons une analyse conceptuelle du rôle respectif du génome et des réactions épi-génétiques dans le contrôle du vieillissement normal et pathologique. Sans oublier que ces considérations sont forcément contingentées par l'état d'avancement des recherches dans le domaine des mécanismes du vieillissement.