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Vaccinations : les Français toujours peu enthousiastes

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L'Institut de veille sanitaire vient de publier un rapport sur la couverture vaccinale en France, concluant à une protection insuffisante de la population pour plusieurs maladies. Et les professionnels de santé ne donnent pas l'exemple...

Les objectifs nationaux de vaccination pour 2012 ne sont pas atteints pour la plupart des vaccins. © Phovoir

Constat sans appel de l'Institut de veille sanitaire, l'INVS : « en 2012, les objectifs de couverture vaccinale fixés par la loi de santé publique - au moins 95 % pour toutes les vaccinations, exceptée la grippe avec 75 % - ne sont pas atteints pour la plupart des vaccinations».

Dans son rapport sur la Mesure de la couverture vaccinale en France, l'INVS a compilé et analysé les données nationales, régionales et départementales sur l'état de la couverture vaccinale en France. Et cela jusqu'aux données les plus récentes, « obtenues à partir des différentes sources, à différentes périodes et dans les principaux groupes cibles ».

Les objectifs de santé publique ne sont finalement atteints que pour la vaccination - obligatoire - DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite), puis celles contre la coqueluche et l'haemophilus influenza b chez l'enfant. Mais d'une manière générale, ce travail confirme surtout que les Français sont insuffisamment vaccinés.

Distribution par département des couvertures vaccinales RRO (rougeole-rubéole-oreillons) à l'âge de 2 ans (donnée la plus récente entre 2003 et 2008). On note une répartition inégale avec, globalement, moins de vaccinations dans le sud de la France. (Source : certificats de santé du 24e mois, Drees, InVS.) © INVS

Vaccination : carton rouge pour les professionnels de la santé

L'Institut distingue toutefois :

  • les couvertures vaccinales insuffisantes et en baisse : c'est le cas de la vaccination contre la grippe saisonnière ;
  • les couvertures vaccinales insuffisantes mais stables : c'est le cas de la vaccination anti-HPV (qui protège contre le cancer du col de l’utérus), mais aussi de la première dose de RRO (rougeole-rubéole-oreillons), des rappels DTP décennaux chez l'adulte et encore de la coqueluche à l'adolescence. « Le BCG chez les enfants à risque de tuberculose peut également être classé dans ce groupe mais il constitue un cas à part, du fait des modifications récentes de la politique vaccinale », souligne l'INVS ;
  • les couvertures vaccinales insuffisantes mais en progression : elles concernent l'administration de la seconde dose de RRO et du vaccin contre l'hépatite B. « Deux autres vaccins d'introduction plus récente peuvent également être inclus dans ce groupe : le vaccin pneumocoque conjugué et le vaccin anti-méningocoque C. Pour le vaccin contre le pneumocoque, la forte progression de vaccinations récemment observée laisse espérer que l'objectif de santé publique sera atteint », ajoute l'InVS.

Les professionnels de santé ne sont pas mieux immunisés que la population générale. Quelques chiffres : 88,3 % des médecins se déclarent vaccinés contre l'hépatite B, 10,3 % déclarent ne pas l'être et 1,1 % ne pas l'être complètement. Par ailleurs, 49 % des professionnels de santé ont reçu la première dose de RRO. Et 24 %, la seconde...

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