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Un nouveau vaccin pour éradiquer la polio ?

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La poliomyélite est une maladie que l'Organisation mondiale de la santé voudrait voir disparaître. Encore faut-il avoir les bons outils pour y parvenir ! Selon une étude récente, un nouveau vaccin serait très efficace contre les deux souches du virus circulantes, laissant envisager une prochaine éradication de la maladie.

La poliomyélite provoque une paralysie qui touche principalement les membres inférieurs. © DR

Alors qu'une gigantesque campagne de vaccination contre la poliomyélite a commencé dans 15 pays d'Afrique pour protéger 72 millions d'enfants, une nouvelle étude publiée dans le journal The Lancet indique qu'un nouveau vaccin pourrait aider à éradiquer la maladie. Il ne reste qu'un pas à franchir car le nombre de cas a fortement diminué ces dernières décennies.

En 1988, la poliomyélite était toujours endémique dans 125 pays, mais aujourd'hui, grâce aux multiples campagnes de vaccinations, ce chiffre s'est considérablement réduit. Seulement quatre pays restent sur la liste des pays endémiques : l'Afghanistan, le Pakistan, l'Inde et le Nigéria.

Des vaccins de plus en plus efficaces

Provoquée par un virus à ARN, la poliomyélite est une maladie transmise par voie oro-fécale. Si plus de 90 % des personnes infectées ne sont atteints que de troubles mineurs voire asymptomatiques (vomissements, symptômes grippaux...), pour certains les conséquences sont beaucoup plus sévères. La moelle épinière peut être infectée, ce qui provoque une paralysie des membres inférieurs généralement, ou plus rarement des muscles respiratoires, menant au décès du patient.

C'est en 1955 que le premier vaccin contre la poliomyélite a obtenu une autorisation de mise sur le marché. Composé des trois souches virales existantes inactivées au formaldéhyde, il porte le nom de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI). En 1963, le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) a fait son apparition, également dérivé des trois souches virales. Sa grande efficacité (notamment sur les muqueuses intestinales) et sa facilité d'administration lui ont permis de remplacer le VPI, même s'il provoque dans de très rares cas une poliomyélite paralytique post-vaccinale (1 cas sur 2,7 millions).

La vaccination orale contre la poliomyélite est très pratique et a montré son efficacité. Le vaccin antipoliomyélitique oral bivalent serait encore plus immunogène que le trivalent. © DR

Cibler les souches de types 1 et 3

Depuis, d'autres vaccins ont vu le jour : des VOP monovalents ciblant les souches de types 1 ou 3 du virus, plus efficaces que le VOP trivalent. Ces vaccins sont recommandés dans les zones du globe où seule la souche en question circule. Depuis peu, un nouveau VOP bivalent ciblant les souches de types 1 et 3 a vu le jour (la souche de type 2 n'étant plus apparue depuis plus de 10 ans). Le but : améliorer l'efficacité de protection contre ces deux souches simultanément.

Des chercheurs de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont testé l'efficacité de ce VOP bivalent grâce à une étude clinique en double-aveugle. En 2008, 830 nouveau-nés de trois centres hospitaliers en Inde ont alors été vaccinés par le VOP monovalent, bivalent ou trivalent. La réponse immunitaire a été mesurée par des prélèvements sanguins réalisés avant et après l'administration des deux doses de vaccin.

Efficacité proche des vaccins monovalents

L'immunisation suite à la vaccination par le VOP bivalent est, pour chaque souche, supérieure à celle mesurée après la vaccination par le VOP trivalent. De plus, la réponse immunitaire suite à la vaccination par le VOP bivalent est similaire à celle obtenue après l'administration des doses de vaccins VOP monovalents. La séroconversion (apparition des anticorps) est retrouvée chez 86 % des bébés vaccinés par le VOP bivalent contre 90 % par le monovalent pour le type 1, 74 % contre 84 % pour le type 3, alors que le VOP trivalent n'atteint que timidement les 63 % et 52 %.

Selon le Global Polio Eradication Initiative, ce vaccin bivalent a déjà été utilisé dans des campagnes de vaccination en Afghanistan, en décembre 2009, sur 2,8 millions d'enfants de moins de 5 ans. L'OMS espère parvenir à une éradication mondiale le plus tôt possible.

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