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La fièvre de la Vallée du Rift a son vaccin !

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Le virus de la fièvre de la Vallée du Rift infecte préférentiellement les animaux mais reste une menace pour l'homme. L'absence d'un vaccin efficace est sur le point d'être comblée d'après des tests probants effectués sur la souris.

Le virus de la fièvre de la vallée du Rift touche principalement le bétail, mais n'épargne pas l'Homme. Crédits DR

La fièvre de la Vallée du Rift touche principalement les animaux domestiques mais peut aussi se transmettre à l'homme. La maladie est causée par le Phlebovirus RVFV, un virus transmis par les moustiques. Dans la majorité des cas la maladie est bénigne pour l'Homme mais une fièvre hémorragique peut se développer, conduisant au décès d'environ 1% des malades.

Jusqu'à présent, des vaccins contre le RVFV avaient montré leur efficacité et étaient utilisés. Toutefois, ces vaccins étaient conçus à partir de virus entiers atténués, posant alors plusieurs problèmes : des effets secondaires gênants comme des avortements spontanés du bétail, mais aussi une possible réversion du virus et donc un risque de contracter de la maladie. La volonté d'obtenir un vaccin à la fois efficace et sûr a encouragé les chercheurs à créer et tester des vaccins d'origines variées.

Les chercheurs du Center for Vaccine Research à l'Université de Pittsburgh ont mis au point plusieurs vaccins. Ils consistent en l'expression d'une glycoprotéine virale nommée Gn, protéine qui est normalement exposée à la surface de la capside du RVFV. Le vaccin permettrait donc d'activer le système immunitaire afin de le préparer à la venue du vrai virus. Lors de l'apparition du virus dans le corps, la glycoprotéine Gn est reconnue par les anticorps et le virus peut être maîtrisé avant qu'il n'ait le temps de se multiplier !

Représentation schématique du virus de la fièvre de la vallée du Rift. La glycoprotéine Gn (jaune) est retrouvée en surface de la capside, et peut être directement reconnue par le système immunitaire grâce à la vaccination. © ViralZone

Une protection totale contre le virus

Concrètement, le gène Gn a été fusionné ou non au gène d'une autre protéine C3d, qui a pour rôle d'activer non spécifiquement le système immunitaire. Afin de déterminer leur efficacité, ces deux constructions ont été inoculées aux souris sous forme d'ADN (pour la forme fusionnée) ou sous forme de réplicon d'alphavirus (pour Gn seul), à trois reprises et avec trois semaines d'intervalle entre chaque opération. La forme ADN a été inoculée aux souris par bombardement de petites particules d'or sur lesquelles sont fixées les molécules d'ADN. La forme réplicon est quant à elle administrée par piqûre dans les coussinets des souris.

D'après l'article publié dans la revue Plos Neglected Tropical Diseases, les deux vaccins sont capables d'activer spécifiquement le système immunitaire. Les titres d'anticorps neutralisants sont même supérieurs à ceux provoqués par l'inoculation du vaccin MP12 correspondant au virus RVFV atténué. Pourtant, seule l'inoculation par le vaccin sous forme réplicon active la réponse d'immunité cellulaire. Mais ces souris sont-elles efficacement immunisées ?

Les souris ont ensuite été inoculées par le virus RVFV et... sont résistantes à la maladie ! Non seulement aucune des souris vaccinées n'est morte des suites de l'infection mais en plus elles n'ont développé aucun des symptômes caractéristiques. C'est donc un grand succès pour cette équipe de recherche mais c'est aussi une belle promesse pour la population la plus exposée aux risques d'infection par le RVFV.

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