Bien que responsables de très nombreux décès dans les pays en voie de développement, les maladies parasitaires ne bénéficient pas de fonds suffisants pour parvenir à l’élaboration d’un remède. Pour pallier ce problème, l’Inserm, avec l’aide de la Commission européenne, vient de monter un projet qui vise à mettre au point de nouveaux médicaments antiparasitaires.
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La bilharziosebilharziose, la leishmaniose, la maladie de Chagasmaladie de Chagas et le paludisme sont considérés comme des maladies parasitaires négligées, car l'effort et l'investissement consentis pour développer de nouvelles méthodes de traitement et de contrôle sont faibles par rapport à l'impact désastreux qu'elles ont sur les populations concernées. Elles touchent très majoritairement les populations en voie de développement, principalement en Afrique, au Moyen-Orient, en Amérique du Sud et dans l'est de l'Asie. Près d'un milliard de personnes y sont régulièrement exposées et environ un million en meurent chaque année dans le monde.

Actuellement, il n'existe pas de vaccinvaccin disponible pour se protéger des parasitesparasites responsables. De plus, les traitements existants sont limités, soit par leurs effets secondaires, soit par le développement de résistances. Par conséquent, le consortium A-Paraddise (Anti-Parasitic Drug DiscoveryDiscovery in Epigenetics), coordonné par l'Inserm, se concentre sur la recherche de nouveaux médicaments contre ces parasitosesparasitoses. Il vient d'obtenir un financement de six millions d'euros de la Commission européenne pour tester à grande échelle des traitements innovants contre les maladies parasitaires négligées.

Transmise par des insectes diptères, la leishmaniose est due à un protozoaire. Cette maladie peut être cutanée ou viscérale. © Abanima, Wikipédia, cc by sa 3.0

Transmise par des insectes diptères, la leishmaniose est due à un protozoaire. Cette maladie peut être cutanée ou viscérale. © Abanima, Wikipédia, cc by sa 3.0

À la recherche de médicaments antiparasitaires

Le projet A-Paraddise s'appuie sur la méthodologie approuvée dans un précédent projet d'envergure similaire, appelé SetTrend, qui vise à développer des médicaments contre la bilharziose, une maladie due à un ver hématophage. Les chercheurs se sont intéressés à des enzymesenzymes de modification des histoneshistones (HME, pour histone-modifying enzymes en anglais), des protéinesprotéines responsables de la structure des chromosomeschromosomes du parasite. Grâce à ce travail, ils ont identifié des inhibiteurs de différentes HME toxiques pour ce ver. Cela a alors permis la constitution d'une banque de composés candidats qui peuvent maintenant être rapidement testés contre d'autres parasites humains.

Grâce au nouveau projet A-Paraddise, les scientifiques espèrent exploiter le principe de base et l'étendre en créant une plateforme unique de tests de médicaments antiparasitaires ciblant les HME, afin de les intégrer dans un développement clinique. La méthode expérimentale consiste à tester physiquement et virtuellement l'efficacité et la toxicitétoxicité des composants in vitroin vitro et in vivoin vivo. L'objectif final est de fournir un certain nombre de traitements candidats pour lutter contre ces quatre parasites et de rendre possibles de prochains essais cliniquesessais cliniques. Pour accomplir ce travail, les participants au projet ont été sélectionnés pour leur expertise de haut niveau, chacun dans leur domaine : le criblage à haut débitdébit, le criblage informatique, la production de protéines recombinantes, le séquençage à haut débit, les tests phénotypiques, la toxicologietoxicologie et la pharmacologie.