Thierry Pelet, futur directeur de la start-up suisse HMCARE à l’origine d’un masque chirurgical transparent. © Alain Herzog, EPFL
Santé

Une start-up suisse invente un masque transparent et recyclable

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Les masques traditionnels chirurgicaux ou en tissu rendent la communication difficile et entravent la respiration. Une toute jeune entreprise suisse, HMCARE, a inventé un masque appelé HelloMask entièrement transparent, souple, résistant et écologique.

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Depuis l'épidémie de coronavirus, le port du masque s'est imposé dans l'espace public. Nous avons tous l'impression étrange de parler à des personnes avec la moitié du visage caché, sans pouvoir décrypter leur sourire ou leurs émotions. Le masque étouffe aussi le son de la voix et entrave la respiration. La start-up suisse HMCARE, spin-off du Centre EssentialTech à l'EPFL (École polytechnique fédérale de Lausanne) a mis au point un masque chirurgical entièrement transparent et recyclable. Baptisé HelloMask, il devrait être disponible dès 2021.

HelloMask est un masque chirurgical transparent, biosourcé et respirant. © Alain Herzog, EPFL

Une membrane microporeuse qui laisse passer l’air mais pas les virus

« Sur Internet, on peut voir quelques prototypes de masques laissant apparaître le bas du visage, mais il s'agit d'une partie en plastique intégrée dans un masque traditionnel, précise Thierry Pelet, futur directeur de HMCARE. Ce genre de polymère n'étant pas poreux, il entrave le confort de la respiration et génère de la buée ». Le matériau utilisé par la start-up, une membrane élaborée dans un polymère spécifiquement conçu pour cette application, conjugue transparence, résistance et porosité.

Le masque est tissé grâce à l'électrofilage, une technique qui permet d'étirer les fibres polymères en les soumettant à un champ électrique. On obtient ainsi un matériau tissé extrêmement poreux sous forme de filament continu. « L'agencement des fibres laisse de minuscules interstices de 100 nanomètres, une taille identique au matériau des masques traditionnels, qui laisse passer l'air mais filtre virus et bactéries », explique Thierry Pelet. Le HelloMask offre ainsi une protection équivalente à celle des masques chirurgicaux, tout en améliorant le confort et la respirabilité.

Un matériau dérivé à 99 % de la biomasse

La start-up s'est également attaquée à un autre problème : celui de l'énorme quantité de déchets causés par les masques jetables. Même s'ils donnent l'impression d'être en papier, les masques chirurgicaux sont en réalité fabriqués en polypropylène, un dérivé du pétrole non biodégradable et difficile à recycler. La membrane élaborée par le laboratoire de l'EPLF est, quant à elle, à 99 % dérivée de biomasse. « Et nous continuons à travailler à la rendre entièrement écocompatible », assure Thierry Pelet.

Commercialisation prévue en 2021

Dernier atout de ce masque révolutionnaire : sa facilité de production. L'électrofilage permet en effet une fabrication à grande échelle : la membrane est fabriquée sous forme de rouleau à partir duquel les masques seront découpés et assemblés, précise la start-up. Seules, quelques adaptations seront nécessaires pour le fabriquer sur les lignes de production existantes. Du coup, alors que la production était initialement envisagée en Asie, elle pourrait finalement être rapatriée en Suisse. Reste la question du coût, le HelloMask étant 15 à 20 % plus cher qu'un masque chirurgical classique, selon les informations obtenues par Futura.

La toute jeune entreprise vient de lever un million de francs suisses (940.000 euros) pour lancer la phase d'industrialisation. HelloMask sera réservé en priorité au milieu médical (personnel hospitalier, médecins, dentistes...) mais une commercialisation grand public est prévue dans un deuxième temps, promet la start-up, qui vise le marché européen... voire mondial.

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