Aurions-nous utilisé du gel hydroalcoolique pour rien pendant deux ans ? C’est ce que semble conclure une étude publiée le 14 février 2022 par des chercheurs de l’Université de l’Utah aux États-Unis dans le journal ACS Central Science.

Depuis le début de la pandémiepandémie, il est communément admis que le virus se transmet, d'une part par les postillons (toux, éternuements, rires...), et d'autre part par les surfaces contaminées (terminal de carte bleue, poignées de porteporte, objets...). Pour se prémunir du premier mode de transmission, le port du masque a été généralisé à l'intérieur, et même à l'extérieur, pendant les pics de propagation du virus.

Pour se protéger du second mode de contamination, l'utilisation de gelgel hydroalcoolique ou le lavage régulier des mains tout au long de la journée ont été vivement recommandés. En effet, dès le début de la pandémie, des analyses ont montré que le virus pouvait demeurer intact sur des surfaces pendant 28 jours ! Cependant, selon une récente étude parue dans le journal ACS Central Science, il semblerait que ce mode de transmission ne suffise pas à provoquer une infection chez l'Homme. 

La mucine, une protéine protectrice

L'explication proviendrait d'une protéineprotéine présente dans nos postillons et appelée mucine. Ce sont nos muqueuses qui produisent la mucine. Elle a pour fonction de conserver les muqueuses humides, un peu comme un lubrifiantlubrifiant. Elle a également pour rôle de protéger notre organisme des agents pathogènespathogènes. En se fixant dessus, elle les empêche de pénétrer dans nos cellules. Dans le cas du coronaviruscoronavirus, la mucine a la propriété de s'accrocher sur la protéine Spike. Lorsque celle-ci est masquée, le virus ne peut plus entrer dans les cellules.

C'est le contact avec les postillons en suspension dans l'air qui est presque toujours responsable de la contamination. © Lassedesignen, Adobe Stock
C'est le contact avec les postillons en suspension dans l'air qui est presque toujours responsable de la contamination. © Lassedesignen, Adobe Stock

Des surfaces contaminées non contaminantes

Lorsqu'une personne contaminée postillonne, les gouttelettes contiennent donc du virus entouré de mucine. Lorsque celles-ci se déposent sur des surfaces, l'eau s'évapore en quelques minutes et la liaison entre les particules de virus et les mucines est encore plus forte. C'est pourquoi les postillons en suspension dans l'airair encore bien hydratés sont beaucoup plus contagieux que les postillons déposés sur des surfaces depuis un certain temps et déshydratés.

Pourquoi les études précédentes sur le pouvoir contaminant du SARS-CoV-2 déposé sur des surfaces n'ont-elles pas abouti à ce résultat ? Parce qu'elles ont bien souvent étudié la survie du virus seul, sans tenir compte de son environnement dans les postillons.

Cette découverte pourrait aussi apporter des éléments nouveaux sur un aspect très mystérieux du virus : pourquoi certaines personnes font une forme grave de la maladie tandis que d'autres sont asymptomatiques ? La qualité des mucines présentes dans nos muqueuses dépend de notre état de santé et de notre alimentation. Les personnes ayant des mucines de bonne qualité pourraient être plus à même de bloquer l'entrée du virus dans l'organisme tandis que celles dont les mucines sont de moindre qualité seraient dans l'incapacité de le faire, laissant entrer de plus grandes quantités de virus dans l'organisme.