Le clofoctol, molécule miracle contre le coronavirus ? © Xenlumen, Adobe Stock
Santé

Le clofoctol est-il la molécule « miracle » de l'Institut Pasteur pour un traitement efficace anti-Covid ?

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L'Institut Pasteur de Lille, qui annonce depuis plusieurs semaines la découverte d'un médicament « très efficace » contre le SARS-CoV-2 et potentiellement disponible immédiatement, refuse d'en donner le nom pour éviter une « hystérie ». Selon l'agence AEF info, il s'agirait du clofoctol, un ancien suppositoire prescrit contre les affections respiratoires bénignes.

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Depuis plusieurs semaines, l'Institut Pasteur entretient le mystère autour d'un médicament particulièrement efficace contre la Covid-19. « Nous avons découvert une molécule très prometteuse, expliquait ainsi en septembre Benoît Déprez, directeur scientifique à l'Institut Pasteur de Lille. Il s'agit d'un médicament déjà existant que l'on pourrait utiliser immédiatement ». L'équipe de chercheurs a passé au crible plus de 2.000 molécules déjà disponibles pour d'autres pathologies pour en identifier une dont les effets pourraient être bénéfiques face au SARS-CoV-2, et a donc mis la main sur cette molécule « aux résultats très encourageants ». Mais l'organisme de recherche refuse pour l'instant de révéler le nom de ce fameux médicament, afin d'éviter une « hystérie » en pharmacie comme on a pu le voir avec l'hydroxychloroquine.

Un suppositoire retiré du marché en 2005

L'agence d'information AEF info croit pourtant connaître le nom de ce fameux médicament : il s'agirait du clofoctol, un antibiotique utilisé en France de 1978 à 2005 pour traiter les infections respiratoires bénignes sous la forme du suppositoire Octofene. Interrogé par AEF, l'Institut Pasteur n'a pas souhaité « ni confirmer ni infirmer » le nom de la molécule, mais confirme son efficacité in vitro. « Cette molécule a une action sur les deux portes d'entrée du virus dans les cellules humaines, contrairement à l’hydroxychloroquine. De plus, il n'est pas nécessaire d'augmenter sa concentration pour qu'elle soit efficace, contrairement au Remdesivir », détaille Benoît Déprez à AEF info. Il s'agirait, si ses effets sont avérés par les tests cliniques, d'un traitement précoce contre le coronavirus. La molécule pourrait être administrée au patient en ambulatoire dès la révélation d'un test PCR positif, « afin d'abaisser la charge virale, de réduire la contagiosité et d'éviter que le malade ne développe une forme grave de la maladie ».

Le clofoctol est un antibiotique contre les infections respiratoires bénignes commercialisé autrefois en France sous la forme du suppositoire Octofene. © adragan, Adobe Stock

La crainte d’un marché parallèle

L'Octofene, retiré du marché en 2005 par le laboratoire Fournier « en raison des recommandations sur le bon usage des antibiotiques » (en clair, pour ne pas encourager l’antibiorésistance), présente l'avantage d'être vendu à un coût modique (1,81 euro la boîte de huit suppositoires à l'époque). Mais pourquoi entretenir un tel secret autour du nom de cette substance, alors que le médicament n'est plus commercialisé ? La molécule reste disponible dans d'autres pays européens pour différents usages, et l'Institut Pasteur craint donc la naissance d'un véritable marché parallèle. « Une pénurie du produit pourrait nous empêcher de faire un essai en bonne et due forme », redoute Benoît Déprez.

Un tapage médiatique efficace

Le laboratoire a cependant fait le choix ambigu de communiquer massivement dans les médias sa découverte, dans le but d'obtenir des financements pour son essai clinique. Pari réussi puisque le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a réagi le 1er octobre sur Twitter en promettant un soutien financier qui devrait avoisiner les 800.000 euros. Mais l'apport principal vient du privé : le groupe de luxe LVMH a annoncé vendredi 9 octobre le versement d'un don de cinq millions d'euros à la fondation, après que son P.-D.G. Bernard Arnault a entendu Benoît Déprez dans les médias. La somme rassemblée servira à mener les études sur l'animal et chez l'Homme en double aveugle. Bien que le clofoctol bénéficie déjà d'un recul sur son utilisation et ses effets secondaires, l'Institut Pasteur préfère prendre toutes les précautions. « Le but est de produire un résultat scientifiquement irréprochable, pas d'embrayer vers un objet commercial », insiste Benoît Déprez. Si elle se confirme, cette découverte serait cependant la bienvenue pour un Institut qui perd chaque année entre trois et quatre millions d'euros selon AEF info.

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