L'immunité collective est-elle toujours l'objectif ? © Photocreo Bednarek, Adobe Stock
Santé

90 % de vaccinés et toujours pas d’immunité collective ?

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[EN VIDÉO] L'immunité collective est-elle la solution contre la Covid ?  Un groupe de scientifiques publie une tribune dans The Lancet, soulignant la dangerosité de la stratégie d’immunité collective, qui consiste à laisser s’infecter naturellement une part de la population moins vulnérable. 

L'immunité collective semblait être l'objectif à atteindre il y a encore quelques mois. Aujourd'hui, 90 % de la population adulte est double vaccinée... Et la fin de l'épidémie semble bien loin. Que s'est-il passé ?

Au début de la pandémie, on entendait beaucoup parler d'immunité collective. Une fois qu'une grande partie de la population serait vaccinée ou infectée, nous serions débarrassés du virus. Selon une publication datant de septembre 2020 de l’institut Pasteur, une référence en infectiologie, il aurait suffi que 67 % de la population française soit vaccinée pour que le virus cesse de circuler. Aujourd'hui, 90 % de la population adulte est vaccinée en France et... le gouvernement envisage d'instaurer un couvre-feu le soir de la Saint-Sylvestre pour empêcher les clusters. Explications.

Le concept de l’immunité collective

Selon l'institut Pasteur, un agent infectieux cesse de circuler lorsque « la fraction immunisée contre cet agent est supérieure ou égale à : 1-1/R0 ». Le R0 correspond au nombre de reproduction, c'est-à-dire le nombre de personnes non immunisées qu'une personne contaminée peut infecter, en l'absence de gestes barrières. Juste avant le premier confinement en février 2020, le R0 du virus originel était de 3. Voilà comment l'institut Pasteur avait calculé ce taux enthousiasmant de 67 % de personnes immunisées pour stopper le virus.

Entre-temps, sont apparus différents variants aux R0 toujours plus élevés. Le variant Alpha découvert en Grande Bretagne a un R0 de 4,5 ; le variant Delta découvert en Inde a un R0 compris entre 6 et 7 selon les sources. Avec le variant Delta, il était déjà nécessaire que 85 % de la population soit immunisée pour que le virus cesse de circuler.

Le R0 du variant Omicron n'a pas encore été défini mais il se pourrait bien qu'il soit au-dessus de 10, selon une publication du 17 décembre 2021 parue dans le prestigieux The Lancet. Cela signifie donc qu'il faut que 90 % de la population soit immunisée contre le virus pour commencer à espérer un retour à la normale.

Même imparfaite, la vaccination demeure nécessaire dans la lutte contre le virus. © New Africa, Shutterstock

90 % de la population immunisée… contre le variant en circulation !

90 % de la population immunisée ? Ça tombe bien, c'est quasiment le cas en France ! Malheureusement, les choses sont plus complexes. L'immunité collective fonctionnerait si 90 % de la population était immunisée... contre le variant Omicron. Les dernières données montrent que l'efficacité des vaccins est nulle après deux doses d'AstraZeneca, de seulement 35 % après deux doses de Pfizer-BioNTech, et de 70 % après 3 doses de Pfizer-BioNTech.

De plus, les personnes ayant déjà contracté la Covid-19 avec un autre variant pourraient être infectées une deuxième fois par le variant Omicron. Seules les personnes ayant reçu leur dose de rappel bénéficient d'une protection relative, soit 34,4 % des adultes au 21 décembre 2021. Nous sommes donc bien loin des 90 %.

Il n'en demeure pas moins que la vaccination reste un outil indispensable dans la lutte contre la pandémie. Même imparfaitement protégées, les personnes vaccinées transmettent moins le virus et font moins de formes graves. En outre, limiter la circulation du virus permet de retarder l'émergence de nouveaux variants, forcément plus contagieux et potentiellement plus virulents.

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