Bronzer sur la plage en été n'est pas anodin, les UV du soleil peuvent provoquer des cancers. Des médecins anglais ont quantifié l'incidence des mélanomes cutanés depuis 40 ans et les nouvelles ne sont pas bonnes.

Dans les sociétés occidentales, un corps bronzé est synonyme de bonne santé et est considéré plus désirable. Pourtant, une exposition prolongée au soleilsoleil n'est pas sans risque pour la santé. Les UVUV (UVA et UVB) émis par notre étoileétoile traversent notre épidermeépiderme et stimulent les mélanocytesmélanocytes, qui produisent alors de la mélaninemélanine, un pigment qui protège la peau des rayonnements et donne à la peau son aspect bronzé. Les UV, notamment les UVB dont la longueur d'ondelongueur d'onde est comprise entre 315 et 280 nanomètresnanomètres, sont aussi des agents mutagènesmutagènes qui altèrent la nature des liaisons chimiquesliaisons chimiques entre les bases de l'ADNADN. Le phénomène le plus connu est l'apparition de doubles liaisons carbone-carbone entre deux thyminesthymines consécutives sur le même brin d'ADN. Cet appariement anormal conduit à la transformation d'une cellule normale en une cellule cancéreuse lorsqu'il n'est pas réparé. C'est par l'action des UV que 86 % des mélanomesmélanomes cutanés malins apparaissent, un type de cancer de la peau qui affecte les mélanocytes.

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Des médecins affiliésaffiliés à l'Université de médecine de Brighton dans le Sussex se sont intéressés à l'incidenceincidence du mélanome dans leur pays. Leur analyse épidémiologique repose sur l'étude de 265.302 cas de mélanomes cutanéscutanés diagnostiqués entre 1980 et 2018 sur des peaux claires. Et la conclusion est inquiétante : en quarante ans, leur taux d'incidence a augmenté de 700 % chez les hommes et de 332 % chez les femmes. Leur publication est parue dans The Lancet Regional Health.

Un mélanome cutané. © Institut national du cancer, DP
Un mélanome cutané. © Institut national du cancer, DP

Les cancers de la peau en forte augmentation chez les personnes âgées

Si l'incidence des mélanomes cutanés a drastiquement augmenté depuis 1980, la tendance n'est pas la même selon les tranches d'âge. Les médecins anglais ont découpé leur effectif en trois tranches d'âge : les 0-34 ans, les 34-64 ans et les 65 ans et plus. Chez les 0-34 ans, l'incidence des mélanomes cutanés a progressé jusqu'en 2005 avant de se stabiliser autour des 1.300 cas annuels pour 100.000 habitants. Elle a même légèrement reculé entre 2016 et 2018. Cette tendance est comparable entre les hommes et les femmes, bien que ces dernières soient plus concernées par la maladie.

En revanche, chez les plus de 65 ans, les mélanomes cutanés ont progressé de façon inquiétante. Entre 1980 et 2018, leur incidence a augmenté de 842 % chez les hommes et de 383 % chez les femmes et elle continue de croître alors qu'elle connaît un ralentissement pour les autres tranches d'âge. 

Le pourcentage d'augmentation de l'incidence annuel des mélanomes cutanés en fonction de l'âge, du sexe et des parties du corps entre 1980 et 2018. © Anjun Memon et <em>al. The Lancet Regional Health</em>
Le pourcentage d'augmentation de l'incidence annuel des mélanomes cutanés en fonction de l'âge, du sexe et des parties du corps entre 1980 et 2018. © Anjun Memon et al. The Lancet Regional Health

Le torse et les jambes particulièrement touchés

Les médecins ont aussi suivi l'incidence de l'apparition des mélanomes cutanés sur les différentes parties du corps. Sans surprise, celles exposées le plus souvent au soleil sont les plus touchées. Chez les hommes, le torse est la partie du corps la plus touchée, puis ce sont les membres inférieurs, suivis des membres supérieurs et enfin la tête et le cou. Chez les femmes, la tendance est un peu différente. Les membres inférieurs sont les plus exposés mais, à partir de 1996, le nombre de cancer malin sur le torse a connu une brusque augmentation.

Heureusement, la mortalité associée aux mélanomes n'a pas augmenté dans les mêmes proportions. Ces quarante dernières années, le taux de mortalité pour 100.000 personnes a augmenté de 117 % chez les hommes et de 32 % chez les femmes.

Les mélanomes cutanés sont évitables, grâce à des réflexes simples pour limiter l'exposition aux UV. Les auteurs soulignent dans leur étude que les campagnes de préventionprévention contre les méfaits du soleil sont utiles car, pour la première fois, l'incidence des mélanomes cutanés se stabilise chez les moins de 34 ans. En France, l'Institut national du cancer a fait le même constat que les médecins anglais. Les mélanomes sont l'un des cancerscancers dont l'incidence a le plus augmenté entre 1980 et 2012 dans notre pays, ils représentent 4 % de tous les cancers et 1,2 % des décès.