Pourquoi trouve-t-on des molécules suspectes dans les cosmétiques ? Parce que leurs effets ne sont pas immédiatement visibles, parce qu'elles sont très faibles par rapport aux doses d'utilisation et parce que les allergies ne concernent pas tout le monde. C'est le principe de précaution qui fait douter de certains produits, mais d'autres présentent des risques avérés.
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L'enquête de l'UFC-Que choisir, publiée lundi, donne une liste de 185 produits cosmétiques, pour femmes, pour enfants et pour bébés qui, pour 62 d'entre eux, contiennent une molécule considérée comme allergène et, pour 101 d'entre eux, un perturbateur endocrinienperturbateur endocrinien. Cette affaire n'est pas la première du genre. Pourtant, les industriels, quand ils proposent de nouveaux produits, doivent en garantir l'innocuité.

C'est ce que dit la législation européenne (voir ce lien vers un communiqué de la CE) : « Les produits cosmétiques sont régis au niveau européen par le règlement (CE) nº 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques, dont l'objectif est de garantir la sécurité des consommateurs et l'intégritéintégrité du marché intérieur. Quels que soient leurs processus de fabrication ou leurs canaux de distribution, les produits cosmétiques mis sur le marché de l'Union ne doivent présenter aucun risque pour la santé. C'est au fabricant qu'il incombe de garantir l'innocuité des produits et de veiller à ce qu'ils fassent l'objet, à cet effet, d'une évaluation scientifique par des experts avant d'être mis sur le marché ».

Hormis les fraudes caractérisées, les produits vendus sur le marché ne sont donc pas toxiques. La réalité est moins nette. Des effets peuvent se manifester à long terme, sur la santé ou sur l'environnement, et chez certaines personnes sensibles. La réglementation évolue donc. Ce fut le cas, par exemple, avec le bisphénol A, une matière plastiqueplastique qui a fini par être bannie des biberons à cause de ses effets supposés sur le système endocriniensystème endocrinien (les hormoneshormones) et les parabènesparabènes à longues chaînes.

Les cosmétiques se distinguent aussi par leur utilisation : il y a une différence entre ceux que l’on rince immédiatement et ceux qui restent sur la peau toute la journée. © Africa Studio, Shutterstock

Les cosmétiques se distinguent aussi par leur utilisation : il y a une différence entre ceux que l’on rince immédiatement et ceux qui restent sur la peau toute la journée. © Africa Studio, Shutterstock

Pourquoi tous ces produits ?

À part les produits actifs, les cosmétiques ont besoin d'agents de texturetexture, de conservateurs ou de filtres UVUV. La plupart des produits mis en cause par l'étude d'UFC-Que choisir sont des conservateurs. Ils empêchent le développement des micro-organismesmicro-organismes (bactériesbactéries et champignonschampignons) qui pulluleraient. Sans ces conservateurs, il faudrait installer un réfrigérateurréfrigérateur dans la salle de bains pour garder ces produits au frais.

Quels effets ?

  • Les allergènes et les irritants : ils provoquent chez certaines personnes des réactions. Leur nom doit donc figurer sur l'étiquette. Encore faut-il que ces allergiesallergies soient connues.
  • Les perturbateurs endocriniens : ces moléculesmolécules ont des effets biologiques qui ressemblent à ceux des hormones. Curieusement, la plupart miment celles d'hormones sexuelles femelles, les œstrogènesœstrogènes. Les perturbateurs endocriniens peuvent donc modifier l'équilibre hormonal. En fait, les doses nécessaires pour obtenir un effet biologique sont énormes. Un perturbateur endocrinien « potentiel » ne l'est donc pas forcément dans la réalité. C'est le cas de certains parabènes, par exemple, qui sont autorisés jusqu'à un certain dosagedosage. En revanche, une accumulation dans les eaux de ruissellement et, partant, les rivières, ont un effet féminisant sur la faunefaune aquatique. Cet effet est effectivement observé mais d'autres perturbateurs endocriniens y participent, comme des pesticidespesticides.

Quels produits ?

  • Parabènes : conservateurs présents dans de nombreux cosmétiques mais aussi dans certains médicaments ou aliments. Proches des œstrogènes, ils sont accusés de favoriser le développement du cancer du seincancer du sein ou encore de limiter la fertilité masculine.
  • Alkylphénols : utilisés comme surfactantssurfactants, émulsifiants, dispersants ou agents mouillants dans l'industrie, ils ont eux aussi une ressemblance avec les œstrogènes. Ils seraient toxiques pour le milieu naturel et biopersistants dans l'environnement.
  • Méthylisothiazolinone (MIT) et méthylchloroisothiazolinone (MCI) : substituts du parabène, utilisés comme conservateur et autorisés avec une concentration de 0,01 %. Ces molécules sont accusées de provoquer des allergies et des eczémaseczémas chez certaines personnes. Pourtant, « [une mesure de la Commission] prévoit l'interdiction du mélange de méthylchloroisothiazolinone (et) méthylisothiazolinone (MCI/MI) dans les produits sans rinçage comme les crèmes pour le corps. Cette mesure vise à réduire le risque de développement d'allergies cutanées et l'incidenceincidence de ces allergies. L'agent conservateur en question peut continuer à être utilisé dans les produits à rincer comme les shampoings et les gelsgels douche, à une concentration maximale de 0,0015 % d'un mélange dans un rapport 3:1 de MCI/MI. La mesure s'appliquera aux produits mis sur le marché après le 16 juillet 2015 ».