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Claude Lorius, l'homme des glaces

VidéoClassé sous :climatologie , glaciologie , neige

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Claude Lorius, glaciologue, spécialiste des milieux polaires, l'Antarctique en particulier, explique comment les glaces autour du pôle Sud ont enregistré les traces des climats passés. Pionnier de ce domaine, il a montré dès les années 1960 qu'il est possible de connaître la température qui régnait quand la neige est tombée. Plus tard, avec d'autres, il a travaillé sur l'analyse des gaz emprisonnés dans la glace. Ecoutez ce grand scientifique raconter cette fantastique histoire.

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Comment peut-on affirmer connaître la température de l'air il y a 10.000 ans ou 100.000 ans ? Des archives existent et cette discipline s'appelle la paléoclimatologie. Les botanistes ont leur mot à dire, qui savent reconnaître les graines fossilisées. Les glaciologues aussi, notamment grâce à Claude Lorius.

Ce grand connaisseur du milieu polaire a participé à 22 campagnes. Au total, il aura passé six années sur le continent antarctique... Son aventure commence en 1955 quand, étudiant, il répond à une proposition d'expédition, inédite : s'installer en Terre Adélie durant un an, avec deux autres personnes sur la base Charcot, en isolement presque total à plusieurs centaines de kilomètres de la côte, tout près du pôle sud magnétique, à 2.400 mètres d'altitude.

L'équipe réalise des forages et analyse la glace, de plus en plus vieille de la surface au fond. De précieuses informations sont conservées là. Claude Lorius travaillera sur la question de la température et montrera, pour sa thèse de docteur-ès-science en 1963, comment elle affecte la proportion d'isotopes de l'oxygène et de l'hydrogène. Il suffit donc de les mesurer dans la carotte. Aujourd'hui encore, on procède de la sorte.

« La planète devrait sensiblement se réchauffer au cours du 21e siècle »

Plus tard, chercheur au LGGE (Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement, devenu IGE), dont il deviendra directeur, il s'intéresse aux bulles d'air emprisonnées dans la glace. Ces sortes de capsules temporelles ont conservé un peu de l'atmosphère de l'époque où la neige, tassée, s'est transformée en glace. Pour la première fois, il devenait possible de comparer l'évolution de la composition de l'atmosphère à celle du climat. C'est ainsi que les scientifiques ont observé que le taux de gaz carbonique (CO2) avait brusquement augmenté à partir du 19è siècle en même temps que le climat se réchauffait.

« La planète devrait sensiblement se réchauffer au cours du 21e siècle, au risque d'affecter les ressources en eau, l'agriculture, la santé, la biodiversité et, d'une façon générale, les conditions de vie des humains... » écrivait-il en 1987, dans la revue Nature.

© IRD, Éditions Paulsen