Les noms des plantes et des animaux sont en latin. Mais pourquoi ? Parce que le latin, c’est une langue sérieuse, comme les scientifiques ? C’est surtout une convention qui évite les incompréhensions qui pourraient résulter de traductions hasardeuses.


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    Canis lupusCanis lupus familiaris, c'est ainsi que les scientifiques appellent la sous-espèce domestique de Canis lupus. En d'autres mots, notre fidèle chien domestique. Quant au chat qui ronronne sous l'effet de nos caresses, il est connu dans le monde des experts comme Felis silvestris catus.

    Les cerises que nous dégustons au printemps sont généralement cueillies sur des Prunus aviumPrunus avium -- pour les cerises les plus douces --, des Prunus cerasusPrunus cerasus -- pour les cerises les plus acidesacides -- ou éventuellement des Prunus xgondouinii -- pour les cerises hybrides. Et les marguerites qui poussent dans nos prairies portent l'étrange nom de Leucanthemum vulgare.

    Et si plantes et animaux portent ainsi des noms latins, c'est qu'autrefois, le latin était la langue parlée par toutes les personnes cultivées, dont les scientifiques, quel que soit leur pays d'origine. Ces noms latins correspondent donc à des noms scientifiques. Ils ne permettent pas seulement d'identifier la plante ou l'animal avec certitude, mais aussi de le situer sur l'arbre du vivant.

    Le nom scientifique reflète la position de la plante ou de l’animal dans le règne vivant, il peut changer au fil des découvertes et de la compréhension que les chercheurs ont des relations de parenté entre plantes et animaux. Ainsi, la dénomination de <em>Meconopsis cambrica, </em>fleur<em> </em>connue aussi sous le nom de pavot jaune, reste discutée. © Wikisebtris~commonswiki, Wikipedia, Domaine public
    Le nom scientifique reflète la position de la plante ou de l’animal dans le règne vivant, il peut changer au fil des découvertes et de la compréhension que les chercheurs ont des relations de parenté entre plantes et animaux. Ainsi, la dénomination de Meconopsis cambrica, fleur connue aussi sous le nom de pavot jaune, reste discutée. © Wikisebtris~commonswiki, Wikipedia, Domaine public

    Des noms à consonance latine

    Ainsi, comme l'avait souhaité le naturaliste suédois Carl von Linné dès le XVIIIe siècle, le nom scientifique d'une plante, par exemple, est aujourd'hui encore souvent composé de deux mots. On parle de nom binominal. Le premier mot désigne le genre auquel appartient cette plante. Il porteporte une majuscule. C'est un peu comme un nom de famille. Et le second, en minuscule, se rapporte à son espèce. C'est l'équivalent d'un prénom. Le bouton-d'or des prairies, par exemple, se nomme donc Ranunculus acris. Un troisième mot peut toutefois apparaître à la suite. Il désigne alors la variété. Le tout s'écrit en italique.

    C'est le scientifique qui est le premier à décrire une espèce qui a le droit de la baptiser. Et il est, pour cela, relativement libre. C'est ainsi qu'une espèce d'araignée découverte en décembre 2016 et présentant la forme du « choixpeau magique » de la saga Harry Potter s'appelle désormais Eriovixia gryffindori. Un coléoptèrecoléoptère dont les pattes semblaient particulièrement musclées se nomme, quant à lui, Agra schwarzeneggeri. L'occasion de constater que l'important est que le nom attribué « sonne latin » plutôt qu'il soit réellement latin.

    Notez aussi que la plupart du temps, plantes et animaux portent également, bien sûr, un nom plus commun dit nom vulgaire ou nom vernaculaire. L'ennui est que ce nom-là prête parfois à confusion. Ainsi, le nom commun du Pelargonium est géraniumgéranium. Mais pour les scientifiques, le genre Geranium existe aussi. Et il ne correspond pas à la même plante.