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El Nariz del Diablo, sensations fortes garanties

Diaporama - Les trains mythiques du monde : le voyage est dans le voyage
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El Nariz del Diablo, sensations fortes garanties
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Pour relier la capitale de l'Équateur, Quito, située à 2.800 mètres d'altitude, à Guayaquil, ville portuaire équatorienne, sur de la côte ouest de l'océan Pacifique, il fallait autrefois compter cinq jours à dos de mulet. Avec la compagnie Tren Ecuador, le périple dans la cordillère des Andes, jusqu'à Quito, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, se fait toujours en quatre jours, mais dans de luxueuses conditions, avec le Crucero dont les quatre wagons ont été restaurés dans un style baroque espagnol, emmené par une authentique locomotive à vapeur. Dans sa première partie, le circuit découvre des paysages contrastés de plaines fertiles où poussent fruits exotiques jusqu'aux plantations de café enveloppées de nuages, le train s'approche des colossales montagnes andines, en passant par l'avenue des volcans équatoriens qui font partie de la ceinture de feu du Pacifique. Ce circuit comprend l'excursion jusqu'au redoutable col El Nariz del Diablo, qui ne peut s'effectuer que d'Alausí à Riombamba.

C'est un tortillard qui s'affranchit du redoutable passage : plus de 100 mètres de dénivelé en une dizaine de kilomètres. C'est l'un des parcours réputés des plus difficiles, construit en 1899 pour rallier la capitale et désenclaver des régions inaccessibles. En se heurtant à l'infranchissable et vertical rocher El Nariz del Diablo, les ingénieurs de l'époque ont réalisé une prouesse technique, au prix de nombreux sacrifices de vies humaines. À force d'acharnement, ce fameux tronçon a été réalisé grâce à un astucieux système de changement d'aiguillage effectué de marche avant en marche arrière, faisant ainsi monter le train d'impasse en cul-de-sac, puis repartant à chaque changement d'aiguillage sur une autre voie. Le train monte donc en zigzag.

Étant donné la vétusté du circuit, et les dégâts causés par l'ouragan El Niño, l'État a engagé d'importants travaux de réhabilitation, achevés en 2013. L'ascension mène aussi aux ruines d'Ingapirca, un complexe archéologique avec son temple du soleil, témoignage et terre sacrée des Incas. S'il n'est guère plus possible de faire le trajet sur le toit du train, la balade touristique offre, outre les sueurs froides, des paysages à couper le souffle, passe sur d'impressionnants ponts en bois et sillonne entre gorges vertigineuses et étroites de la rivière Chanchán. Le périple permet de faire une randonnée dans le parc national, à la lagune Limpiopungo, au pied du volcan Cotopaxi culminant à 5897 mètres. Sa dernière éruption remonte à 2015. On dit que l'on peut y voir planer le beau et majestueux condor.

© Roy & Danielle CC by-sa 2.0