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Lombriculture : les recherches de l'Inra sur les vers de terre

Dossier - Le ver de terre, allié du jardin
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Les vers de terre provoquent du dégoût chez un bon nombre de personnes, mais absolument pas chez les jardiniers ! Ces lombrics jouent en effet un rôle fondamental dans les espaces cultivés, grâce à leur compost naturel (le lombricompost).

  
DossiersLe ver de terre, allié du jardin
 

Face aux bénéfices apportés par la présence de vers de terre dans un jardin, on étend aujourd'hui la lombriculture pour développer le lombricompostage.

© Donald Hobern, Wikimedia commons, CC by 2.0
Cocons de vers de terre (Lumbricus terrestris). Les lombrics serviront ensuite au lombricompostage, la production de compost à base de nourriture digérée par les vers de terre. © Clive A. Edwards, The Ohio State University, Columbus - Domaine public

C'est le Dr Georges Sheffield Oliver, originaire du Texas et inventeur de la charrue en acier, qui commença, au siècle dernier, à élever des vers de terre dans sa ferme et à les mettre dans son jardin.

Peu de temps après, il put constater que ses cultures avaient une meilleure vitalité, que ses fleurs devenaient plus belles et plus parfumées et que ses fruits et légumes gagnaient en goût. Hugh Carter, un cousin de Jimmy Carter, l'ancien président des États-Unis, devait aussi s'intéresser à un tel élevage qu'il pratiqua, paraît-il, dans des cercueils !

Le compostage des lombrics : des vers de terre à l'Inra !

Actuellement, les chercheurs de l'Inra (Institut national de recherche agronomique) se passionnent aussi pour cette pratique de la lombriculture. Ils élèvent des lombrics sur un support organique arrosé par un liquide chargé de matières organiques (eaux usées, lisier ou fumier de bâtiments d'élevage, effluents de laiteries, etc.). Cela leur permet de traiter avec succès du lisier et du fumier porcins dans un système associant à une porcherie un lombrifiltre, avec la présence d'une série de lagunes alternant plantes flottantes et enracinées.

Le procédé qu'ils ont mis au point est actuellement développé avec la Chambre d'agriculture du Finistère, le CNRS et d'autres partenaires (Universités de Rennes, de Montpellier, de Brest, etc.). Ce lombricompostage permet de produire des engrais organiques exportables et de réduire l'émission d'ammoniac, de méthane et d'odeurs d'un élevage sur un lisier conventionnel.

Les chercheurs de l'Inra pratiquent la lombriculture dans le but de produire du compost. © Cergyrama