au sommaire


    Des risques en augmentation

    Des risques en augmentation

    <br />Explosion du guagua Pichicha. Quito, Equateur. <br />&copy; IRD/Pascal Podwojewski

    Explosion du guagua Pichicha. Quito, Equateur.
    © IRD/Pascal Podwojewski

    Dans beaucoup de pays, notamment ceux en voie de développement, la croissance anarchique d'agglomérations à proximité de volcansvolcans actifs augmente considérablement les risques. La question de savoir ce que l'on peut faire face aux menaces volcaniques est donc posée. À titre d'exemples, le Popocatépetl, proche de la ville de Puebla au Mexique

    <br />Efflorescences de carbonates (Ca et Mg) dans un lac de cratère près de Perote, Etat de Puebla, Mexique. <br />&copy; IRD/Claude Dejoux

    Efflorescences de carbonates (Ca et Mg) dans un lac de cratère près de Perote, Etat de Puebla, Mexique.
    © IRD/Claude Dejoux

    - A : Le Misti au Pérou , qui domine Arequipa (800 000 habitants),

    <br />Vue de la ville d'Arequipa au Pérou, ancienne ville coloniale marquée par l'architecture espagnole (d'où son surnom de "ville blanche"). En arrière-plan, le volcan Misti (5821 m). <br />&copy; IRD/Sonia Arfaoui

    Vue de la ville d'Arequipa au Pérou, ancienne ville coloniale marquée par l'architecture espagnole (d'où son surnom de "ville blanche"). En arrière-plan, le volcan Misti (5821 m).
    © IRD/Sonia Arfaoui

    - B : Le Mérapi sur l'île de Java,

    <br />Volcan Cotopaxi vu de Quito en Equateur (environ 6000 m). Ce volcan est actuellement au repos mais a eu de nombreuses éruptions rendues fort dangereuses par la fusion partielle de la calotte glacière sommitale et les coulées boueuses qui en découlent. <br />&copy; IRD/Michel Monzier

    Volcan Cotopaxi vu de Quito en Equateur (environ 6000 m). Ce volcan est actuellement au repos mais a eu de nombreuses éruptions rendues fort dangereuses par la fusion partielle de la calotte glacière sommitale et les coulées boueuses qui en découlent.
    © IRD/Michel Monzier

    - C : Le Cotopaxi en Équateur , le Vésuve, qui menace plus de 700 000 personnes,

    <br />Tufs volcaniques du flanc sud de l'île d'Izu Oshima, volcan Mihara, Japon. <br />&copy; IRD/Jean-Philippe Eissen

    Tufs volcaniques du flanc sud de l'île d'Izu Oshima, volcan Mihara, Japon.
    © IRD/Jean-Philippe Eissen

    - D : Le Sakurajima et divers autres volcans au Japon sont particulièrement dangereux.

    • Les sept risques majeurs

    En termes de risques, une classification simplifiée des volcans comprend d'une part, les volcans effusifs, peu dangereux et essentiellement situés sur des points chaudspoints chauds et, d'autre part, les volcans explosifs, ou andésitiquesandésitiques dans lesquels les produits différenciés, à forte teneur en gaz sont responsables de dynamismes violents. Sept types de manifestations, liées aux éruptions volcaniqueséruptions volcaniques, sont recensés.

    <br />Dômes de lave sommitaux englacés du volcan actif Cayambe (5790 m), en Equateur. La présence de cette calotte glaciaire entraîne, par fusion partielle, la formation de coulées boueuses extrêmement dangereuses lors de chaque reprise d'activité. <br />&copy; IRD/Michel Monzier

    Dômes de lave sommitaux englacés du volcan actif Cayambe (5790 m), en Equateur. La présence de cette calotte glaciaire entraîne, par fusion partielle, la formation de coulées boueuses extrêmement dangereuses lors de chaque reprise d'activité.
    © IRD/Michel Monzier

    1 - Les retombées de cendres et de blocs :

    <br />Coulée de cendres volcaniques indurées et érodées. La Paz, Bolivie. <br />&copy; IRD/Michel Fromaget

    Coulée de cendres volcaniques indurées et érodées. La Paz, Bolivie.
    © IRD/Michel Fromaget

    concernent plusieurs types de dynamismes éruptifs : le dynamisme strombolienstrombolien se caractérise par des expulsions de fragments de lavelave limitées au cratère et à ses environs immédiats), le dynamisme vulcanienvulcanien (fortes explosions projetant des bombes à quelques kilomètres de distance), le dynamisme phréatomagmatique (explosions dont l'intensité est augmentée par l'apport d'eau), et le dynamisme plinienplinien : ce dernier comprend des éruptions soutenues de plusieurs heures à quelques jours capables d'émettre des km3 de cendres et blocs de ponceponce en produisant des panaches de plusieurs dizaines de km de hauteur.

    <br />Route entre Quinistaquillas et la Quebrada Agua Blanca (vallée de l'eau blanche), au Pérou. Dépôts riches en ponces de la retombée plinienne (pluie de cendres) liée à l'éruption ancienne (9700 BP) du volcan Huaynaputina observée par Jean-Claude Thouret, volcanologue de l'IRD. <br />&copy; IRD/Jean-Philippe Eissen

    Route entre Quinistaquillas et la Quebrada Agua Blanca (vallée de l'eau blanche), au Pérou. Dépôts riches en ponces de la retombée plinienne (pluie de cendres) liée à l'éruption ancienne (9700 BP) du volcan Huaynaputina observée par Jean-Claude Thouret, volcanologue de l'IRD.
    © IRD/Jean-Philippe Eissen

    2 - Les coulées de lave :

    Elles ne constituent pas de réel danger pour l'homme, mais détruisent tout sur leur passage. Les coulées de lave fluide sont caractéristiques du dynamisme hawaiien.

    3 - Les écoulements pyroclastiques ou nuées ardentes :

    <br />Volcan Pululahua, en Equateur. Dépôts de coulées pyroclastiques et de retombées pliniennes affleurant dans une carrière au NE de San Antonio de Pichincha (alt. 2360 m). <br />&copy; IRD/Jean-Philippe Eissen

    Volcan Pululahua, en Equateur. Dépôts de coulées pyroclastiques et de retombées pliniennes affleurant dans une carrière au NE de San Antonio de Pichincha (alt. 2360 m).
    © IRD/Jean-Philippe Eissen

    sont les événements les plus soudains, violents des volcans explosifs. Lorsqu'un dôme de lavedôme de lave visqueuse est déstabilisé, il explose littéralement, engendrant un écoulement dense composé de cendres et blocs (dynamisme péléenpéléen). Dans d'autres cas, les nuées ardentesnuées ardentes sont produites par des explosions verticales ; en retombant, la partie dense de la colonne éruptiveéruptive produit des écoulements chauds qui dévalent les pentes du volcan (dynamisme de type St Vincent).

    4 - Les gaz :

    émis de façon massive, peuvent être très meurtriers(catastrophe de Nyos au Cameroun, en 1986).

    5 - Les coulées boueuses ou lahars :

    <br />Sommet englacé du volcan actif Cayambe (5790 m) et glacier vus depuis le refuge situé à 4600 m d'altitude. La présence de cette calotte glaciaire rend dangereuse toute reprise d'activité (fusion partielle et formation de coulées boueuses). Equateur<br />&copy; IRD/Michel Monzier

    Sommet englacé du volcan actif Cayambe (5790 m) et glacier vus depuis le refuge situé à 4600 m d'altitude. La présence de cette calotte glaciaire rend dangereuse toute reprise d'activité (fusion partielle et formation de coulées boueuses). Equateur
    © IRD/Michel Monzier

    Pendant une éruption, ces écoulements sont formés à partir de dépôts pyroclastiques mélangés aux eaux des rivlères, d'un lac de cratère ou provenant de la fonte d'un glacierglacier. La remobilisation des pyroclastites (cendres, dépôts de nuées ardentes...) par les eaux de pluie est aussi une source fréquente de coulées boueuses. Denses, elles arrachent tout sur leur passage (forêts, habitations...)

    6 - Les glissements de terrain :

    <br />Glissement de terrain. Effondrement en bordure du cratère du lac Voui. Nombreux strates marqueurs d'événements volcaniques. Aoba (lac Voui), Vanuatu. <br />&copy; IRD/Michel Lardy

    Glissement de terrain. Effondrement en bordure du cratère du lac Voui. Nombreux strates marqueurs d'événements volcaniques. Aoba (lac Voui), Vanuatu.
    © IRD/Michel Lardy

    affectant les pentes supérieures des cônescônes donnent lieu à des avalanchesavalanches de débris. L'écroulementécroulement d'un secteur complet du volcan, y compris son sommet, peut se produire, laissant la place à un large amphithéâtre (éruption du Mont Saint Helens en 1980).

    7 - Les raz de marée ou tsunamis :

    <br />Embouchure du creek au sud du village de Pamal (Est Ambrym). Marques du tsunami associé au très fort séisme (Mw 7.5) du 16 novembre 1999. La montée de l'eau lors du tsunami est estimée sur ce site à 7 m (poissons, crustacées et autres ont été ramassés par les villageois le lendemain matin du séisme et tsunami dans les herbes et les arbres bordant le creek). La zone inondée est marquée par les herbes de couleur jaune. Ile d'Ambrym, Vanuatu, Wallis et Futuna. <br />&copy; IRD/Bernard Pelletier.

    Embouchure du creek au sud du village de Pamal (Est Ambrym). Marques du tsunami associé au très fort séisme (Mw 7.5) du 16 novembre 1999. La montée de l'eau lors du tsunami est estimée sur ce site à 7 m (poissons, crustacées et autres ont été ramassés par les villageois le lendemain matin du séisme et tsunami dans les herbes et les arbres bordant le creek). La zone inondée est marquée par les herbes de couleur jaune. Ile d'Ambrym, Vanuatu, Wallis et Futuna.
    © IRD/Bernard Pelletier.

    sont provoqués par l'entrée dans la mer ou dans un lac d'une grande quantité de matériel au cours d'une éruption (une avalanche de débris par exemple).

    • L'ONU se mobilise

    Beaucoup de volcans explosifs des zones tropicales se situent dans les pays en voie de développement ou émergentsémergents ; ils complètent la panoplie des risques majeurs tels que les cyclonescyclones et les tremblements de terretremblements de terre, auxquels ces pays sont déjà très exposés. La vulnérabilité aux risques naturels s'accroît dans un contexte socioéconomique défavorable, qui combine démographie, pauvreté et urbanisation soutenue. La faiblesse d'une réelle politique de préventionprévention, où le fatalisme n'est pas toujours absent, fragilise encore davantage les habitants des régions menacés.

    Décrétée par l'Organisation des Nations unies de 1990 à 2000, la Décennie internationale pour la réduction des catastrophes naturellescatastrophes naturelles a orienté ses objectifs vers la prévention, incitant les gouvernements à préparer des plans d'urgence, à fournir des efforts durables d'organisation et à sensibiliser les populations menacées. Le Secrétaire général concluait, en juillet 1999 : "Les catastrophes dites naturelles ne sont pas si naturelles que cela. Ce qu'il faut faire, nous le savons. Il reste maintenant à mobiliser la volonté politique."

    Les pays riches ont été sollicité pour exporter leur savoir-faire vers les pays du Sud. Sous l'impulsion de l'Association volcanologique internationale (IAVCEI) et de l'Organisation mondiale des observatoires (WOVO), des réunions d'information et la création d'un réseau mobilemobile d'intervention, particulièrement pour les pays en voie de développement, sont en cours.