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Le recul accéléré des glaciers andins

Dossier - Les glaciers tropicaux
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Les glaciers tropicaux, qui couvrent environ 2 800 km2, représentent moins de 5% des glaciers de montagne du monde. La quasi totalité d'entre eux se situe dans les Andes.

  
DossiersLes glaciers tropicaux
 

Les glaciers andins constituent des sites stratégiques pour étudier et comprendre les changements du climat.

Par leur altitude tout d'abord : ils atteignent la moyenne troposphère, rarement accessible à des mesures directes, où s'effectuent d'importants transferts de chaleur et d'humidité. Par leur latitude également : ils sont situés sous les tropiques, région de très fortes interactions entre l'océan et l'atmosphère, qui contrôle une grande partie de la circulation atmosphérique mondiale. Enfin, ces glaciers sont extrêmement sensibles aux variations climatiques. En effet, contrairement à leurs homologues alpins, préservés par un épais manteau de neige, ils sont soumis en permanence à un régime d'ablation et réagissent donc très vite au moindre soubresaut du climat.

Glacier de Chacaltaya (5300 m) en Bolivie : remise en place des balises de bilan. © IRD/Bernard Francou.

Toutes ces raisons ont conduit l'IRD et des instituts de recherche andins à déployer, sur des glaciers en Bolivie, en Equateur et au Pérou, un réseau d'observation unique dans l'hémisphère Sud. Les informations enregistrées par les stations météorologiques permettent de suivre leur évolution.

Station micrométéorologique sur le glacier 15 de l'Antizana (4860 m) pour l'analyse du bilan d'énergie. Equateur. © IRD/Bernard Francou

Ces recherches tentent d'éclairer le fonctionnement futur des bassins versants englacés, dans un contexte de changements climatiques naturels et anthropiques, afin de prévoir l'avenir des ressources en eau qui leur sont liées. Les glaciers des Andes, particulièrement sensibles aux variations climatiques, dont le phénomène El Niño, présentent un recul accéléré depuis le début des années 1980.

Plus à l'aval, les eaux de fonte de ces glaciers sont bien souvent la principale ressource disponible pour l'énergie hydraulique, les eaux urbaines, minières et agricoles.