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Construction de l'aqueduc de Nîmes

Dossier - Petite virée dans le Gard
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Navacelles, Espiguette, Aigoual, des mots du Sud qui donnent envie de faire un tour au Pont du Gard, voir comment les Romains s’y sont pris, en parcourant la garrigue.

  
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L'aqueduc de Nîmes fut construit entre 40 et 60 après J.-C., sous les empires de Claude et de Néron. Cet ouvrage de génie civil consistait à supporter une canalisation d'eau, sur 50 kilomètres, des sources d'Eure au Castellum de Nîmes.

Féerie nocturne au pont du Gard. © Hamon Jp, Wikimedia commons, DP

L'aqueduc de Nîmes a été un monument important de la ville gallo-romaine permettant l'amélioration de la qualité de vie des habitants. Aujourd'hui, il est un élément central, imposant par sa construction, ses ouvrages d'art (pont du Gard) et son étendue (plus d'une cinquantaine de kilomètres). Il ne reste de nos jours, pour certaines parties, que des vestiges, conséquences de pillages mais aussi de l'absence d'entretien.

Instruments de construction

Les contremaîtres, à l'époque romaine, disposaient d'instruments leur permettant de contrôler la construction.

  • La dioptra qui correspondait au goniomètre, c'est l'instrument de topographie pour le levé des plans et les mesures d'angle. On l'employait pour les visées.
Dioptra.
  • La tripaston permettait de déplacer les blocs taillés, une sorte de chèvre munie d'une poulie et d'un treuil.
  • Le tripaston à roue faisait fonctionner une roue, les hommes marchaient à l'intérieur à l'image d'un hamster, cette technique était encore utilisée au Moyen Âge.
  • Le chorobate : un niveau avec fil à plomb.
  • La groma constituée de quatre fils à plomb à angles droits, utilisée pour l'alignement.
Groma.

Les aqueducs construits par les Romains sont nombreux et, pour le sud de la France, on en trouvait : onze à Vienne, quatre à Lyon, cinq à Aix, deux à Arles, et aussi à Avignon, Vaison, Fréjus, Toulouse et Nîmes. À l'étranger : Rome, Carthage, Cherchell, Tarragone, Ségovie, etc.

Le parcours de l'aqueduc de Nîmes.

L'aqueduc de Nîmes est formé d'un radier en béton (les Romains connaissaient le béton !), épais de 40 centimètres et constitué de mortier de chaux et de calcaire pur concassé. Les pieds-droits (ou jambages) étaient maçonnés, l'intérieur était recouvert d'enduit d'étanchéité.

Afin de compléter l'étanchéité, le tout est recouvert d'un enduit rouge : chaux, vin, lait de figue, très élastique, et graisse de porc (Le « Malthe » de Pline l'Ancien). Le canal d'eau proprement dit est recouvert de vousseaux en plein cintre ou d'une dalle. Des regards étaient installés le long du parcours. Les murs de soutènement ne dépassaient pas deux mètres de haut ; s'il fallait compenser davantage on utilisait les arches, moins massives, et si c'est encore trop haut pour une seule arche, on en mettra plusieurs superposées !

Si nécessaire, on ajoutait des contreforts ou des entretoises, ou encore on doublait les murs. Lorsqu'il s'agissait de franchir un obstacle en hauteur, les Romains creusaient ou contournaient l'obstacle. 

Aqueduc, à l'intérieur du pont du Gard. Photo en pose longue (30 s) au grand-angle (28 mm), éclairage bougies. © Édouard Bergé, 2002 Licence de documentation libre GNU, version 1.2

À savoir : dans la construction d'un aqueduc il fallait une pente constante, faible, mais tout au long du parcours pour que l'eau s'écoule. L'eau arrivait dans un réservoir et un réseau de canalisations desservait les usagers.

Le pont du Gard : élément majeur de l’aqueduc de Nîmes

L'aqueduc comporte 15 kilomètres à fleur de terre dont six kilomètres en élévation, 35 kilomètres sont enterrés ou souterrains, dont quatre kilomètres de tunnels. Son fonctionnement dura six siècles environ.

Pont du Gard. © Wolfgang Staudt, Creative Commons Attribution 2.0 Generic

Son débit était de 35.000 m3/jour et sa pente moyenne de 25 cm/km. Mille ouvriers et quelques années de travaux ont permis sa réalisation.

Le matériau proviendrait de carrières de la commune de Vers : calcaire tendre, facile à travailler qui durcit à l'air avec le temps.

Les voussoirs des arches sont « numérotés » de lettres et de chiffres. Les chiffres indiquent la place des pierres dans l'arc et les lettres indiquent l'arc. Cette numérotation permet d'imaginer que le travail se faisait en carrière (limitation du poids à transporter : les Romains n'étaient pas champions dans ce domaine-là) et certains blocs pouvaient atteindre plusieurs tonnes.

Pont du Gard, vue générale du pont-aqueduc. © ChrisO, Licence de documentation libre GNU, version 1.2

La Perrotte et des Cantarelles

On peut examiner deux galeries sur l'aqueduc de Nîmes : la Perrotte et des Cantarelles creusées dans la molasse de part et d'autre du vallon des Escaunes à Sernhac. Longues d'une soixantaine de mètres, elles font deux mètres de large et trois mètres de haut. Des traces d'outils permettent de reconstituer l'opération de creusement. Une première galerie de prospection était ouverte et on ouvrait ensuite la galerie définitive. On a évalué le temps nécessaire à six-huit mois pour ouvrir 400 mètres de tunnel sous la garrigue de Sernhac, avec 14 équipes de deux mineurs et quinze manœuvres.

Quelques problèmes de transport chez les Romains

Le mode de construction des chars et charrettes et le harnachement des chevaux et des bœufs rendaient le transport très peu efficace. Mais la main-d'œuvre d'esclaves bon marché, les réquisitions et les corvées compensaient en partie ce problème, au moins pour les chantiers. L'état excellent des routes servait à l'armée de fantassins, non au commerce terrestre. Le transport terrestre était beaucoup plus coûteux que le transport maritime ou fluvial.

Le harnachement du cheval est un autre problème

La ferrure, la selle, l'étrier ne sont pas connus. Ils montent sur un tapis. Les chars ou les chariots de transport sont reliés au cheval par une lanière passée autour de l'encolure qui étranglait le cheval ; le collier d'épaules ne sera connu qu'au Moyen Âge. La bricole qui prend appui sur le poitrail était aussi inconnue. Ceci explique la faible efficacité des transports terrestres.