Planète

Baleine à bosse

DéfinitionClassé sous :zoologie , baleine , UICN
Baleine à bosse. © GLOBICE Réunion

Baleine à bosse (Borowski 1781) - Megaptera novaeangliae

  • Ordre Cetacea
  • Sous-ordreMysticeti
  • Famille Balaenopteridae
  • Genre Megaptera
  • Taille : 13 à 14 mètres
  • Poids : 20 à 25 tonnes et jusque 40 tonnes
  • Longévité : 40 ans

Statut de conservation UICN : LC préoccupation mineure

Description de la baleine à bosse

La baleine à bosse est également appelée mégaptère, jubarte ou rorqual à bosse. Son corps est massif, noir sur le dessus et blanchâtre sur la partie ventrale. La tête et la mâchoire inférieure sont couvertes de petits follicules pileux. L'aileron dorsal est placé aux deux tiers de la longueur du corps. Les nageoires pectorales sont très longues car elles peuvent atteindre un tiers de la longueur du corps, et la caudale, noire sur le dessus et blanche en dessous, est large et puissante. La jubarte possède de seize à vingt replis ou sillons ventraux permettant une plus grande dilatation de la gueule (un peu à la façon d'un soufflet d'accordéon), et sa bouche est équipée de 270 à 400 fanons disposés de part et d'autre des mâchoires.

Baleines à bosse. © Dr Louis M. Herman, NOAA, domaine public

Habitat de la baleine à bosse

La baleine à bosse fréquente toutes les mers et océans du globe entre le 60e parallèle sud et le 65e parallèle nord. L'espèce est migratrice et parcourt de longues distances à l'exception des populations du golfe Persique qui y séjournent à demeure. Elle n'est pas présente dans la partie orientale de la Méditerranée.

Baleine à bosse. © Fritz Geller Grimm, CCA-SA 2.5 Generic license

Comportement de la baleine à bosse

L'organisation sociale de la baleine à bosse est assez souple. Le plus souvent elle nage seule mais elle peut également rejoindre des groupes qui se forment provisoirement. C'est un cétacé migrateur qui peut parcourir 25.000 km dans l'année. La baleine à bosse fréquente les eaux fraîches où elle trouve aisément de la nourriture en été, et les eaux tropicales ou subtropicales pour la saison de reproduction et la mise bas. Son chant aux sonorités graves qui varie autant d'amplitude que de fréquence, est complexe. Les plongées durent généralement entre 8 et 15 minutes mais elles peuvent rester sous l'eau pendant une trentaine de minutes. Avant de plonger elle fait le « dos rond » (ce qui lui a valu son nom) et dresse sa nageoire caudale hors de l'eau. La baleine à bosse ne craint que l'orque mais elle parvient fréquemment à se sortir de ce mauvais pas. Seuls les jeunes payent un lourd tribut aux attaques.

Baleine à bosse sautant hors de l'eau. © Wanetta Ayers, domaine public

Reproduction de la baleine à bosse

Les parades nuptiales ont lieu l'hiver. Plusieurs mâles se regroupent autour d'une femelle et rivalisent de figures étonnantes pour un animal de cette taille et de ce poids. Les sauts hors de l'eau peuvent atteindre 5 mètres. La gestation dure de onze à douze mois. Lors de la naissance, le jeune baleineau mesure un peu plus de 4 mètres et pèse environ 700 kg. Il tête sa mère pendant six mois et son sevrage est terminé au bout d'un an. Le jeune quitte sa mère l'année suivante lorsque sa taille avoisine les 9 mètres. Mâles et femelles atteignent leur maturité sexuelle vers cinq ans lorsqu'ils ont presque leur taille définitive, soit entre 15 et 17 mètres.

Baleineau au milieu de planches à voiles. © Sarah Wilkin, NOAA, domaine public

Régime alimentaire de la baleine à bosse

La baleine à bosse se nourrit uniquement en été dans les eaux froides. Elle chasse principalement le krill mais également des bancs de petits poissons tels que les harengs ou les capelans. Elle emploie alternativement la méthode de chasse directe en fonçant sur le banc la gueule grande ouverte, ou étourdit ses proies en frappant l'eau avec ses nageoires pectorales. Cette espèce a mis au point une technique de chasse en groupe très particulière : le filet à bulles. Lorsque les cétacés ont repéré un banc de poissons, ils se regroupent et tournent en rond sous les poissons en larguant de l'air par les évents. Les bulles forment une barrière visuelle qui contient le banc de poissons dans un espace de plus en plus restreint. Brusquement, comme en réponse à un signal invisible, les baleines se précipitent vers la surface gueule ouverte, engloutissant de grandes quantités de poissons en une seule fois. C'est probablement l'action de coopération animale la plus spectaculaire.

Pêche au filet à bulles. © Evadb, domaine public

Menaces sur la baleine à bosse

Au cours du XXe siècle, la chasse à la baleine a décimé 90 % des effectifs de baleines à bosse et la Commission baleinière internationale a décidé d'un moratoire en 1966 pour sauver l'espèce. Les populations semblent se reconstituer lentement. On estime qu'il y en a 11.600 dans l'Atlantique Nord, 7.000 dans le Pacifique Nord, et 17.000 dans l'hémisphère sud. L'UICN a décidé de classer la baleine à bosse en « préoccupation mineure », à l'exception de deux sous-espèces : la baleine à bosse d'Océanie et celle du golfe Persique.

Baleine à bosse sautant hors de l'eau. © Cornelia Oedekoven, NOAA, domaine public

Le saviez-vous ?

La curiosité naturelle de la baleine à bosse est un atout pour le tourisme d’observation des baleines (whale watching). En effet, les cétacés s'approchent volontiers des navires en pratiquant leurs exhibitions de sauts hors de l'eau. Les femelles étant très protectrices, elles s'intercalent systématiquement entre leur petit et le navire d'observation. Les pilotes doivent donc être très prudents et pratiquer un code de bonne conduite pour éviter de stresser les mères inutilement. 

Une baleine à bosse albinos qui voyage régulièrement le long de la côte est de l'Australie est devenue célèbre dans ce pays. À cause du grand nombre de navires qui le suivaient journellement, le gouvernement a été contraint d'ordonner une zone d'exclusion de 500 mètres autour de l'animal afin de le protéger.  

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A propos du Comité français de l’UICN

Le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) est le réseau des organismes et des experts de l’UICN en France. Regroupant au sein d’un partenariat original 2 ministères, 8 organismes publics et 36 organisations non-gouvernementales, il joue un rôle de plateforme d’expertise et de concertation pour répondre aux enjeux de la biodiversité. 

 

Site internet : www.uicn.fr