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La disparition des grands prédateurs nuit gravement aux écosystèmes

ActualitéClassé sous :zoologie , développement durable , prédateur

La disparition des super-prédateurs tout autour du monde (loups, guépards, requins...) provoque la multiplication généralisée des prédateurs secondaires, menant à la destruction des écosystèmes et à de graves troubles écologiques comme économiques.

Le guépard Cheetah, un super-prédateur en... Angleterre ! © Law Keven CC by-sa

Cette découverte, parue dans Bioscience le 01/10/09, révèle qu'en Amérique du nord, et partout ailleurs dans le monde, les super-prédateurs sont en déclin depuis 200 ans, tandis que les effectifs des mésoprédateurs (prédateurs secondaires) ont augmenté de 60%. « Ce phénomène est grave, continu et global. Il y a peu de solutions », préviennent les chercheurs.

Pendant longtemps, par crainte des attaques et des dommages sur le bétail, les hommes ont éliminé les grands prédateurs. Puis ce fut pour les manger (requins) ou pour se divertir (lions) qu'ils les ont chassés ou pêchés. Enfin, la destruction de l'environnement a poursuivi le déclin de ces super-prédateurs. Cette raréfaction fut longtemps perçue comme positive pour la sécurité des hommes et du bétail, mais les choses changent. De plus petits prédateurs se sont multipliés et attaquent désormais les cheptels...

Quand le lion n'est pas là, les babouins dansent !

Il n'y a plus de loup, mais il y a foison de coyotes. Là où un léopard tuait, ce sont des centaines de babouins qui attaquent. Que faire ? « Le problème est très complexe et un grand nombre de conséquences sont inconnues » affirme William Ripple, professeur en Ecosystèmes forestier et société à l'Oregon State University. Partout dans le monde, la question se pose. Il est plus difficile et plus coûteux de réguler les mésoprédateurs que les grands prédateurs. Les tentatives de contrôler les coyotes ont ainsi coûté plusieurs centaines de millions de dollars. Ces prédateurs ont en effet des densités beaucoup plus importantes et sont beaucoup plus résilients.

« Vous avez vu un coyote ? Voilà quoi faire ! » © Phillie Casablanca CC by-sa

L'étude révèle aussi que le phénomène est global et évolutif. Sans super-prédateurs pour éliminer les plus petits prédateurs, les effets négatifs se propagent en cascade et affectent toutes sortes de groupes. Cela a été observé pour les populations d'Ongulés, d'Oiseaux, de Reptiles, de Rongeurs, de Marsupiaux, de Poissons et d'Insectes. Idem dans les écosystèmes aquatiques.

Le laisser-faire pourrait coûter cher

Les mésoprédateurs, souvent omnivores, peuvent aussi causer des dommages à la végétation. Le coût de leur régulation peut être très élevé et la réintroduction des grands prédateurs peut être dans certains cas plus efficace économiquement. Mais plus les super-prédateurs déclinent et plus la prévention et l'inversion du phénomène seront difficiles et coûteux. La seule intervention humaine ne peut aisément remplacer le rôle des super-prédateurs, car la peur du prédateur est aussi un facteur important du comportement de ces mésoprédateurs.

Les scientifiques commencent juste à se rendre compte des impacts de la disparition de grands prédateurs à travers le monde et préviennent que cette situation sera dommageable tant pour les écosystèmes que pour l'économie. C'est la fable du lion et du rat mais à l'envers...

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