Planète

En bref : le pesticide Cruiser OSR est désormais interdit en France

ActualitéClassé sous :zoologie , Cruiser OSR , Cruiser

-

Les molécules de la famille des néonicotinoïdes pourraient potentiellement être impliquées dans le déclin des populations d'abeilles. Par mesure de précaution, le ministère de l'Agriculture vient donc d'interdire la commercialisation du Cruiser OSR, un pesticide utilisé sur les semis de colza, à la grande satisfaction des apiculteurs.

Dans une étude présentée dans la revue Science en avril 2012, plus de 600 abeilles ont été exposées volontairement à des doses non létales de thiaméthoxame puis libérées. Environ 30 % d'entre elles n'ont pas pu rejoindre leur ruche d'origine. © Autan, Flickr, CC by-nc-nd 2.0
  • À lire, le dossier sur les abeilles, sentinelles écologiques 

La polémique autour du Cruiser OSR touche peut-être à sa fin. Produit par le groupe suisse Syngenta, ce pesticide, utilisé dans l'enrobage des semis de colza, est régulièrement mis en cause pour expliquer le déclin des populations d'abeilles. Son effet néfaste potentiel a été reconnu par l'Agence sanitaire pour l'alimentation et l'environnement (Anses) dans un rapport publié le 31 mai dernier. En réponse à ce document, le ministère de l'Agriculture a, dès le lendemain, envisagé de suspendre la commercialisation de ce produit sur le territoire national, laissant alors 15 jours à son exploitant pour présenter une argumentation contradictoire.

Dans un communiqué de presse diffusé ce 29 juin 2012, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a fait savoir que « les observations transmises le 15 juin par le détenteur de l'autorisation de mise sur le marché ne sont pas de nature à remettre en cause les éléments ayant conduit à envisager son retrait ». Par conséquent, la vente et l'utilisation du Cruiser OSR sont dorénavant interdites en France. D'autres formes de Cruiser notamment destinées à la culture du maïs restent cependant en vente.

Ce pesticide permet de protéger les plants de colza contre divers champignons et insectes dès leur mise en culture. Cependant, l'une des molécules actives, le thiaméthoxame, appartient à la famille des néonicotinoïdes. Or, selon deux études publiées en avril dernier dans la revue Science, ces composés pourraient non seulement provoquer une désorientation chez les abeilles lors de leur retour à la ruche, mais aussi engendrer une diminution du nombre de reines et de bourdons naissant chaque année. Bien sûr, on sait que ces produits n'expliquent pas à eux seuls la surmortalité des abeilles...

Cela vous intéressera aussi