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En vidéo : l'éruption fissurale du Bardarbunga

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Ce sont des dizaines de millions de mètres cubes de lave qui ont été émis aux abords du volcan islandais Bardarbunga depuis sa reprise d'activité, le dimanche 31 août 2014. On ne sait pas encore si la chambre magmatique alimentant les fissures qui crachent de la lave, dont l'une est longue d'au moins 1.500 mètre, va donner lieu à des éruptions sous le volcan lui-même. Il est toutefois certain que le grand spectacle est à nouveau au rendez-vous avec le volcanisme en Islande, comme le prouvent des vidéos sur YouTube.

Les éruptions fissurales dans le champ de lave bordant le glacier recouvrant le volcan Bardarbunga sont pour le moment effusives. Il n'y a pas d'émission de cendres volcaniques. © Thora Arnadottir, Institute of Earth Sciences

Comme le rappelle Jacques-Marie Bardintzeff dans son blog Volcanmania, il y a un point chaud sous l'Islande. Cela fait de cette île l'un des paradis pour volcanologues de la planète comme aimaient à le dire Maurice et Katia Krafft. On n'a aucune peine à les croire lorsque l'on voit les images de l'éruption fissurale dans le champ de lave de Holuhraun (ce qui se traduit par « désert de lave troué ») en bordure du volcan Bardarbunga. Elle a d'abord duré quelques heures le 29 août 2014 avant de reprendre de plus belle le dimanche 31 août. Deux nouvelles éruptions fissurales ont débuté le vendredi 5 septembre 2014.

Les chercheurs de l’Université de Cambridge étudient l’éruption du Bardarbunga en Islande. L’un d’eux, Rob Green, a filmé l’activité du volcan. Ce sont ses images, montrant l’éruption fissurale ayant débuté le 31 août, que l’on voit dans cette vidéo. © Cambridge University, YouTube

L'activité éruptive se poursuit et selon les volcanologues islandais de l'Institute of Earth Sciences, il est impossible de prédire comment cela va évoluer. Il se pourrait même que le Bardarbunga lui-même fasse éruption, ce qui est un scénario nettement plus alarmant qu'une prolongation pendant des semaines ou des mois des éruptions dans le Holuhraun. Celles-ci ne s'accompagnent pas, en effet, d'émissions de cendres. Il pourrait en être tout autrement avec le Bardarbunga, car on aurait alors une éruption sous-glaciaire. Si elle venait à percer le bouclier de glace qui le recouvre, on pourrait se diriger vers une situation similaire à celles que l'on a connu avec l'Eyjafjöll en 2010.

Du dioxyde de soufre toxique mais pas de cendres

Bien que les produits volcaniques analysés par les chercheurs du Laboratoire magmas et volcans de Clemont-Ferrand indiquent que depuis les 7.000 dernières années, les éruptions du Bardarbunga n'étaient pas explosives, on ne peut écarter l'hypothèse que la chambre magmatique sous le volcan lui-même ne contienne pas du magma plus évolué, c'est à dire plus riche en silice donc plus visqueux. L'activité éruptive passerait alors, peut-être, d'effusive à explosive.

Les coulées de lave émises par l’éruption du volcan sont maintenant longues de plusieurs kilomètres et la fissure d’où elles sont sorties fin août 2014 fait elle-même environ 1.800 mètres de long. Les fontaines de lave qui en jaillissent montent parfois jusqu’à 100 mètres de haut. © euronews, YouTube

Pour le moment, ce ne sont pas moins de 20 à 30 millions de mètres cubes de matière ignée qui ont été émis. Atteignant 1.200 °C au niveau des fontaines de lave, elle se refroidit rapidement en donnant des coulées basaltiques Pahoehoe, typiques des laves islandaises et que l'on retrouve aussi à Hawaï. Il est déconseillé de s'approcher du lieu de l'éruption, car des gaz sulfureux sont aussi libérés. Les mesures indiquent en effet un niveau élevé de dioxyde de soufre ce qui peut être très dangereux. Il est impératif que ceux qui visitent le site soient équipés de capteurs et de masques à gaz.

En voyant les vidéos des éruptions dans le Holuhraun, on ne peut s'empêcher de penser aux éruptions fissurales bien plus spectaculaires qui se sont produites dans la patera Tvashtar, à la surface de Io, et qui furent photographiées par la sonde Galileo en 1999. Peut-être qu'un Haroun Tazieff de la fin du XXIe siècle pourra nous en rapporter des images. En attendant, on ne peut les étudier qu'à partir de la Terre, à l'instar de l'astronome Franck Marchis.

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