Les vagues de chaleur ne se produisent pas que sur la terre : cet été, des hausses de températures ont été notées dans la mer Méditerranée. Jusqu'à 5 °C par rapport à la norme. Les conséquences pourraient être désastreuses pour la flore et la faune marines.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] La Méditerranée va subir de plein fouet le réchauffement climatique Une nouvelle étude se penche sur les mécanismes sous-tendant la sensibilité particulière de la région méditerranéenne au changement climatique. Celle-ci fait en effet partie des points chauds qui souffriront les premiers du réchauffement.

C'est un phénomène qui dure depuis des décennies et qui est détaillé depuis 2015 dans une étude dans Global Change Biology. Les vagues de chaleurchaleur dans la mer Méditerranée se multiplient, atteignant un maximum en cet été 2022, été de tous les records. Elles découlent notamment des vagues de chaleur terrestre, et les deux peuvent aussi s'entretenir. Elles peuvent aussi provenir de courants chauds qui se déplacent et amènent de la chaleur dans certaines régions.

Mais ce qui est certain, c'est que le réchauffement climatique les amplifie : partout dans le monde, les vagues de chaleurs, terrestre et marine, sont de plus en plus fréquentes, et durent de plus en plus longtemps. « La situation est très préoccupante », estime Joaquim Garrabou dans un communiqué, chercheur à l'Institut des sciences marines de Barcelone.

« Nous poussons le système trop loin. Nous devons agir au plus vite sur les questions climatiques. » Dans certaines régions de la mer Méditerranée en particulier, des hausses de température exceptionnelles ont été constatées, jusqu'à 5 °C au-dessus de la norme. À certains endroits, notamment au large du Liban et de la Syrie, la température a dépassé 31 °C.

La biodiversité marine est en danger, et nous aussi

Au-delà de la hausse de la température, déjà inquiétante, ce sont les nombreuses conséquences sur la biodiversité marine qui inquiètent les scientifiques. Des espècesespèces pourraient disparaître en seulement quelques années, « parce que, chaque été, leur température optimale est dépassée », déclare J.Garrabou. Déjà une cinquantaine d'espèces, se trouvant entre 0 et 45 mètres de profondeur, sont touchées selon l'étude, dont différents coraux, algues ou spongiaires. Certaines espèces contribuent d'ailleurs majoritairement à l'absorption du CO2 émis dans l'atmosphère.

« La question n'est pas de la survie de la nature, car la biodiversitébiodiversité trouvera le moyen de survivre sur la Planète, a tristement conclu J.Garrabou. La question est que, si nous continuons dans cette direction, peut-être que notre société, les humains, n'aura pas d'endroit où vivre. »