En 2019, nous avions connu une canicule précoce. Aujourd’hui, nous faisons face à un épisode de forte chaleur tardif. Des événements météorologiques classiques, mais qui se multiplient et dont les effets sont amplifiés par le réchauffement climatique. Frédéric Nathan, prévisionniste à Météo France, nous explique.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Vague de chaleur ou canicule: quelle différence ? L’été, on entend parler de pics de chaleur, de vagues de chaleur et de canicule. La différence ne saute pas aux yeux, mais elle entre en compte pour les alertes météo ou les plans de vigilance en matière de santé.

Les météorologuesmétéorologues l'avaient annoncé. Notre pays connait en ce moment un épisode de forte chaleurchaleur tardif. « Au mois de septembre, il arrive qu'il fasse chaud. Mais ce lundi, énormément de records de température mensuels sont tombés. C'est pratiquement du jamais vu », commente Frédéric Nathan, prévisionniste à MétéoMétéo France pour Futura. Des températures allant jusqu'à +15 °C au-dessus des normales de saisonsaison ont été enregistrées.

Pratiquement du jamais vu

Selon les chiffres provisoires communiqués hier, à Orthez (Pyrénées-Atlantiques), il a par exemple fait 37,9 °C. L'ancien record mensuel était établi à 37,5 °C. Il datait du 7 septembre 2016. À Melun, il a fait 34,2 °C. L'ancien record était de 33,8 °C le 11 septembre 1947. D'autres records ont été battus à Bourges, à Tours, à Poitiers, à Orléans, à Orly, à Roissy, au Mans ou à Chartres où le record datait du 4 septembre 1929. « Nous attendions que des records tombent. Ils sont tombés. Et il s'en est même ajouté d'autres », remarque Frédéric Nathan.

Le saviez-vous ?

En météorologie, une normale de saison, c’est une moyenne de température normalisée sur 30 ans. Ainsi aujourd’hui, les comparaisons se font sur des normales calculées entre 1981 et 2010. Dès 2021, elles seront faites à partir de normales calculées entre 1991 et 2020. Des normales de saison qui seront légèrement plus élevées.

« C'est d'abord la situation météorologique qui explique un phénomène, la position des anticyclones et les caractéristiques des masses d'airmasses d'air. Depuis plusieurs jours, nous avions déjà une masse d'air assez chaude installée sur le pays. Ce dimanche, un flux d'air est remonté du sud, de l'Espagne. Il a rajouté une couche sur un air qui était déjà très chaud. Résultat : nous nous retrouvons avec une masse d'air exceptionnellement chaude pour la saison. »

L’été 2020 avait déjà été très chaud sur la France. © Météo France
L’été 2020 avait déjà été très chaud sur la France. © Météo France

Le réchauffement climatique mis en cause

À cela, bien sûr, il faut ajouter l'effet du réchauffement climatique. « Ces dernières années, nous avons de plus en plus de vaguesvagues de chaleur précoces. Nous en avons vécu une particulièrement violente au mois de juin, l'année dernière. Et nous voyons désormais aussi de plus en plus de vagues de chaleur tardives. Qui arrivent au-delà du 15 août. Cette année, pratiquement à la mi-septembre. Avec le réchauffement climatiqueréchauffement climatique, c'est ce qui va se passer dans les décennies qui viennent », annonce Frédéric Nathan. Heureusement, à cette époque de l'année, les nuits sont plus longues et la masse d'air a tendance à se refroidir, laissant la possibilité aux corps de récupérer. Il n'est donc pas question de caniculecanicule.

Selon les prévisions de Météo France, les températures devraient rester anormalement élevées jusqu'à la fin de la semaine. Se décalant tout de même vers le nord. Ainsi, c'est plus dans les régions entre Lille et Nancy que des records pourraient encore tomber ce mardi après-midi.

« Sommes-nous à l'aubeaube d'un changement global ? Je dirais que le changement est déjà nettement entamé. Il suffit d'observer la courbe des températures depuis le début de l'ère industrielle. L'augmentation des températures est évidente. Elle se fait même un peu exponentielle depuis ces 40 ou 30 dernières années. Chaque année, des records de température sont battus. Cet été, 54,4 °C ont été atteints dans la Vallée de la mort aux États-Unis. En France, nous sommes sur une séquence inédite de 15 mois avec des valeurs au-dessus des normales de saison. Le mois de septembre est sur la même lignée. Ce n'était jamais arrivé » conclut Sébastien Léas, prévisionniste à l'occasion d'un live FacebookFacebook proposé hier par Météo France.