Le mode de vie des tortues de mer les rendrait plus vulnérables à la pollution plastique. © Drew, Adobe Stock
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Les tortues de mer sont prises dans un « piège évolutif » à cause du plastique

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[EN VIDÉO] L'Océan en danger face à l'exploitation et la pollution humaine  Dans cette vidéo, Isabelle Autissier, la présidente du WWF France répond à nos questions sur la biodiversité marine. Elle évoque ici l’exploitation des ressources marines par l’Homme et les risques liés à la pollution plastique. 

Le comportement adopté par plusieurs espèces de tortues marines les conduirait à ingérer du plastique. Avec tous les risques que cela comporte.

Plusieurs espèces de tortues marines sortent de leurs œufs sur les plages australiennes. De là, elles s'empressent de rejoindre l'océan dans lequel elles passeront leurs premières années. « Les tortues juvéniles ont évolué pour se développer en haute mer où les prédateurs sont relativement rares », soutient Emily Duncan, coautrice d'une étude sur la pollution plastique. Le problème étant que les courants océaniques appréciés de ces reptiles concentrent de grandes quantités de plastique. Des déchets que les tortues avalent.

« Nos résultats suggèrent que ce comportement [en haute mer, ndlr] les conduit maintenant dans un "piège" puisqu'il les amène dans des zones très polluées telles que le Great Pacific Garbage Patch », pointe la chercheuse. En français, il s'agit du vortex de déchets du Pacifique Nord qui a constitué le septième continent de plastique. « Les tortues marines juvéniles n'ont généralement pas de régime alimentaire spécialisé », complète Emily Duncan, ce qui implique qu'elles peuvent volontairement ingérer du plastique.

Le vortex de déchets du Pacifique Nord a généré un « continent » de plastique. © Noaa, Wikimedia Commons

Des pincettes sans plastique

Pour tirer ces conclusions, les scientifiques se sont basés sur un échantillon de 121 tortues échouées ou capturées accidentellement du côté de l'océan Indien ou de l'océan Pacifique. Elles représentent cinq espèces : les tortues vertes (Chelonia mydas), les caouannes (Caretta caretta), les imbriquées (Eretmochelys imbricata), les olivâtres (Lepidochelys olivacea) et celles à dos plat (Natator depressus). Parmi elles, des juvéniles et des spécimens adultes dont la carapace mesurait jusqu'à 50 cm de diamètre.

Certaines espèces, notamment les tortues vertes, caouannes et à dos plat, étaient plus fréquemment contaminées par du plastique. Globalement, les individus provenant de l'océan Indien étaient moins intoxiquées que leurs homologues arrivés de l'océan Pacifique. Les polymères les plus couramment retrouvés étaient le polyéthylène et le polypropylène. « Ils sont si largement utilisés dans les produits en plastique qu'il est impossible de déterminer les sources probables des fragments que nous avons trouvés », déplore Emily Duncan.

Par ailleurs, si l'échantillon total compte plus d'une centaine de tortues, la répartition par espèce fait que chaque groupe est relativement petit. Ce qui oblige à une certaine prudence sur l'interprétation des résultats. Les tortues caouannes ne sont, par exemple, que 14. Mais une chose est sûre : que les scientifiques prennent des pincettes n'enlève rien au gigantesque problème posé par cette pollution plastique.

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