Le diamantaire russe Alrosa va commercialiser des diamants fluorescents. © Alrosa

Planète

Vous pourrez bientôt acheter des diamants fluorescents

ActualitéClassé sous :pierres précieuses , diamants , diamant rare

-

Il existe de rares diamants roses, bleus ou verts. Mais saviez-vous que certains sont aussi fluorescents lorsqu'on les passe sous une lampe à ultraviolet ? Une propriété méconnue que compte bien exploiter le géant minier russe Alrosa, qui va bientôt lancer leur commercialisation.

Les diamants, généralement blancs ou transparents, sont parfois colorés en raison des impuretés qu'ils contiennent. Des inclusions de bore produisent ainsi des diamants bleus, le rose ou le rouge est dû à l'hydrogène et le jaune à des atomes d'azote. Certaines couleurs sont très rares, ce qui fait que ces diamants sont très recherchés. Le diamant rose Pink Star a ainsi été vendu en 2017 aux enchères pour le prix record de 71,2 millions de dollars, soit environ 1,2 million de dollars par carat.

Diamant luminescent : un nouveau filon du diamantaire Alrosa

Il existe cependant une propriété assez méconnue des diamants : certains sont fluorescents et émettent une belle lueur bleutée lorsqu'ils sont exposés aux UV, un peu comme les T-shirts blancs en boîte de nuit. C'est cette propriété que le géant minier russe Alrosa, premier diamantaire mondial, entend aujourd'hui exploiter en se lançant dans la commercialisation de diamants fluorescents. Une marque spéciale « diamant luminescent » va ainsi être créée, avec des corners spéciaux dans les boutiques dédiées à ces diamants.
 

Sous une lumière UV, 25 % à 35 % des diamants deviennent fluorescents. © Alrosa

Les diamants fluorescents ne sont pourtant pas spécialement rares : selon le GIA (Gemological Institute of America, l'organisme qui fait référence en matière de certification des pierres précieuses), la fluorescence concerne entre 25 % et 35 % des diamants, parmi lesquels un tiers ont une fluorescence « moyenne » ou « forte ». La fluorescence ne figure même pas dans les caractéristiques servant à déterminer la valeur de la pierre (couleur, taille, pureté, poids en carat). Pire, ces diamants, à l'apparence plus « laiteuse » ont même tendance à être dévalorisés sur le marché. Alrosa entend pourtant changer la perception des experts et des consommateurs sur ces diamants.

Les inclusions liées à l'azote sont les plus courantes, mais certaines structures sont particulièrement rares. « Lorsque le diamant contient un groupe de trois atomes d'azote appelé N3, il produit une fluorescence d'un bleu très profond », détaille Jane Kozenko, directrice de la communication d'Alrosa. Un groupe d'atomes d'azote en forme de lentille (plaquette) donne une fluorescence jaune tandis qu'un atome d'azote isolé conduit à une fluorescence jaune-orange. « À l'inverse, un groupe de deux atomes d'azote appelé agrégat A éteint la fluorescence. » C'est l'ensemble de ces combinaisons qui va produire une fluorescence plus ou moins forte.

Les diamants contenant des atomes d’azote donnent une lumière bleutée lorsqu’ils sont « excités » par un rayonnement UV. © Alrosa

72 % des consommateurs prêts à payer 15 % plus cher pour un diamant fluorescent

Selon un sondage mené par Alrosa, à peine 11 % des acheteurs savent qu'il existe des diamants fluorescents. La compagnie mène un lobbying actif pour faire reconnaître la fluorescence comme un attribut de qualité. En 2018, HRD Antwerp, l'autorité européenne qui délivre les certificats de diamants, a opportunément soutenu le diamantaire russe en affirmant que la fluorescence avait un effet positif sur la couleur, et que la dépréciation habituellement associée à ces diamants était « injustifiée ». « Un diamant de couleur J avec une très forte fluorescence aura une apparence de couleur plus élevée de plusieurs degrés comme le G, explique Alrosa au site Mining.comce qui donne aux bijoutiers la possibilité de vendre ces diamants à un prix plus élevé ».

D'après le sondage cité par Alrosa, 72 % des consommateurs seraient prêts à payer 15 % plus cher pour un diamant fluorescent. Un nouveau filon bienvenu pour la compagnie, alors que le marché du diamant est en pleine crise. Entre 2018 et 2019, les revenus des compagnies minières et des revendeurs ont chuté de respectivement 25 % et 10 % selon le cabinet d'expertise Bain, en raison d'une baisse de la demande et d'une surproduction. Les diamants naturels sont aussi de plus en plus concurrencés par des diamants de synthèse, bien moins coûteux à produire et dont l'apparence est quasi identique à celle des diamants naturels.

Cela vous intéressera aussi
Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !