Les barges rousses peuvent migrer sur plus de 12.000 kilomètres sans se poser. © Maciej Olszewski, Adobe Stock
Planète

La stratégie des oiseaux migrateurs pour ne pas surchauffer en vol

ActualitéClassé sous :oiseaux , Biodiversité , Évolution

Certains oiseaux migrateurs peuvent voler pendant plusieurs jours sans interruption et donc sans pouvoir s'abriter des rayons du soleil. Une étude effectuée sur plus de 9.000 espèces montre que les plus grands voyageurs ont aussi souvent un plumage plus clair qui leur permet de réfléchir ces rayons. 

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Un an de migrations animales sur la planète : étonnant...  Les globes terrestres font généralement figurer les limites des pays. Mais les animaux, eux, ne connaissent pas les frontières. C’est ce que cette vidéo étonnante nous montre en retraçant un an de migrations animales sur notre planète, grâce à des millions de données centralisées. 

Une espèce d'oiseaux sur cinq est migratrice. Toutes ne parcourent pas des milliers de kilomètres à chacune de leurs migrations mais doivent supporter des conditions de température, de disponibilité d'oxygène et de luminosité extrêmes. L'espèce qui détient le record de la distance de migration en vol est la sterne arctique Sterna paradisea qui parcourt plus de 70.000 kilomètres chaque année.

La sterne arctique Sterna paradisea est l'espèce pour laquelle les plus grandes distances de migration ont été enregistrées. © Paul, Adobe Stock

Le suivi du vol de barges rousses Limosa lapponica baueri a, par ailleurs, montré qu'elles étaient capables de rejoindre la Nouvelle-Zélande à partir de l'Alaska, soit un trajet de plus de 12.000 kilomètres, en un peu plus de neuf jours et sans interrompre leur vol. Quelles sont donc les adaptations permettant à ces oiseaux d'effectuer de si longues migrations ?

Les grands migrateurs présentent bien évidemment des morphologies aérodynamiques et ont, par exemple, une apparence lisse et de longues ailes pointues. Leur consommation énergétique en vol est également relativement faible par rapport à celles d'espèces peu ou pas migratrices. Les barges consomment en effet 0,41 % de leur masse corporelle par heure en vol et parcourent 11.000 à 12.000 kilomètres par an contre 2 % par heure pour le colibri à gorge rouge qui parcourt environ 1.100 kilomètres par an.

De très longs vols et des plumes très claires

Lors de vols longue durée, les oiseaux migrateurs doivent également faire face à des températures élevées au cours de la journée. Il a déjà été montré que certaines espèces migratrices volaient à plus haute altitude dans la journée par rapport à la nuit, ce qui leur permettrait de compenser la chaleur produite par l'absorption des radiations solaires et de ne pas surchauffer en vol. Il est, par ailleurs, connu que les couleurs plus claires absorbent moins les radiations solaires que les couleurs foncées.

Les auteurs d'une étude parue dans le journal Current Biology ont donc examiné les couleurs du plumage de plus de 9.000 espèces d'oiseaux. Ils ont pour cela analysé automatiquement les pixels des images fournies par l'encyclopédie Handbook of the Birds of the World et ont attribué une note allant de 0 = clair à 100 = foncé au plumage de chaque espèce. Ils ont comparé les résultats obtenus avec le comportement des espèces considérées en fonction de leurs distances de migration annuelles (de 0 à plus de 2.000 kilomètres).

Les bécasseaux à croupion blanc (Calidris fuscicollis) peuvent parcourir plus de 9.000 kilomètres par an. © Pablo F. Petracci

Leurs résultats indiquent que les espèces non migratrices ont un plumage plus foncé que celui d'espèces qui migrent sur de courtes distances, elles-mêmes ayant un plumage plus foncé que les espèces qui migrent sur plus de 2.000 kilomètres par an. Si les grands migrateurs ont tendance à avoir un plumage plus clair que les autres oiseaux, seuls sept ordres de migrateurs (incluant les pélicans, passereaux et oiseaux limicoles) parmi quinze suivent cette tendance.

Plus une espèce d'oiseaux parcourt de longues distances lors de ses migrations, plus son plumage a tendance à être clair. © Delhey et al., 2021

Des contraintes évolutives sur l'aérodynamisme induisent en effet la présence d'un plumage dorsal foncé chez certains migrateurs. Une surface dorsale plus chaude génère moins de forces de frottement avec l'air et augmente donc l'efficacité du vol.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !