Comme les oiseaux, les chauves-souris peuvent voler. Mais ce n'est pas la seule chose que ces deux animaux ont en commun. © robdowner, Adobe Stock

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Les oiseaux et les chauves-souris ont un point commun inattendu

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À part des ailes, qu'ont en commun une chauve-souris et un oiseau ? L'un appartient à la classe des mammifères, l'autre pas. Leur capacité de vol ne leur vient pas d'un ancêtre commun et ils n'ont pas le même mode de vie. Pourtant, une étude récente décrit une similitude inattendue, cachée au fond de leur intestin.

Bien qu'entièrement composé de micro-organismes (bactéries, virus, champignons et autres parasites non pathogènes), le microbiote intestinal est considéré comme un « organe » déterminant pour notre santé. Il prévient l'établissement de bactéries pathogènes dans notre intestin et éduque notre système immunitaire. Son rôle est similaire chez les animaux, des primates en passant par les rongeurs. Pour la première fois, une équipe de chercheurs américains a pu comparer la flore intestinale de 900 espèces différentes d'oiseaux, de mammifères, de reptiles et d'amphibiens, grâce à des échantillons conservés dans des musées.

À l'issu de ces travaux, publiés dans mBio, les scientifiques ont établi un lien entre deux espèces diamétralement opposées : les oiseaux et les chauves-souris. Bien que ces deux animaux soient différents aussi bien sur le plan phylogénétique que dans leur mode de vie, leurs microbiotes intestinaux présentent d'étonnantes similitudes. Pourquoi ? Pour leur permettre de voler !

Le secret de l’intestin des animaux volants

La logique veut que les animaux qui partagent le même régime alimentaire possèdent un microbiote intestinal avec une composition similaire. Les scientifiques ont collecté les déjections de 900 vertébrés et étudié le génome des bactéries qui y vivaient grâce au séquençage génomique. Ils espéraient trouver des similitudes dans la composition des flores intestinales en accord avec les liens phylogénétiques entre les espèces. Car ces derniers évoluent ensemble selon une théorie scientifique appelée phylosymbiose. Leur surprise a été grande quand ils ont compris que deux animaux différents, les chauves-souris et les oiseaux présentent un microbiote comparable ou plutôt « la même absence de relation spécifique avec le microbiote intestinal », comme le précise Se Jin Song, coauteure de l'étude.

Question microbiote, la chauve-souris est plus proche de l'oiseau que de n'importe quel autre animal, même ceux avec qui elle partage un ancêtre commun. La seule chose qui les unit, c'est leur capacité à voler. À l'image du régime alimentaire, la capacité de vol a-t-elle pu contraindre le microbiote intestinal ?

Le système digestif des oiseaux. L'intestin, relativement court, est toujours proportionnellement plus court que celui des mammifères. © Image extrait de Elever des poules, par Jean-Claude Périquet, éditions Rustica

Un intestin plus petit pour mieux voler

Selon les auteurs de l'étude, la réponse semble affirmative. « Si vous transportez beaucoup de bactéries dans votre intestin, ça peut devenir lourd ! [...] Donc si vous êtes un animal qui a des forts besoins énergétiques, parce que vous volez, vous ne pourrez pas vous permettre de transporter ces bactéries », explique Holly Lutz, chercheuse au Chicago's Field Museum et à l'université de Californie, San Diego. Ces animaux ont un tractus intestinal beaucoup plus court que les animaux terrestres de taille comparable et possèdent une diversité bactérienne moindre. Il est possible que cet intestin réduit ne suffise pas à satisfaire les besoins nutritifs d'une communauté bactérienne plus diverse.

De plus, chez tous les autres mammifères étudiés, on peut dégager un profil de microbiote intestinal type chez les espèces proches phylogénétiquement. Les chauves-souris semblent à part, et comme pour les oiseaux, les scientifiques ont observé des grandes disparités dans la composition du microbiote intestinal entre les individus. Ces résultats pourraient bien nous aider à comprendre notre propre microbiote : « Si nous rencontrons des situations extrêmes où notre microbiote est perturbé, il y a sûrement quelque chose à apprendre de ces animaux qui n'utilisent pas beaucoup le leur », pense Holly Lutz.

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