Les papillons font partie des insectes terrestres dont la population chute. © Pezibear, Pixabay
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Les populations d'insectes ont décliné de 25 % en 30 ans

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Massif et global. Dû à la pollution, et particulièrement aux pesticides. Le déclin des insectes fait couler beaucoup d'encre dans les médias. Aujourd'hui, la plus grande méta-analyse jamais réalisée sur le sujet révèle des conclusions un peu plus nuancées.

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[EN VIDÉO] Pourquoi les insectes pollinisateurs sont-ils indispensables ?  « Les insectes pollinisateurs sont des éléments clés pour l’ensemble de la biodiversité », démontre Colin Fontaine, écologue au CNRS. Ils sont importants, voire indispensables à la reproduction de nombreuses plantes dont dépendent des animaux, directement ou indirectement. S’ils disparaissaient, cela serait une catastrophe, conclut le chercheur. 

Le phénomène du pare-brise serait bien vrai. En scrutant 166 études à long terme sur 1.676 sites, des chercheurs ont écrit l'analyse la plus complète du statut mondial des insectes. Sans surprise, leur protection n'en ressort que plus urgente. Et leur méta-analyse, publiée dans la revue Science, apporte des éclairages sur les croyances actuelles.

La biomasse d'insectes terrestres, qui passent l'intégralité de leur vie hors de l'eau (papillons, sauterelles, fourmis...), a diminué de 0,92 % par an en moyenne. Soit une chute de 24 % en 30 ans. Contrairement aux insectes séjournant au moins une partie de leur vie sous l'eau douce, à l'instar des moucherons et des éphémères, dont les populations ont augmenté d'une moyenne de 1,08 % par an. Un bond de 38 % en 30 ans ! 

Ces deux phénomènes sont particulièrement observés en Amérique du Nord et dans certaines régions européennes. Toutefois, les chercheurs remarquent que les données varient fortement, « même parmi les sites à proximité », explique un communiqué. Ainsi qu'au sein des groupes étudiés. Par exemple, s'il y a moins d'insectes vivant dans l'herbe et sur le sol, le nombre d'insectes habitant dans les canopées est resté stable.

L'urbanisation serait une des causes majeures du déclin des insectes terrestres. © Gearstd, Adobe Stock

Des chiffres et des causes

Jonathan Chase, coauteur de l'étude, est optimiste. « Ces chiffrent montrent que nous pouvons inverser les tendances négatives. Au cours des 50 dernières années, plusieurs mesures ont été prises pour nettoyer nos rivières et nos lacs pollués dans de nombreux endroits à travers le monde. Cela a peut-être permis la récupération de nombreuses populations d'insectes d'eau douce ».

Les chercheurs soulèvent un dernier point d'une grande importance. La destruction des habitats naturels, due en particulier à l'urbanisation, est un facteur dominant du déclin des insectes terrestres. Cela rejoint un rapport de l'IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) stipulant que les changements dans l'utilisation des terres et des mers sont la première cause du déclin des insectes. Bien devant la pollution.

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