Mardi 20 juin, Laurent Ballesta, Antonin Guilbert, Thibault Rauby et Roberto Rinaldi ont refait surface après 20 jours d'immersion à plus de 100 mètres de profondeur au niveau du Cap Corse. Au cours de cette nouvelle expédition Gombessa, ils ont exploré de mystérieux anneaux de corail géants.


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    L'exploration sous-marine est l'un des défis fixés par l'équipe de Laurent Ballesta. À travers les expéditions Gombessa (baptisées du nom du cœlacanthe aux Comores), cette équipe d'aquanautes et biologistes a fourni à la communauté scientifique et au grand public des données quantitatives et des images inédites sur le fonctionnement de certains écosystèmes marins.

    L'expédition Gombessa 1 a permis pour la première fois de filmer le cœlacanthe dans son milieu naturel, à 120 mètres de profondeur en Afrique du Sud. Gombessa 2 et 4 ont eu lieu dans la passe de Fakarava (Polynésie française) et des images et des données inédites ont pu être récoltées sur le comportement reproducteur des mérous camouflage du Pacifique ainsi que sur le comportement de chasse des requins gris de récif.

    Un requin gris de récif a capturé un mérou lors d'un épisode de chasse nocturne à Fakarava. © Blancpain
    Un requin gris de récif a capturé un mérou lors d'un épisode de chasse nocturne à Fakarava. © Blancpain

    Repousser les limites

    Au cours de Gombessa 3, les plongeurs ont visité des écosystèmes profonds en Terre Adélie (Antarctique) et ont fourni les images d'espèces encore jamais filmées dans leur habitat naturel. Gombessa 5 avait enfin pour objectif d'explorer les récifs coralligènes et la diversité qu'ils abritent entre Marseille et Monaco.

    Une parade nuptiale de murènes a été photographiée lors de Gombessa 5. © Laurent Ballesta
    Une parade nuptiale de murènes a été photographiée lors de Gombessa 5. © Laurent Ballesta

    Les expéditions Gombessa n'ont pas pour seul objectif d'enrichir les connaissances concernant le milieu marin, elles sont également élaborées afin de repousser les limites des techniques de plongée. Des temps et profondeurs records en plongée ont ainsi été réalisés en Antarctique (jusqu'à 5 heures à -1,8 °C), à Fakarava (24 heures à -20 mètres) et en Afrique du Sud (plongées à -120 mètres). Lors de Gombessa 5, quatre aquanautes ont passé 28 jours dans un module pressurisé de 5 mètres carrés (nommé station Bathyale) à 100 mètres de profondeur pour effectuer des sorties quotidiennes entre -60 et -144 mètres.

    Schéma de l'organisation de la Station Bathyale qui a abrité les aquanautes de Gombessa 6 pendant 20 jours. © Laurent Ballesta, Andromède Océanologie
    Schéma de l'organisation de la Station Bathyale qui a abrité les aquanautes de Gombessa 6 pendant 20 jours. © Laurent Ballesta, Andromède Océanologie

    Le défi de Gombessa 6

    Il y a 10 ans, l'Ifremer et l'Université de Corte, en Corse, ont découvert des anneaux formés par des coraux. Ces anneaux se situent sur une aire de 4 kilomètres carrés et certains d'entre eux peuvent atteindre une trentaine de mètres de diamètre. La composition et la formation de ces anneaux, à 120 mètres de profondeur, reste un mystère intact pour les scientifiques.

    Quatre aquanautes sont restés dans la station Bathyale à plus de 100 mètres de profondeur durant 20 jours

    Gombessa 6 s'inscrit dans la lignée de la performance de Gombessa 5. Quatre aquanautes sont restés dans la Station Bathyale à plus de 100 mètres de profondeur durant 20 jours, au Nord et Nord-Est du Cap Corse.

    Les aquanautes de Gombessa 6 sont restés 20 jours dans la station Bathyale de 5 mètres carrés. © Laurent Ballesta
    Les aquanautes de Gombessa 6 sont restés 20 jours dans la station Bathyale de 5 mètres carrés. © Laurent Ballesta

    Au terme de l'expérience, Laurent Ballesta explique que l'équipe a pu effectuer des carottages, de plus d'un mètre parfois, dans les structures pour réaliser, par exemple, des analyses ADNADN et de croissance en laboratoire. Des gorgones (« coraux ») et des porcelaines (mollusquesmollusques gastéropodesgastéropodes) ont de plus été identifiées alors qu'elles ne se trouvent habituellement pas dans ces environnements. D'autres découvertes ont également été faites par les aquanautes, ceux-ci ont en effet identifié une nouvelle espèce de nudibranche, un alignement de grottes sous-marines et ont aperçu une rare espèce de serranidé dans la zone, le mérou à dents de chienchien.

    Les nudibranches sont des mollusques aux branchies nues et aux couleurs éclatantes. © manta94, Adobe Stock
    Les nudibranches sont des mollusques aux branchies nues et aux couleurs éclatantes. © manta94, Adobe Stock

    Laurent Ballesta rappelle que, au cours des sorties, les explorateurs ont constaté la présence de déchets plastique, une observation qui rejoint plusieurs constats déjà effectués en Méditerranée mais aussi à l'échelle de l'Océan mondial. Plusieurs mois seront nécessaires avant que les premiers résultats scientifiques et que le film sur ces mystérieux anneaux de corailcorail de Méditerranée ne soient disponibles donc... patience.

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