Après le Vantablack, le Vantablanc ! © Adobe Stock, New Africa
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Les scientifiques créent la peinture la plus blanche au monde

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Après le Vantablack, découvrez... le Vantablanc ? Des chercheurs de l'université de Purdue ont récemment développé la peinture la plus blanche jamais créée, capable de rafraîchir les surfaces qui en sont enduites. 

 

Une peinture blanche récemment développée par les chercheurs promet de réduire nos factures de climatisation. Voici son secret. © Universté de Purdue

Renvoyer les rayons du Soleil

Grâce à cette nouvelle technologie nous pourrions maintenir une surface (un mur ou un toit, une route ou une voiture par exemple) à une température 7,7 °C inférieure à celle de l'environnement ambiant. D'après le communiqué de presse de l'université, cette peinture serait capable de remplacer nos systèmes actuels de climatisation en reflétant la quasi-totalité des rayons. « Cela semble très contre-intuitif qu'une surface en plein soleil puisse être plus fraîche que la température signalée par la météo locale pour cette région, mais nous avons démontré que c'était possible », déclare Xiulin Ruan, professeur de génie mécanique, et auteur principal de l'étude, parue dans la revue Cell Reports Physical Science.

Cette peinture n'aurait pas simplement un impact positif sur l'environnement en réduisant nos besoins énergétiques. Nos routes en bitume et nos bâtiments de béton sont responsables de l'absorption d'une quantité énorme de chaleur. En renvoyant les rayons calorifiques du Soleil dans l'espace, cette nouvelle invention évite de contribuer plus encore au réchauffement climatique et permet de concevoir des infrastructures plus écoresponsables à l'avenir. « Nous ne déplaçons pas la chaleur depuis la surface de la planète vers l'atmosphère. Nous la rejetons tout bonnement dans l'espace, qui est un puits de chaleur sans fond », commente Xiangyu Li, chercheur postdoctoral au MIT et membre de l'équipe de Ruan.

La peinture développée par Ruan et ses collègues se révèle notablement plus froide sous le regard scrutateur d'une caméra infrarouge. © Purdue University, Joseph Peoples

Une solution déjà commercialisable

Contrairement aux peintures « anti-chaleur » commercialisées actuellement, qui ne réfléchissent que 80 à 90 % du rayonnement et ne peuvent produire des surfaces plus froides que leur environnement, celle développée par Ruan et ses collègues reflète pour sa part 95,5 % des rayons, repoussant efficacement la chaleur du rayonnement infrarouge. Elle est aussi moins chère. Résultat de six ans de recherche, basés sur des essais commencés dans les années 1970, ce nouveau produit est composé de carbonate de calcium, une substance abondante sur Terre, présente dans les roches et les coquilles des mollusques. À cause de sa structure atomique, cet ingrédient n'absorbe presque pas d'UV et permet de disperser un grand nombre de longueurs d'onde.

L'idée est belle et pourrait se retrouver très prochainement dans nos magasins. Les chercheurs ont déjà soumis une demande de brevet international qui pourrait permettre sa rapide commercialisation. Reste à connaître l'impact potentiel de cette peinture sur l'environnement en général. En 2014, des pilotes se plaignaient de l'éblouissement causé par un champ de panneaux solaires à la frontière entre le Nevada et la Californie. En sera-t-il de même si nous envisageons de peindre les toits des grandes villes en blanc ? Quels seront les impacts pour la faune et la flore, et en particulier pour les oiseaux ? Ces questions devront progressivement trouver des réponses, mais il est difficile de nier que cette nouvelle avancée s'annonce prometteuse !

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