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Fonte des glaciers : tout un écosystème en péril

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Un insecte aquatique des montagnes, qui ne vit que dans les eaux glacées, semble particulièrement menacé par le réchauffement climatique et la fonte inexorable des glaciers. Avec lui, c'est tout un écosystème qui risque de bientôt disparaître.

L'insecte Lednia tumana disparaîtra certainement en même temps que les glaciers. © Joe Giersch, USGS

Si le réchauffement climatique a tendance à modifier les altitudes favorites des plantes de montagne, ou à provoquer des catastrophes naturelles, il risque aussi de mener à la disparition d'insectes déjà rares. La fonte des glaciers, due à l'augmentation de la température, en serait la cause. Ces résultats alarmants ont été publiés dans le dernier numéro de la revue Climatic Change Letters.

Ce sont des biologistes américains du U.S. Geological Survey (USGS), de l'Université du Montana, du U.S. Fish and Wildlife Service et du National Park Service qui ont fait cette découverte, dans le parc national de Glacier. Situé dans le Montana, à la frontière avec le Canada, ce parc est constitué d'une zone montagneuse culminant à plus de 3.000 mètres. Dans cet environnement sauvage appartenant à la chaîne des Rocheuses, les nombreuses espèces animales et végétales vivent paisiblement entre les lacs et ce qu'il reste de la vingtaine de glaciers.

Les glaciers disparaîtront d'ici 2030 !

Car malheureusement, comme le confirment des clichés pris à près d'un siècle d'intervalle, les glaces fondent de façon inquiétante, l'un des dégâts nettement visibles engendrés par le réchauffement climatique. D'ailleurs, si les estimations se confirment, les glaciers du parc national devraient entièrement disparaître d'ici 2030 ! L'impact de cet évènement sur la faune et la flore, plus spécifiquement sur les invertébrés, est encore mal estimé.

Mais il devient clair que la survie de certaines espèces est en péril. C'est probablement le cas d'animaux aquatiques, comme des insectes de l'ordre des trichoptères ou de petits crustacés amphipodes. Parmi la biodiversité de ces lieux, un insecte attire particulièrement l'attention, du fait de sont habitat pour le moins restreint.

Le parc national de Glacier, au sein de la chaîne montagneuse des Rocheuses, abrite une faune et une flore très variées. © National Park Service, domaine public

Un insecte qui n'aime que l'eau des fontes

Il s'agit de la mouche de pierre des eaux fondues (un plécoptère aussi connu sous son nom officiel Lednia tumana), qui, comme son nom l'indique, est particulièrement à l'aise dans les eaux très froides. Ainsi, au cours de 14 ans de recherche, les scientifiques ont pu montrer que cet insecte ne vit qu'en contrebas des glaciers (au maximum à 500 mètres du pied du glacier) ou des zones enneigées, bref, partout où l'eau froide, tout juste fondue, s'écoule lentement à la saison estivale.

En plus de n'être adaptée qu'à un seul type d'écosystème, cette espèce semble être endémique puisqu'elle n'a jamais été retrouvée en dehors du parc national de Glacier. Comme son habitat risque fort d'être très affecté par le changement climatique, cette mouche de pierre est désormais référencée dans le U.S. Endangered Species Act.

C'est tout un écosystème qui est concerné

« Nos modèles de simulation suggèrent que le changement climatique menace la distribution potentielle future de ces habitats sensibles ainsi que la persistance de la mouche de pierre des eaux fondues au travers de la perte des glaciers et des zones enneigées, explique Clint Muhlfeld, le responsable du projet. Ces réductions majeures des habitats impliquent une probabilité très forte d'extinction ou de contraction significative de l'habitat de ces espèces sensibles. »

« Cela ne concerne pas seulement un insecte méconnu que la majorité des gens n'ont jamais vu, cela concerne un écosystème entier menacé, qui contient de nombreuses espèces rares et peu connues, dont la biologie et la survie dépendent de l'eau très froide », conclut Joe Giersch. Ainsi, les invertébrés aquatiques des hautes montagnes semblent malheureusement être des indicateurs idéaux du réchauffement climatique dans les écosystèmes montagneux.

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