Selon des chercheurs du National center et de la University corporation for atmospheric research (NCAR-UCAR, États-Unis), la variabilité de l’activité solaire serait en corrélation avec la survenue d’événements La Niña. © Jürgen Fälchle, Adobe Stock
Planète

Le phénomène météorologique La Niña est lié aux cycles du Soleil

ActualitéClassé sous :climatologie , activité du soleil , La Nina

[EN VIDÉO] Un 25e cycle d’activité pour le Soleil  La Nasa l’a annoncé le mardi 15 septembre 2020 : notre Soleil est entré dans son 25e cycle d’activité en décembre 2019. Son prochain pic d’activité devrait être enregistré en juillet 2025. 

L'activité de notre Soleil est variable. Et selon des chercheurs, cette variabilité serait corrélée à la survenue de phénomènes La Niña du côté de l'océan Pacifique. Si ce résultat est confirmé, il pourrait aider à améliorer la prévisibilité d'un certain nombre d'événements météorologiques saisonniers associés.

La Niña. C'est le nom que les scientifiques donnent à un phénomène climatique qui se joue du côté de l'océan Pacifique équatorial. Il affecte le régime des vents, la température de la mer et les précipitations à grande échelle. Et correspond à une anomalie froide des eaux de surface de l'ouest du Pacifique. La Niña, c'est le pendant du phénomène El Niño, peut-être un peu plus connu.

À l'automne dernier, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé le début d'un phénomène La Niña. Dans son dernier rapport -- en date du 5 avril 2021 --, l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) confirmait cette activité climatique particulière. Les experts donnaient alors 60 % de chance pour que le phénomène prenne fin d'ici au mois de juin. Et pour expliquer le cycle que semble suivre La Niña, des chercheurs du National center et de la University corporation for atmospheric research (NCAR-UCAR, États-Unis) suggèrent aujourd'hui qu'il existe un lien entre La Niña et la variabilité du Soleil.

L'idée semble naturelle. Mais les scientifiques peinent encore à éclairer le rôle du cycle solaire sur les événements climatiques qui se jouent sur Terre. Peut-être parce que bien que l'apparition -- et la disparition -- des taches solaires s'observe depuis des siècles maintenant selon un cycle d'environ 11 ans, la transition d'un cycle à l'autre reste difficile à marquer précisément à partir de là.

Voici comment le phénomène La Niña module la météo sur les États-Unis. Sur l’Europe, les conséquences sont moins marquées. Sur l’Europe du nord, il a tendance à apporter un froid sec. Et sur l’Europe du sud, de l’humidité et du vent. Sur l’Europe de l’ouest, les hivers sont généralement plus froids. © NOAA

Un mécanisme physique qui reste à préciser

Les chercheurs du NCAR-UCAR ont, quant à eux, travaillé sur un cycle de 22 ans dérivé du cycle de polarité magnétique du Soleil qu'ils ont récemment décrit dans le détail. Ce cycle débute lorsque les bandes de champ magnétique qui s'enroule autour de notre étoile se forment près de ses latitudes polaires. C'est leur migration vers des latitudes moyennes qui entraîne l'apparition de taches solaires. Et le cycle s'achève lorsque les bandes magnétiques se rencontrent à l'équateur. Dans ce que les chercheurs appellent un événement de terminaison. Comme un repère précis d'une fin de cycle.

Ce sont donc les dates de ces événements de terminaison que les scientifiques ont cette fois comparé aux températures de surface de l'océan Pacifique depuis 1960. « Cinq événements de terminaison qui coïncident avec la naissance d'un phénomène La Niña, ce n'est probablement pas une coïncidence », commente Robert Leamon, auteur principal de l'étude et chercheur à l'université du Maryland (États-Unis), dans un communiqué du NCAR-UCAR. Et pour ceux qui se demandent ce qui se cache derrière ce « probablement », sachez que les chercheurs ont estimé qu'il n'y avait pas plus d'une chance sur 5.000. Cette probabilité d'une occurrence aléatoire apparait aujourd'hui encore plus faible, car, comme indiqué en introduction, un sixième événement La Niña coïncide aujourd'hui même avec un événement de terminaison d'un cycle solaire.

Reste désormais à établir le lien physique responsable du phénomène. Peut-être une influence du champ magnétique du Soleil sur la quantité de rayons cosmiques reçus par la Terre, proposent les chercheurs. « Montrer par quel mécanisme le Soleil provoque vraiment une variabilité dans nos océans pourrait peut-être améliorer notre capacité à prédire les événements El Niño et La Niña », conclut Scott McIntosh, scientifique au NCAR-UCAR. Et ainsi, notre capacité à anticiper certaines de leurs manifestations météorologiques. Une capacité d'autant plus importante dans le contexte de réchauffement climatique anthropique. La hausse des températures des eaux de surface pourrait en effet favoriser l'apparition de phénomènes El Niño de plus en plus intenses.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !