Le phénomène El Niño est réputé perturber notre climat à l’échelle mondiale. Or des chercheurs affirment aujourd’hui qu’avec le réchauffement climatique, un autre phénomène du même type pourrait se réveiller dans l’océan Indien. Multipliant les événements météorologiques extrêmes dans la région.

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[EN VIDÉO] L'histoire du réchauffement climatique en 35 secondes En intégrant graphiquement les mesures de températures dans presque tous les pays du Globe entre 1900 et 2016, cette animation montre de façon saisissante l’augmentation du nombre d'« anomalies de température », donc des écarts par rapport à une moyenne. On constate qu'en un peu plus d'un siècle, la proportion vire au rouge.

Le phénomène El Niño -- et son pendant La Niña -- est un phénomène océanique complexe à grande échelle qui se joue dans le Pacifique. Découvert dans les années 1920, sa réputation n'est désormais plus à faire. Il affecte en effet le régime des ventsvents, la température de la mer et les précipitationsprécipitations à l'échelle mondiale. Mais avec le réchauffement climatiqueréchauffement climatique, des chercheurs de l’université du Texas affirment aujourd'hui qu'un autre phénomène de ce type -- et son pendant -- pourrait refaire surface. Du côté de l'océan Indien, cette fois.

des preuves de l’existence passée d’un El Niño dans l’océan Indien

Refaire son apparition ? Oui, car les mêmes chercheurs avaient trouvé, en 2019, des preuves de l'existence passée d'un phénomène de type El Niño dans l'océan Indien. Dans des coquillescoquilles de microorganismesmicroorganismes marins, des foraminifèresforaminifères. Au pic de la dernière période glaciairepériode glaciaire qu'a connue notre TerreTerre, il y a environ 21.000 ans.

Mais selon les chercheurs, la manière dont les conditions fraiches de l'époque affectaient les vents et les courants océaniques peut se rapprocher de celle dont le réchauffement climatique pourrait les affecter demain.

Ici, des simulations établies par les chercheurs de l’université du Texas de ce que seront les régimes de précipitations soumis à un phénomène <em>El Niño</em> — et son pendant <em>La Niña</em> — dans l’océan Indien. Les couleurs donnent une indication des anomalies positives (vert) ou négatives (rouge). © Université du Texas
Ici, des simulations établies par les chercheurs de l’université du Texas de ce que seront les régimes de précipitations soumis à un phénomène El Niño — et son pendant La Niña — dans l’océan Indien. Les couleurs donnent une indication des anomalies positives (vert) ou négatives (rouge). © Université du Texas

Vers des événements météorologiques de plus en plus extrêmes

Aujourd'hui, l'océan Indien se montre plutôt paisible, avec des vents dominants qui soufflent doucement d'ouest en est, maintenant des conditions stables. Cependant, les simulations informatiquessimulations informatiques des chercheurs, basées sur des modèles et la tendance actuelle, montrent que le réchauffement climatique pourrait inverser la direction de ces vents. De quoi provoquer des oscillations de réchauffement et de refroidissement similaires à ce que l'on observe du côté d'El Niño -- et de son pendant La Niña -- que nous connaissons bien.

« Pour déclencher le phénomène, il suffira d'une augmentation de la température mondiale moyenne de quelques degrés », assure Pedro DiNezio, climatologueclimatologue, dans le communiqué. Si cela se produit, les inondationsinondations, les tempêtestempêtes et les sécheressessécheresses risquent de s'intensifier et de devenir plus fréquentes. Les moussonsmoussons pourraient être fortement perturbées.

Et ce sont des populations déjà très vulnérables aux changements climatiques qui devraient être les premières touchées. Dans les pays bordant l'océan Indien, tels que l'Indonésie, l'Australie ou l'Afrique de l'Est. Compte tenu du rythme actuel des émissionsémissions de gaz à effet de serregaz à effet de serre, les simulations des chercheurs de l'université du Texas prévoient que ces régions pourraient être durement touchées par toutes sortes d'événements météorologiques extrêmes dès 2050.