C’est du côté de l’Arctique canadien que des chercheurs de l’université de l’Arizona (États-Unis) sont allés chercher les raisons du développement d’une calotte glaciaire au nord de l’Europe lors de la dernière grande glaciation. © ingusk, Adobe Stock
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Le mystère du dernier âge de glace enfin résolu

ActualitéClassé sous :climatologie , glaciation , Âge de glace

Il y a environ 100.000 ans, la glace a recouvert de vastes régions de l'hémisphère nord. L'orbite perturbée de notre Terre peut expliquer ce phénomène de glaciation. Mais seulement en partie. Pour en comprendre les détails, les chercheurs ont dû procéder à des simulations sophistiquées.

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Au cours de son histoire, notre Terre a connu plusieurs glaciations. Des périodes pendant lesquelles de vastes régions de son hémisphère nord se sont recouvertes de glace. C'est par exemple arrivé il y a environ 100.000 ans. En quelques milliers d'années, les glaciers de montagne se sont alors développés de manière spectaculaire pour former des calottes glaciaires s'étendant sur une grande partie du Canada, de la Sibérie et de l'Europe du Nord.

Comment cela peut-il être arrivé ? Pour cette fois-ci, par le fait des variations naturelles de l'orbite de notre Terre, estiment les scientifiques. Avec pour résultat, un refroidissement estival du côté de l'hémisphère nord déclenchant une glaciation généralisée. Mais il y a une ombre au tableau. Car ce phénomène n'apparaît pas suffisant à couvrir de glace le nord de l'Europe.

Parce que le courant de l'Atlantique Nord - connu aussi sous le nom de Gulf Stream - a tendance à charrier des eaux chaudes sur les côtes du nord-ouest de notre continent. Ainsi en général, la Scandinavie, bien que située à une latitude semblable à celle de l'Arctique canadien, affiche des températures trop élevées pour que la glace se forme.

Des modèles pas seulement bons à prévoir le futur

Pour comprendre comment des calottes glaciaires ont malgré tout pu apparaître sur l'Europe du Nord il y a environ 100.000 ans, des chercheurs de l'université de l’Arizona (États-Unis) ont développé un modèle de système terrestre extrêmement complexe. De quoi recréer de manière très réaliste, les conditions qui existaient au début de cette période glaciaire, et montrer le rôle essentiel de l'archipel arctique canadien dans le processus.

Les simulations révèlent que tant que l'océan reste ouvert dans la région, il ne peut pas se former de calotte glaciaire sur la Scandinavie. En revanche, si les glaces viennent à obstruer les voies navigables de l'archipel arctique canadien, de l'eau froide venue de l'Arctique et du Pacifique Nord est détournée vers le Groenland. Le tout ralentit la circulation océanique profonde de l'Atlantique Nord et amène des conditions météo plus fraîches sur le nord de l'Europe. Les enregistrements de sédiments marins semblent le confirmer. Ils montrent en effet des preuves convaincantes d'une circulation affaiblie avant la formation des glaciers en Scandinavie.

Une manière d'utiliser les modèles qui va donc un peu au-delà de leur objectif traditionnel de prévoir les climats du futur pour plutôt décrypter les interactions du passé. Des interactions qui pourraient aussi s'appliquer aux autres périodes glaciaires qu'a connues notre Terre. Et même aux périodes les plus courtes comme celle qui s'est produite il y a environ 13.000 ans.


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