Selon l'hypothèse de la Terre boule de glace, notre Planète aurait été presque entièrement glacée à trois reprises. © TwilightArtPictures, Adobe Stock
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La glaciation de la Terre, un coup de pouce pour la croissance des organismes unicellulaires ?

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Et si, lors de la seconde glaciation de la presque totalité du globe, la vie multicellulaire avait pris son essor ? Cette hypothèse a été creusée par le paléobiologiste Carl Simpson.

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[EN VIDÉO] Une algue verte exécute une division de toute beauté  Une algue verte unicellulaire du genre Micrasterias se divise en deux cellules filles grâce à la morphogénèse. L’organisme de départ a une taille 170 microns. Le spectacle est de toute beauté. 

À trois reprises au cours de l'histoire de la Terre, celle-ci aurait été entièrement - ou presque - recouverte d'une couche de glace. Il s'agit de l'hypothèse de la Terre « boule de glace » ou « boule de neige ». Si de nombreuses preuves avancent dans ce sens, la communauté scientifique n'est pas unanime : ni sur les modalités, ni sur l'origine de cette glaciation, ni sur les raisons d'une déglaciation. Un paléobiologiste, Carl Simpson, vient d'étayer une nouvelle hypothèse dans la revue The American Naturalist. Lors de la seconde grande glaciation, entre -720 et -650 millions d'années, des organismes unicellulaires se seraient regroupés en organismes multicellulaires pour mieux se propulser dans l'eau.

« Une fois que les organismes grandissent, ils ont un avantage écologique évident car la physique autour de la façon dont ils capturent la nourriture devient totalement différente », souligne Carl Simpson. L'eau salée des océans, à cette période, aurait été tellement froide que sa structure aurait changé sans geler. Elle serait devenue plus épaisse ou plus visqueuse. Une propriété que de gros organismes ne percevraient pas, mais qui serait intenable pour de petits êtres. « Quand vous êtes petit, vous êtes coincé, affirme le chercheur. L'eau vous déplace. »

Par une série d'équations mathématiques, ce scientifique a étudié l'hydrodynamique d'êtres vivants en fonction de leur forme et de leur taille. Résultat ? Mieux valait être gros. « En nageant ensemble, ces cellules auraient pu rester petites au niveau individuel mais produire toujours plus de puissance, estime le chercheur. Elles deviennent à la fois plus grosses et plus rapides en tant que groupe. »

Si l'hypothèse de Carl Simpson est exacte, ces organismes pluricellulaires ressemblaient peut-être à des algues nommées Volvox. © Frank Fox, Wikimedia Commons

Travaux en cours

Si le paléobiologiste s'intéresse à cette période, ce n'est pas par hasard. Cette seconde glaciation, nommée glaciation sturtienne, coïncide avec l'essor d'organismes multicellulaires. Ce qui peut sembler paradoxal, à première vue. « L'avantage de la stratégie multicellulaire est que chaque cellule [...] a de faibles besoins métaboliques, mais ces cellules peuvent nager ensemble », avance-t-il. De cette façon, ce sont les organismes qui déplacent l'eau, au lieu de se laisser emporter.

Actuellement, il teste son hypothèse avec des algues modernes dans un laboratoire, tout en creusant les archives fossiles de la Terre.

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