L'association France Nature Environnement a publié une enquête sur l'artificialisation des sols en France : en dégradant chaque année de plus en plus de terres, pour le logement en particulier, la France est l'un des pires élèves en Europe.

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La France construit de plus en plus partout, au mépris de ses terres naturelles et agricoles, ce n'est pas qu'une impression, mais un constat chiffré dans un dossier de l'association France Nature Environnement. Chaque année, 200 à 300 km2 de terres naturelles sont transformées en terres artificielles : c'est l'équivalent d'une surface deux, voire trois fois la ville de Paris qui est détérioré pour implanterimplanter de nouvelles activités humaines tous les ans.

Ce processus s'appelle « l'artificialisation des sols », et est défini par le ministère de la Transition écologique comme le fait « de transformer un sol naturel, agricole ou forestier, par des opérations d'aménagement pouvant entraîner une imperméabilisation partielle ou totale, afin de les affecter notamment à des fonctions urbaines ou de transport ». En matièrematière d'artificialisation du sol, la France figure parmi les champions d'Europe selon France Nature Environnement : « La France est au-dessus de la moyenne européenne en matière d'artificialisation. Pire, elle est aussi moins efficace que ses voisins européens : en 2014, on artificialisait, en France, 47km2 pour 100.000 habitants contre 41km2 en Allemagne ou 26km² en Italie ».

L'équivalent de 2 à 3 fois la ville de Paris est dégradé chaque année en France pour la construction. © Pixabay
L'équivalent de 2 à 3 fois la ville de Paris est dégradé chaque année en France pour la construction. © Pixabay

Quelque 30.000 hectares d'espaces naturels, de forêts, de littoral et de champs disparaissent chaque année en France. L'équivalent d'un terrain de foot est bétonné toutes les sept minutes selon l'association Terre de Liens. Pourquoi ? Principalement pour répondre aux besoins de logements d'une population française en expansion.

L'habitat représente 68 % des terres artificialisées entre 2017 et 2019 selon l'association. Les 32 % restant sont liés à la constructionconstruction d'infrastructures de transports (routes, chemins de fersfers...), puis aux activités économiques (comme les commerces et les espaces de loisirs). Le e-commerce, avec la construction de ses méga-entrepôts, représente une part de plus en plus importante de l'artificialisation des sols ces 10 dernières années (1 %).

Question localisation, ce sont les littoraux de l'Atlantique et de la Méditerranée qui souffrent le plus actuellement de cette dégradation massive. France Nature Environnement précise que 20 % des communes françaises sont responsables de 81,7 % de la consommation d'espaces.

L'une des premières causes du changement climatique et de la perte de la biodiversité

Pourtant, le ministère de la Transition écologique lui-même précise que « l'artificialisation des sols est aujourd'hui l'une des causes premières du changement climatique et de l'érosion de la biodiversité ». Concrètement, artificialiser les sols, cela signifie, entre autres : supprimer sur un lieu donné des centaines d'espèces animales et végétales sur terre et sous terre, anéantir la capacité de ce sol à nourrir les êtres vivants, altérer sa capacité à stocker le dioxyde de carbone (premier responsable du réchauffement climatique) par le biais d'une végétation diversifiée, réduire la capacité du sol à retenir l'eau en cas de fortes pluies ou encore empêcher l'eau de circuler et donc diminuer son pouvoir de filtrationfiltration des polluants.

L'artificialisation des sols, comme ici le bétonnage, augmente les risques d'inondations. © Adobe
L'artificialisation des sols, comme ici le bétonnage, augmente les risques d'inondations. © Adobe

À en juger par la dégradation galopante des terres ces dix dernières années, France Nature Environnement juge insuffisant le programme « zéro artificialisation nette » prévu par le Plan Biodiversité du gouvernement. L'association précise que « si aucune mesure n'est prise en France, ce sont 280.000 hectares d'espaces naturels supplémentaires qui seront artificialisés d'ici 2030 en France, soit une superficie supérieure à celle du Luxembourg ».