Le Ginkgo biloba arbore un magnifique feuillage jaune à l’automne. © namezon, Adobe Stock

Planète

Les secrets de l'immortalité du Ginkgo biloba

ActualitéClassé sous :arbre , ginkgo biloba , record de longévité

Le Ginkgo biloba, dernier représentant d'une famille botanique préhistorique, peut vivre plus de 3.000 ans et résiste à toutes les maladies. Il a même survécu à la bombe atomique d'Hiroshima ! Des scientifiques viennent de percer les secrets de cette quasi immortalité.

Le Ginkgo biloba est une anomalie botanique à lui tout seul. Cet arbre, qui se pare d'un somptueux feuillage doré en automne, est le plus ancien arbre sur Terre, qualifié de « fossile vivant ». Dernier représentant de la famille des Ginkgoaceae apparue il y a 300 millions d'années, il est classé parmi les conifères en dépit de son feuillage caduc. Surtout, il bénéficie une longévité exceptionnelle : il peut vivre jusqu'à 3.000 ans et s'avère incroyablement résistant aux maladies, aux parasites, à la pollution, au gel ou à la foudre.

Après l'explosion de la bombe d'Hiroshima en 1945, un Ginkgo biloba est même parvenu à renaître de ses cendres sans dommage apparent, là où toute forme de vie avait été détruite. Enfin, la taille des feuilles, la photosynthèse et la qualité des graines ne diminuent pas au fil du temps. Bref, en l'absence d'accident, le Ginkgo biloba serait quasi immortel.

Les cellules du Ginkgo biloba ne vieillissent pas

Une étude publiée dans la revue PNAS apporte aujourd'hui une explication à cette longévité hors du commun : les cellules de Ginkgo biloba ne vieillissent pas ! Les chercheurs ont procédé à l'analyse ADN de 34 arbres, âgés de 15 à 667 ans et originaires de Chine, et ont regardé l'évolution de leur croissance à l'aide des cernes (dendrochronologie). Ils ont comparé l'expression génétique dans les feuilles et dans le cambium, une « deuxième écorce » intérieure, constituée de cellules méristématiques qui assurent la croissance de la plante.

Contrairement aux cellules des feuilles, qui meurent et tombent chaque année, les cellules de cambium ne montrent aucun signe de sénescence, le mécanisme qui aboutit au raccourcissement des télomères et à la mort cellulaire. En revanche, chez les arbres les plus âgés (plus de 200 ans), les gènes favorisant la croissance s'expriment de moins en moins, l'arbre cessant quasiment de produire de nouvelles cellules cambriennes. Sa durée de floraison diminue et il produit aussi moins de graines. Un peu comme si le Ginkgo biloba privilégiait la longévité par rapport à la taille.

Le Ginkgo biloba âgé ne grandit pratiquement plus et alloue ses ressources à sa protection contre les maladies et les stress environnementaux. © takayuki iida, Adobe Stock

Un système immunitaire de plus en plus performant

Mais ce n'est pas tout. En plus de son système anti-âge, le Ginkgo biloba produit de plus en plus de flavonoïdes, des substances anti-oxydantes, et d'hormones protectrices. « Contrairement aux autres espèces, le Ginkgo biloba ne montre aucun signe d'affaiblissement de sa capacité à se défendre contre le stress en vieillissant », note Richard Dixon, coauteur de l'étude et biologiste à l'université du Nord Texas (États-Unis).

Cette capacité à moduler l'expression génétique en fonction des besoins explique en grande partie la longévité de l'arbre. Le Ginkgo biloba n'est pourtant pas éternel. La plupart meurent de sécheresse ou lors de catastrophes naturelles bien avant la fin de leur durée de vie théorique, ce qui fait que l'on ne saura sans doute jamais si ce arbre peut réellement mourir de vieillesse ou pas.

  • Le Ginkgo biloba peut vivre jusqu’à 3.000 ans et il est incroyablement résistant aux maladies, aux parasites, à la pollution, ou aux stress environnementaux.
  • Contrairement aux autres espèces, les cellules de son écorce intérieure (cambium) ne sont pas atteintes de sénescence.
  • De plus, les gènes exprimant la croissance sont ralentis au profit de ceux favorisant la défense immunitaire de l’arbre.
Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi

« L'Intelligence des arbres » : le réseau social de la forêt  Des isotopes du carbone ont servi à démontrer que deux espèces des forêts canadiennes, le sapin de Douglas et le bouleau, échangent des molécules par leurs racines. Les arbres d’une forêt sont des êtres sociaux et la communication entre eux leur est bénéfique.