Le singe est un animal intelligent. C’est bien connu. Mais les chercheurs continuent de faire des observations étonnantes à son sujet. Cette fois, ils montrent comment le Vervet prend ses décisions à partir d’une quantité d’informations diverses. De quoi faire une nouvelle fois la preuve que ce singe n’est pas si bête ! © EcoView, Adobe Stock
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Bêtes de science : le singe prend (presque) toujours la meilleure décision

ActualitéClassé sous :animaux , singe , Afrique

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« Bêtes de science », c'est comme un recueil d'histoires. De belles histoires qui racontent le vivant dans toute sa fraîcheur. Mais aussi dans toute sa complexité. Une parenthèse pour s'émerveiller des trésors du monde. Une fois n'est pas coutume, intéressons-nous pour la deuxième fois de suite à notre cousin préféré : le singe.

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Le Vervet. Vous connaissez ? C'est une espèce de singe qui vit dans l'est et le sud de l’Afrique. Un singe relativement petit puisqu'il pèse autour des cinq kilos pour une taille maximale de 60 centimètres auxquels il faut tout de même ajouter une queue de près de 70 centimètres.

Ce singe-là vit en groupe. De grands groupes qui peuvent rassembler jusqu'à 50 individus. Des mâles, des femelles et des jeunes. Et ce qu'il a de particulier, c'est qu'il sait plutôt bien s'accommoder de la présence des humains. Un peu trop même puisqu'il n'hésite pas à s'aventurer dans les villes. Ou sur les plantations. Ce qui lui vaut d'ailleurs parfois d'être chassé. Il n'est toutefois pas (encore) en danger.

Une autre particularité que les chercheurs lui ont découverte, c'est un sens de la planification qui va de pair avec un sens de l'orientation plutôt développé. Alors si vous êtes de ceux qui ont pour habitude de vous égarer sur la route des vacances, vous pourriez bien prendre exemple sur le Vervet. En attendant, laissons les éthologues nous raconter plus précisément ce qu'ils ont observé chez des singes sauvages du centre de l'Ouganda.

Des chercheurs ont observé comment le Vervet prend la bonne décision lorsqu’il s’agit de partir en quête de nourriture. © TJM Arseneau-Robar, KA Anderson, EN Vasey, P Sicotte, JA Teichroeb, Université de Toronto Scarborough

Des décisions basées sur plusieurs informations

Ils ont préparé pour eux une expérience riche en enseignements. Sur cinq plateformes disposées sur les sommets d'un pentagone régulier, les chercheurs ont déposé des grains de maïs et des bananes piégées dans une boîte trouée. Sur quatre plateformes reposaient du maïs et sur une seule, des bananes. Il faut savoir que le Vervet raffole littéralement des bananes. L'ennui pour lui, ici, c'est que les bananes sont celles que les chercheurs avaient décidé de rendre les plus difficiles d'accès. Cachées dans une boîte qu'il faut secouer ou faire rouler pour les en sortir.

Première observation : les Vervets se sont montrés plutôt habiles à comprendre comment récupérer les bananes au fond de leur boîte. Les moins doués ont mis à peine plus d'une minute pour comprendre l'astuce. Les autres l'ont fait sans même avoir l'air d'y réfléchir.

Mais l'observation la plus surprenante que les éthologues ont faite, c'est que ces singes n'ont pas fait des choix dictés uniquement par la gourmandise. Avant de se lancer, ils ont tenu compte de leur situation. Comprenez de leur rang dans la hiérarchie du groupe, de leur aptitude à manipuler la boîte à banane ou encore de la présence dans les parages d'un concurrent direct. Lorsque le risque était jugé faible, le Vervet étudié empruntait un itinéraire minimisant les coûts de déplacement. Lorsque le risque était jugé élevé ou que le singe s'était montré peu doué à manipuler la boîte, le Vervet se précipitait... vers les bananes. Pour les dévorer sans attendre et risquer qu'elles lui échappent. Lorsque le risque était jugé modéré, le Vervet de rang inférieur prenait le temps de s'arrêter juste sur une plateforme à maïs avant de rejoindre celle des bananes.

Résultat, dans la plupart des cas, le Vervet étudié arrive à s'approprier sa nourriture préférée. Ou en tout cas, une quantité totale de nourriture maximale. De quoi montrer à quel point le processus de prise de décision chez ce singe en particulier peut être complexe, basé sur la synthèse de nombreuses informations, écologiques ou sociales. Et à quel point il est rapide ! De quoi prouver finalement que le Vervet... n'est pas si bête !


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