S’il s’agit de croquer quelques carrés de chocolat, n’hésitez pas à céder à la gourmandise. Dans ce cas précis, les scientifiques sont formels, il n’y a aucun mal à se faire du bien. © Becca Tarter, Unsplash

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Péchés capitaux : la gourmandise est-elle vraiment un vilain défaut ?

Question/RéponseClassé sous :Péchés Capitaux , gourmandise , tradition catholique

La gourmandise. Cette envie irrépressible de manger des aliments qui nous sont agréables. Vous connaissez ? Pour l'Église, c'est toujours péché et même, péché capital ! Mais selon les scientifiques, nos organismes seraient préprogrammés à être gourmands. L'heure est donc venue de déculpabiliser...

Dans la tradition catholique, les péchés capitaux ne correspondent pas nécessairement aux péchés les plus graves qui puissent être commis. En revanche, ils sont à l'origine de tous les autres péchés. Et ils sont des péchés que l'on commet pour eux-mêmes. Le Catéchisme en liste sept : l'orgueil, l'avarice, l'envie, la colère, la luxure, la gourmandise et la paresse.

Nous vous proposons aujourd'hui de porter sur l'un d'entre eux, la gourmandise, un péché plutôt véniel, un regard décalé et croisé. Un regard éclairé de quelques considérations scientifiques qui aideront peut-être certains d'entre vous à retrouver meilleure conscience...

La gourmandise peut-être considérée comme un dérèglement des mécanismes qui contrôlent la faim et les besoins de l’organisme en la matière. Ainsi la gourmandise n’est pas l’apanage de l’Homme. Elle touche également les animaux. © Klaus, Fotolia

Gourmandise : ce que nous apprend la science

Savez-vous qu'en 1997, des chercheurs ont décrit un désordre alimentaire qui peut apparaître consécutivement à des lésions cérébrales ? Ils l'ont baptisé syndrome du gourmand. Car les patients touchés se trouvent pris d'un intérêt soudain pour la « nourriture fine ». Leur cerveau blessé les transforme en authentiques gourmands.

Et même si le syndrome du gourmand reste rare, les experts s'accordent à le dire : la gourmandise fait partie de notre nature. Elle est préprogrammée par notre hypothalamus et contribue même à notre survie. C'est pourquoi certains n'hésitent pas à qualifier la gourmandise de « plaisir noble » !

Plus précisément, les scientifiques ont pu établir différents liens entre gourmandise et hormones. Ainsi une étude juge l'hormone GLP-1 responsable du fait que nous soyons capables de manger uniquement par plaisir, et notamment des aliments gras. Ce serait plus exactement l'absence de cette hormone qui encouragerait notre gourmandise en jouant sur les mécanismes de régulation de notre appétit.

Une attirance exagérée pour les sucreries semble quant à elle coïncider avec la présence en quantité dans l'organisme d'une hormone produite par le foie. On pensait pourtant jusqu'alors le rôle de l'hormone FGF21 limité au contrôle du niveau d'insuline. Mais cette hormone influerait plus largement sur le centre du plaisir dans le cerveau humain, modifiant notre fonctionnement. Car céder à la gourmandise procure bien du plaisir, au sens scientifique du terme. Craquer pour un morceau de chocolat entraîne la libération de dopamine, sans doute le plus célèbre des neurotransmetteurs. Une libération à l'origine, dans ce cas-là, d'une sensation de bien-être.

La gourmandise peut se porter sur bien des aliments. Mais elle ne devrait pas être confondue avec la goinfrerie ou la gloutonnerie. La première en effet désigne plutôt une attirance vers les bonnes choses et la seconde, une tendance à avaler tout ce qui peut nous passer sous la main. © Rakicevi Nenad, Unsplash

Le chocolat : symbole de gourmandise

Noël, la Saint-Valentin, Pâques, pour accompagner un café, un coup de déprime. Il y a toujours une bonne raison de manger du chocolat. D'ailleurs un Français moyen en consomme chaque année pas moins de 7 kilogrammes. Mais tant que cette gourmandise ne se transforme pas en gloutonnerie, il semblerait qu'il y ait quelques avantages à cela.

De nombreuses études scientifiques, en effet, s'accordent à dire qu'une consommation modérée, mais régulière, de chocolat — noir de préférence, nous y reviendrons plus loin — est plutôt bénéfique pour notre santé. De quoi donc déculpabiliser. Mais attention, on a dit consommation modérée ! Sans quoi, des conséquences négatives pourraient apparaître comme la prise de poids ou même une diminution de la densité osseuse. Car le chocolat contient des oxalates qui rendent plus difficile l'absorption du calcium.

Manger quotidiennement du chocolat noir réduirait de près de 70 % les risques de prééclampsie — une complication liée à l’hypertension artérielle qui provoque des naissances prématurées — chez la femme enceinte. © estradaaton, Fotolia

Mais alors, qu'entendent les scientifiques par « consommation modérée » ? La bonne quantité pour profiter des bienfaits du chocolat sans en subir d'effets indésirables serait de quelque 30 grammes par jour. 30 grammes par jour de chocolat noir à 70 % de cacao minimum. La précision est utile. Car le chocolat noir est plus pauvre en matières grasses et en sucres.

En revanche, il est riche en vitamines et notamment en vitamines du groupe B. Il contient également de nombreux minéraux comme le magnésium, le phosphore ou encore le potassium ou le fer. Et on y trouve aussi d'autres éléments actifs comme la théobromine, la tyramine, la phényléthylamine ou des flavonoïdes. Un cocktail qui donne au chocolat, entre autres, des propriétés antioxydantes — protection contre le vieillissement cellulaire ou encore contre les maladies cardio-vasculaires —, antistress — utile au moment des examens — et anti-déprime — rien de tel pour oublier un chagrin d'amour — voire euphorisantes.

La gourmandise, péché capital ?

Au regard de toutes ces considérations, la question de maintenir la gourmandise dans la liste des péchés capitaux semble pouvoir légitimement se poser. D'un point de vue scientifique en tout cas — et par conséquent, de celui de Futura —, la gourmandise ne doit pas être blâmée.

Il est bon toutefois de rappeler que cette liste a été d'abord établie dans les couvents et les monastères. Elle portait alors sur les tentations auxquelles étaient soumis moines et nonnes. Et il semblerait qu'ils aient été spécialement enclins à la gourmandise. Ayant renoncé aux plaisirs de la chair, notamment, il se murmure qu'il leur était d'autant plus difficile de ne pas succomber aux plaisirs de la bonne chère !

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