Abeille du Cap (Apis mellifera capensis). © Jennifer C., Flickr
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Cette abeille peut se cloner elle-même des millions de fois

ActualitéClassé sous :Abeille , clonage , Parthénogénèse

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[EN VIDÉO] 10 actions à adopter pour sauver les abeilles  Les abeilles sont des actrices indispensables dans la préservation de la biodiversité. Malheureusement, elles sont aussi menacées par les activités humaines. Voici donc 10 actions à adopter pour aider à les protéger. 

Les ouvrières des abeilles du Cap se reproduisent par clonage de manière à éviter la consanguinité observée lors de la parthénogenèse. Certaines lignées sont ainsi restées identiques depuis plus de 30 ans !

Les ouvrières de l'abeille du Cap (Apis mellifera capensis), originaires d'Afrique du Sud, ont développé une capacité étonnante à se cloner elles-mêmes, selon une étude étude publiée dans Proceedings of the Royal Society B. Les chercheurs ont même observé une lignée de clones se perpétuant à l'identique depuis... 1990, avec des centaines de millions de copies.

Les abeilles du Cap se reproduisent par reproduction sexuée, où la reine est fécondée par un mâle et peut alors pondre jusqu'à 2.000 œufs par jour. Mais les ouvrières se reproduisent par parthénogenèse thélytoque, où les œufs non fécondés donnent naissance à des ouvrières femelles par méiose, avec recombinaison du matériel génétique. Le problème est que la parthénogenèse aboutit rapidement à des individus présentant une grande consanguinité, ce qui induit une forte mortalité. Avec le clonage, chaque abeille-fille est exactement identique à sa mère, ce qui empêche ce phénomène.

Le clonage (première colonne) évite le phénomène de recombinaison génétique obtenu avec la parthénogenèse. © Benjamin Oldroyd et al., Proceedings of the Royal Society B., 2021

Une mutation qui empêche la recombinaison génétique

Pour comprendre comment les ouvrières conservent leur intégrité génétique, les chercheurs ont forcé les reines à se reproduire de manière asexuée en les équipant d'une bande de ruban collée avec du vernis à ongles afin de les empêcher de s'accoupler. Ils ont ensuite comparé les larves de la reine reproduite par voie asexuée à celles des ouvrières, et trouvé un niveau de recombinaison génétique 100 fois plus important chez la reine que chez les ouvrières. Les auteurs suggèrent que les abeilles ouvrières du Cap ont développé une mutation qui prévient la recombinaison génétique pendant la reproduction. Ce comportement permettrait aux ouvrières de garder leur caractère fonctionnel en évitant la consanguinité.

Il arrive toutefois que le clonage aboutisse à des colonies dysfonctionnelles, lorsque des abeilles ouvrières se transforment accidentellement en « reine » qui passent alors leur temps à pondre plutôt qu'à effectuer leur travail. Ces reines parasites vont alors coloniser d'autres colonies et perturber également leur fonctionnement.

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