Unity, le nouveau SpaceShipTwo, lors de sa première sortie aérienne, un vol libre d'une dizaine de minutes. © Virgin Galactic, Mark Greenberg

Sciences

Tourisme spatial : Virgin Galactic fait voler Unity, le nouveau SpaceShipTwo, pour la première fois

ActualitéClassé sous :tourisme spatial , Virgin Galactic , SpaceshipTwo

Par Rémy Decourt, Futura

Plus de deux ans après le crash du SpaceShipTwo Enterprise qui avait coûté la vie au pilote d’essai Michael Alsbury, un SpaceShipTwo a de nouveau volé. Unity, c'est son nom, a réalisé un vol libre d'une dizaine de minutes qui s'est déroulé sans accroc.

Virgin Galactic, qui espère envoyer ses premiers touristes à la frontière l'espace avant la fin de la décennie, vient de franchir une étape importante vers le tourisme spatial. Elle a en effet réalisé un premier vol libre réussi d'Unity. Cet avion suborbital est le successeur du SpaceShipTwo, dont le crash, lors d'un vol d'essai réalisé en octobre 2014, avait coûté la vie à son pilote, Michael Alsbury, et blessé son copilote Peter Siebold. La conception d'Unity est différente de celle de son prédécesseur. L'appareil a été présenté en février 2016 et a obtenu sa licence d'exploitation au mois d'août.

Le 3 décembre, lors de sa cinquième sortie en l'air, il a réalisé un vol plané pour la première fois, amené jusqu'à 50.000 pieds d'altitude (15 kilomètres) par son avion porteur -- le WhiteKnightTwo, dont c'était le 218e vol. Moteur éteint (c'est le principe du vol libre), Unity a réalisé une chute libre d'une dizaine de minutes qui lui a permis d'atteindre la vitesse de Mach 0,6. Au total, du décollage au retour sur la terre ferme, le vol aura duré 1 h 20 mn.

D'autres vols libres prévus pour l'avion suborbital

Comme le soulignent les deux pilotes à bord de l'avion suborbital, Mark Stucky et Dave Mackay, « le vol d'Unity s'est bien déroulé ». C'est ce que devrait confirmer l'examen des données qui seront exploitées par les équipes de The Spaceship Company, la société sœur de Virgin Galactic qui construit l'avion.

Cela dit, ce n'est pas demain qu'Unity testera son moteur-fusée en vol. Avant de le tester, à une date qui n'a pas encore été communiquée, plusieurs autres vols libres sont prévus et nécessaires afin de s'assurer du bon comportement de l'avion dans une grande variété de conditions de vol. 

Pour en savoir plus

Après le crash du premier SpaceShipTwo, découvrez Unity

Article de Rémy Decourt paru le 22/02/2016

Seize mois après le crash du premier prototype qui a coûté la vie au pilote d'essai Michael Alsbury, Virgin Galactic a dévoilé Unity, le nouvel exemplaire du SpaceShipTwo, son avion suborbital qui doit ouvrir la voie du tourisme spatial. Aucune date n'a cependant été communiquée quant à un vol d'essai et encore moins un vol de transport de passagers.

La décennie 2010 aurait dû être celle du lancement des services commerciaux de tourisme spatial. Pourtant, force est de constater que tous les projets présentés à la fin des années quatre-vingt-dix peinent à décoller. La plupart ont été abandonnés. Seuls certains tirent leur épingle du jeu comme le New Shepard de Blue Origin ou le Lynx de XCor Aerospace. Quant au SpaceShipTwo, cloué au sol depuis le crash d'un prototype en octobre 2014, une nouvelle version vient d'être présentée en grande pompe. Elle a été baptisée par la petite-fille du milliardaire Richard Branson à l'aide d'une bouteille de lait.

D'apparence, ce véhicule est très similaire à la première version. On note toutefois quelques différences notables telles que des stabilisateurs horizontaux plus importants sur la double dérive de l'avion.

Richard Branson présente Unity, le nouveau SpaceShipTwo. © Virgin Galactic

Virgin Galactic fait le pari du moteur hybride

Cette deuxième version du SpaceShipTwo intègre également quelques améliorations qui tiennent compte du retour d'expérience des premiers vols d'essai mais aussi des changements qui sont une conséquence directe de la perte en vol du premier appareil.

En effet, à l'époque, l'enquête avait montré que le copilote, Michael Alsbury, décédé dans le crash de l'appareil, aurait déclenché trop tôt le système de freinage, qui soulève la queue de l'appareil, provoquant une instabilité aérodynamique et faisant déborder le véhicule de son domaine de vol. Le tableau de bord du nouveau véhicule intègre donc un dispositif qui prévient quand il est dangereux d'actionner la commande de manœuvre de la queue pivotante.

Quant à la motorisation, élément clé de la mise au point de l'engin, Virgin Galactic parie toujours sur un moteur hybride qui fonctionne avec un mélange d'un combustible sous forme solide et un oxydant liquide.

La nouvelle version du SpaceShipTwo arbore une livrée blanche et argentée différente de la précédente version du véhicule suborbital. © Virgin Galactic, Mark Greenberg

L'entreprise s'en tient ainsi à un carburant à base de polybutadiène hydroxytéléchélique (PBHT) (aussi utilisé au quotidien comme gomme synthétique pour les pneus) et de protoxyde d'azote (N2O) (aussi appelé gaz hilarant). Des avancées auraient été réalisées dans ce domaine malgré les incertitudes autour de ce moteur, dont les performances ont toujours été en deçà de ce que les études papier laissaient présager.

Pour le moment, il n'y a aucune information quant à un premier vol d'essai. La société n'a pas souhaité communiquer sur un calendrier précis des différentes étapes à franchir avant de pouvoir, enfin, embarquer des passagers et ouvrir un service commercial de tourisme spatial à l'horizon 2020.

  Les commentaires ne sont pas disponibles pour le moment.