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Dromadaire

DéfinitionClassé sous :zoologie , camélidé , chameau
Dromadaire dans les rues de Bangalore, en Inde. © Harrieta 171, Wikipédia, GNU 1.2

Dromadaire (Linnaeus, 1758) – Camelus dromedarius

  • Ordre : Artiodactyla
  • Famille : Camelidae
  • Genre : Camelus
  • Taille : 2,25 à 3 m, hauteur au garrot 2,20 à 2,50 m
  • Poids : 400 à 1.100 kg selon les races
  • Longévité : 20 à 25 ans

Statut de conservation UICN : LC, Préoccupation mineure

Description du dromadaire

Également appelé chameau d'Arabie, le dromadaire est un « chameau » domestiqué il y a deux ou trois millénaires avant J.-C. L'espèce sauvage est éteinte. Il présente les particularités de ne posséder qu'une seule bosse, et de s'être adapté à la vie dans les contrées désertiques chaudes. Son pelage est généralement de couleur sable, brune ou beige. Le corps est porté par quatre membres longs aux pieds larges, qui lui permettent de ne pas s'enfoncer dans le sable. Le crâne présente une crête occipitale recouvrant un puissant ligament cervical, qui aide à soutenir la tête au bout de son long cou. La queue est courte et terminée par un pinceau de poils. La taille et le poids du dromadaire dépendent de la race à laquelle il appartient. En voici quelques-unes :

  • Dankali (Éthiopie, Érythrée, Djibouti) ;
  • Aftout (Maroc, Mauritanie) ;
  • Bikaneri (Inde) ;
  • Jaisalmeri (Inde) ;
  • Mehari (Algérie) ;
  • Almajahin (Arabie Saoudite) ;
  • Majorero (îles Canaries, Espagne) ;
  • Balouchistani blanc (Pakistan).

Il faut également distinguer le dromadaire de monte ou de course, qui est appelé méhara, et le dromadaire de bât ou de somme, qui est nommé djimel. Ce dernier est le plus lourd.

Dromadaire au Kazakhstan. Il n’existe plus de dromadaires à l’état sauvage. © Jan Svetlik, Flickr, cc by nc nd 2.0

Adaptation au désert et à la déshydratation

Les yeux du dromadaire sont protégés par une double rangée de cils pour se protéger du sable, et l'animal est en mesure de fermer ses narines en cas de tempête de sable. Les sinus sont amples, et la présence d'un sac sinusal latéral capable de se fermer lui permet de récupérer une part importante d'eau lors de l'expiration. Pour éviter de perdre de l'eau par transpiration, l'animal est capable d'adapter la température de son corps à la chaleur extérieure. En augmentant sa température interne, il évite de trop transpirer. Il peut ainsi passer de 37 à 42 °C en se thermorégulant. En chauffant de 6 °C, un animal de 600 kg économise 5 litres d'eau par jour. La bosse est une réserve de graisse que le dromadaire peut transformer en eau. Il l'utilise en cas de disette, et peut subir une déshydratation supérieure à 30 %, alors qu'un autre animal ne peut survivre au-delà de 15 %. 

Dromadaire dans un désert des Émirats arabes unis. © Todd W Pierson, Flickr, cc by nc sa 2.0

Lorsqu'il boit, il peut absorber 200 litres d'eau en quelques minutes, alors qu'un autre animal qui voudrait l'imiter mourait en faisant exploser ses globules rouges. La forme particulière en ballon de rugby des globules rouges du dromadaire leur permet de doubler de taille sans éclater. Cette eau est stockée dans le système sanguin et dans le tube digestif. Les genoux et la poitrine du dromadaire sont munis de coussinets qui lui permettent de baraquer (s'accroupir) sans se brûler sur le sable. Ses lèvres épaisses sont à même de saisir les branchages épineux et la peau de son dos, très épaisse, lui permet de ne pas ressentir la chaleur et de se protéger des blessures occasionnées par les épines et les harnais. Ses pieds ne possèdent pas de sabot, et leur sole, sorte de plaque cornée, agit un peu à la façon d'un pneumatique s'aplatissant sur le sable. Cela procure une grande souplesse à l'animal.   

Habitat du dromadaire

On trouve le dromadaire uniquement dans les zones arides ou désertiques chaudes d'Afrique du Nord, du Moyen-Orient et du Proche-Orient. Les plus importantes populations de dromadaires de l'Afrique sahélienne sont réparties sur la Somalie, le Soudan et l'Éthiopie. Il est aussi utilisé dans tous les pays bordant l'océan Indien, depuis le désert du Néguev et la péninsule arabique jusqu'en Inde dans le désert du Rajasthan. Il a été introduit dans différents pays avec des succès divers, mais ce n'est qu'en Australie qu'il a réussi à s'acclimater et à se reproduire. 

Dromadaire australien dans l'outback. L’Australie est le seul pays où le dromadaire a été introduit avec succès. © Jjron, Wikipédia, GNU 1.2

Comportement du dromadaire

Le dromadaire vit en troupeaux constitués de petits groupes de femelles et de juvéniles menés par un adulte dominant. Bien qu'il soit attentif au harem qu'il dirige, c'est un animal sociable et grégaire. Chargé, le dromadaire peut marcher à une allure de 4 à 7 km/h, entre 40 et 50 km par jour, pendant parfois plusieurs semaines. Lors de sa course, il pratique l'amble : il avance les deux pattes d'un même côté, et quand il s'accroupit, on dit de lui qu'il baraque. Lorsqu'il émet des sons, il blatère. Le dromadaire doit sa réputation aux énormes services qu'il a rendus et rend encore en tant que bête de somme ou de monte. Son utilisation pour les travaux agricoles est ancienne, mais celle de sa production laitière est moins connue et plus récente.  

Chamelon tétant sa mère. Le jeune chameau reste auprès de sa mère jusqu’à deux années après la naissance. © Garrondo, Wikipédia, cc by sa 3.0

Reproduction du dromadaire

La femelle donne naissance tous les deux ans à un seul petit après une gestation variant entre 12 et 14 mois. Le chamelon est capable de marcher quelques heures plus tard. Sa mère l'allaite pendant une année, mais le jeune reste auprès d'elle pendant deux ans. Les femelles atteignent la maturité sexuelle vers trois ans, mais la période réelle de reproduction s'étend de la 4e à la 20e année seulement. Le mâle n'est mis à la reproduction qu'entre 6 et 12 ans.

Chamelle et son petit dans le désert de Dubaï. © Benpsycho, Wikipédia, GNU 1.2

Régime alimentaire du dromadaire

Le dromadaire se nourrit de broussailles, d'herbes sèches diverses et du feuillage d'épineux qui croissent dans le désert. Il est capable de ne pas boire pendant une huitaine de jours. Il puise alors les ressources nécessaires dans sa bosse de graisse. Quand il a la possibilité de boire, il peut ingurgiter une centaine de litres d'eau en l'espace d'une dizaine de minutes. Ses besoins en sel sont très importants et indispensables, car il lui permet de stocker et de fixer l'eau dans son corps.

Chameaux broutant sur les bords du Nil à Louxor, en Égypte. © Steve FE-Cameron, Wikipédia, GNU 1.2

Menaces sur le dromadaire

Les effectifs de dromadaires ne sont pas en danger. Ils avoisinent les 20 millions de têtes sur l'ensemble de la planète. De plus, du fait de son endurance et de sa sobriété, l'animal est le moyen de transport le plus adapté au désert. L'Homme aura toujours besoin de lui pour rallier un point à un autre dans des lieux où n'existe aucune piste aménagée pour les véhicules à moteur. Il permet à l'Homme de se maintenir dans ces régions inhospitalières.

Traite d'une chamelle au Niger. © IECA Cheung, Wikipédia, cc by sa 2.0

Le saviez-vous ?

Le dromadaire est un animal très précieux, tant pour les populations nomades que sédentaires, car son utilisation ne se limite pas au transport de fardeaux et d'Hommes. Il sert également pour labourer les champs, pour tirer l'eau des puits, pour faire tourner les meules à grain, etc. Sa toison sert à fabriquer des couvertures, des sacs, divers lainages et des cordes. Sa chair et sa graisse sont utilisées pour l'alimentation, son lait est très nourrissant et ses excréments remplacent avantageusement le bois en tant que combustible

Taghlamt ralliant Agadez au départ de Bilma. © Holger Reineccius, Wikipédia, GNU 1.2

Deux fois par an, les Touaregs Kel Owey, qui pratiquent le commerce du sel gemme extrait des mines de Taoudeni au nord du Mali, forment une caravane appelée l'azalaï. Ils transportent les plaques de sel sur un millier de kilomètres au rythme de 40 km par jour, depuis les lieux d'extraction jusqu'à Tombouctou ou sur d'autres marchés de la zone sahélienne. La caravane de dromadaires qui relie les salines de Fachi et Bilma au Niger jusqu'à Agadez est appelée taghlamt. Une caravane de 45 dromadaires peut ainsi acheminer 4.500 kg de sel. Celles qui assurent le transport du sel gemme sont fortes de 3.000 à 20.000 bêtes, afin d'affronter le désert et les pillards et de résister aux raids des Toubous venus du Tibesti.