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Sony veut créer des lunettes universelles pour les téléviseurs 3D

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Actuellement, chaque fabricant de téléviseurs 3D utilise des lunettes fonctionnant avec leur propre système de synchronisation,  qui n'est compatible qu'avec les modèles de leur marque. Sony a déposé un brevet pour un concept de lunettes 3D universelles intégrant les principaux modules infrarouges qui pourraient être utilisés avec tous les téléviseurs 3D du marché.

Sony a anticipé divers formats de lunettes, et même de casques immersifs, qui pourraient intégrer directement les récepteurs infrarouges nécessaires au fonctionnement avec l’ensemble des marques de téléviseurs 3D du marché. © Sony

Sony veut appliquer le principe des télécommandes universelles aux lunettes 3D. La firme japonaise a déposé un brevet auprès du Bureau américain des brevets et des marques (USPTO) qui décrit des « lunettes 3D à obturateur actif, stéréoscopiques et universelles ». L'idée est qu'elles puissent servir avec tous les téléviseurs 3D du marché, quelle que soit leur marque. Cela n'est pas le cas actuellement, car chaque fabricant de téléviseurs 3D développe ses propres lunettes qui ne fonctionnent pas avec les modèles concurrents.

La différence se situe au niveau du système de synchronisation des images qui produit l'effet 3D, pour lequel chaque marque utilise sa propre technologie. Les téléviseurs 3D utilisent le principe de la stéréoscopie en diffusant alternativement et à un rythme très élevé l'image destinée à l'œil droit et celle destinée à l'œil gauche. Pour percevoir l'image en 3D produite à partir de cette méthode, il existe deux modèles. Il y a d'abord des lunettes pour anaglyphes équipées de verres bleu (œil droit) et rouge (œil gauche). Ce sont les plus simples et les moins chères à fabriquer, mais elles n'assurent pas un rendu des couleurs très fidèle. La seconde famille de lunettes pour percevoir la 3D stéréoscopique comporte des lunettes actives à occultation alternée. Celles-ci intègrent un panneau LCD dans chaque verre. Il est commandé par un récepteur infrarouge qui synchronise le signal émis par le téléviseur 3D en obturant tantôt le verre gauche, tantôt le verre droit. Le cerveau se charge alors de réunir les deux images en une seule pour percevoir l'effet 3D.

Dans son brevet, Sony décrit plusieurs options pour intégrer les récepteurs infrarouges dans les lunettes, dont le principe d’un module amovible que l’on pourrait changer en fonction de la marque du téléviseur. © Sony

Les consommateurs n’ont pas le choix entre les lunettes 3D

La barrière technique qui empêche les lunettes actives de fonctionner avec différentes marques de téléviseurs se situe au niveau du système de synchronisation infrarouge. Il se compose d'un émetteur logé dans le téléviseur et d'un récepteur qui est intégré aux lunettes. L'émetteur reçoit les informations sur l'alternance droite-gauche des images, puis les transmet au récepteur. Pour véhiculer ces informations, chaque marque utilise un rayonnement infrarouge et une fréquence d'émission spécifiques. Dans sa demande de brevet, Sony souligne que ces lunettes sont par conséquent coûteuses à fabriquer et chères à l'achat, car elles ne sont produites qu'en quantités limitées pour chaque marque. Par ailleurs, les consommateurs sont obligés d'acheter les lunettes compatibles avec leur téléviseur, quel qu'en soit le prix. Un obstacle que la firme japonaise pense pouvoir lever avec ses lunettes 3D universelles.

Pour cela, plusieurs options techniques sont envisageables : soit intégrer dans les lunettes plusieurs récepteurs infrarouges, soit proposer des modules amovibles qu'il suffirait d'enficher dans la monture. Sony estime qu'il faut au maximum huit récepteurs pour couvrir l'ensemble des fréquences de transmission utilisées par les différentes marques (comprises entre 20 kHz et 28 kHz). Pour basculer sur le bon récepteur, il suffirait d'utiliser un sélecteur placé sur la monture. Quant au codage des rayons infrarouges propres à chaque marque, il peut être récupéré en amont grâce à un spectromètre puis directement téléchargé par les utilisateurs qui brancheront leurs lunettes universelles à leur ordinateur via une prise USB. Le code infrarouge peut aussi être préinstallé dans le module récepteur.

Pas encore de marché pour des lunettes 3D universelles

Sony prévoit que le système fonctionne non seulement avec des téléviseurs 3D, mais également des consoles de jeux vidéo ou des lecteurs de salon. Le brevet du constructeur nippon stipule également que cette technologie peut être intégrée non seulement dans des lunettes, mais également dans des casques.

Il faut souligner que Sony n'est pas le premier à avoir imaginé le principe de lunettes 3D universelles. Voilà deux ans, la société Xpand proposait déjà une paire capable de scanner les signaux infrarouges émis par chaque téléviseur et d'identifier automatiquement le protocole de communication et la vitesse de synchronisation de l'écran. De plus, la Consumer Electronics Association, groupement américain qui rassemble près de 2.000 industriels, a appelé de ses vœux la création d'un standard de synchronisation de la liaison infrarouge qui fonctionnerait avec toutes les marques de téléviseurs. Cela n'a débouché sur rien de concret pour le moment. De son côté, Sony n'indique pas si et quand il compte mettre ce type de produits sur le marché. Il faudra pour cela sans doute attendre que le parc installé de téléviseurs 3D soit suffisamment important pour que ces lunettes universelles trouvent leur raison d'être. Selon un rapport prospectif du cabinet NPD DisplaySearch réalisé en septembre dernier, les ventes de téléviseurs 3D devraient avoisiner les 70 millions d'unités cette année et dépasser les 100 millions en 2014.

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