Le drone Avenger porte sous son aile droite le Legion Pod mis au point par Lockheed Martin. Avec lui, il est capable d’engager des cibles de façon totalement autonome. © General Atomics
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Le drone Avenger peut suivre des cibles de façon autonome et c'est une première

ActualitéClassé sous :Guerre du futur , drone , drone tueur

Par Sylvain Biget, Futura

En portant un dispositif d'acquisition de cible à infrarouge sous son aile droite, le drone Avenger peut engager des aéronefs ennemis de façon autonome et sans radar de tir.

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[EN VIDÉO] Ce drone intelligent remporte un duel à l’épée contre l'Homme  Les drones ne sont pas très agiles, car ils volent sans véritablement être au fait de ce qui les entoure. L’université de Stanford, aux États-Unis, a donc développé une technologie leur permettant d’éviter les obstacles même s’ils sont en mouvement, comme c'est le cas d'une épée tenue par un escrimeur par exemple. La voici testée en vidéo. 

En combat aérien, faire l'acquisition d'une cible en vol par un avion ou un drone nécessite généralement d'utiliser un radar. Mais voilà... celui-ci peut être inutilisable, brouillé par les forces ennemies. Il peut aussi souffrir d'interférence, ou encore être désactivé pour rendre l'aéronef plus furtif. C'est pour cette raison que l'avionneur américain Lockheed Martin a développé son Legion Pod, une nacelle longue de 2,5 mètres et dotée d'un capteur infrarouge permettant de suivre une cible. Déjà utilisé sur les F-16 et F-15-C, le dispositif vient compléter ou remplacer leur radar de tir. C'est justement ce système qui a été utilisé sur le drone Avenger de General Atomics, autrement connu sous le nom de Predator C.

Furtivité et autonomie d'engagement

Avec ce Legion Pod, ce drone à capacité furtive produit par General Atomics a réalisé plusieurs acquisitions de cible de façon totalement autonome au début du mois de juillet dans le sud de la Californie. Il faut dire que le Legion Pod ne nécessite pas de réaliser d'importantes modifications dans l'avionique du drone. Il n'aurait fallu que trois mois pour associer le dispositif et intégrer son logiciel dans le système de gestion de mission de l'Avenger.

Mais attention, en évoquant le terme d'autonomie, le constructeur indique clairement que le drone doté d'un tel système d'engagement autonome est censé évoluer conjointement avec d'autres aéronefs pilotés. Sous la supervision de ceux-ci, l'appareil pourrait alors aller au plus près de la cible de façon furtive pour assurer son engagement. Par ailleurs, ce type de drone militaire reste très loin d'être autonome, même pour ses manœuvres de décollage et atterrissage. Son pilotage nécessite un équipage au sol d'au moins deux personnes, dont un pilote.

Pour en savoir plus

Un drone autonome a attaqué de lui-même une cible humaine, une première

Article de Sylvain Biget, publié le 06/06/2021

En Libye, un drone Kargu-2, produit par les Turcs, a neutralisé une cible humaine de façon totalement autonome selon un rapport de l'ONU. C'est une première dans l'utilisation d'armes autonomes létales.

Voici une nouvelle qui fait trembler les experts du Conseil de sécurité de l'ONU. Dans un de leurs rapports, identifié par le site New Scientist, l'institution vient révéler qu'en mars 2020 en Libye, un drone d'attaque aurait ciblé et visé un combattant issu des rebelles dirigés par le général Khalifa Haftar. Cette attaque par drone n'a rien d'anodine, car elle a été menée de façon totalement autonome par l'aéronef. C'est une première alors que les questions éthiques autour des armes autonomes létales commencent à se poser avec le déploiement dans de nombreuses armes d'un nouveau bestiaire d'armements létaux plus ou moins automatisés. Conçu par une entreprise turque STM, le drone quadricoptère est un Kargu-2.

Une perte de liaison fatale

Pouvant mener des attaques suicides avec sa charge explosive, il est particulièrement adapté à la lutte contre les opérations terroristes. Selon le Daily Star, lors de l'opération, le drone a engagé tout seul plusieurs cibles dont des véhicules et des militaires, pour aboutir à tuer un soldat qui se repliait. Réglé en mode autonome, la liaison était totalement coupée vers son opérateur et il a donc poursuivi sa manœuvre de ciblage afin de neutraliser ce qu'il considérait comme l'ennemi. Le drame, c'est que personne n'avait donc la capacité de l'empêcher, même à la dernière seconde, de mener à terme sa funeste mission.  

Il s'agirait d'un dysfonctionnement plutôt qu'une volonté des militaires puisque cette fonction autonome peut normalement être stoppée à n'importe quel moment par l'opérateur. Une révélation qui va sans doute ajouter de la matière en vue de l'établissement d'une réglementation sur les armes autonomes.

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