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Découvrir la ville de Thiers

Dossier - Thiers, la capitale du couteau
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Une histoire, des techniques, des amateurs et beaucoup de légendes, le couteau dont la capitale est Thiers en France vaut bien une escale de découverte et quelques notions de sciences métallurgiques !

  
DossiersThiers, la capitale du couteau
 

Sur les flancs du ravin de la Durolle, une vue sur la grande Limagne et les monts Dômes, et de vieux quartiers méritent la visite.

Vue d’ensemble de la ville haute et de la vallée de la Durolle. Villeneuve (dessinateur), Engelman (lithographe). Lithographie, 1830. Collections musée de la coutellerie de Thiers. Reproduction Inventaire R. Choplain, R. Maston © Inventaire général, ADAGP, 2000.

Ce sont les eaux de la Durolle qui ont fait la fortune de Thiers. Les industries du papier (presque disparues) et des couteaux depuis le 15ème siècle ont fait sa renommée «  le couteau » maintient le renom. La ville s'établit sur la rive gauche suivie d'un château fort sur la rive droite et la ville se développe et devient le siège d'une baronnie.

La coutellerie à Thiers

Les populations rurales n'ont pu rester que par l'apport complémentaire de l'industrie, souvent à domicile. Thiers a su distribuer le travail dans le "bassin coutelier" qui s'est constitué. Les patrons, des négociants, distribuaient la matière première, concentraient le travail fini, vendaient leurs articles en dehors de la région ; il en fut de même avec l'horlogerie dans le Jura.

Postes de polissage dans l’ancienne usine de manches de couteaux en corne Barland. Photo Inventaire R. Choplain, R. Maston © Inventaire général, ADAGP, 2003.

Les émouleurs, polisseurs et trempeurs utilisaient la Durolle.
Les forgerons, limeurs et monteurs se dispersaient dans la montagne.
Les façonneurs, cacheurs de corne, garçons de boutique, essuyeuses, plieuses et les négociants se fixaient en ville.

Tout compte fait, cela ressemble assez au Jura, même s'il existe des différences notables au niveau du relief, du climat et du peuplement :

-- le Jura a toujours utilisé une main d'œuvre qualifiée, à forte technicité.
-- la main d'œuvre de Thiers est experte dans le travail du bois, des métaux, de la corne. Elle sait, donner une forte valeur ajoutée à ces matières.

L'origine de cette activité remonte au Moyen Age

Thiers a un musée de la coutellerie, véritable vitrine du passé et du présent et, pour ce qui concerne l'histoire en tous les cas allez le visiter : il y a aussi des artisans qui y travaillent «  en direct » !

Au début du 20ème siècle, seule subsistait la coutellerie, laquelle employait alors jusqu'à 12 000 personnes. En 1945, on comptait plus de 600 entreprises. Les couteaux de la région ont pour noms : Le Colibri, L'Issoire, Le Français, Le Salers, Les Thiers, Le Volcanic, Le Voyageur Pèlerin, mais la région fabrique nombre de couteaux célèbres qui sont vendus ailleurs et portent d'autres appellations.

Aujourd'hui, outre la coutellerie traditionnelle, la fabrication s'étend aux instruments de chirurgie, couverts, articles de cuisine et plats en acier inoxydable, au décolletage et aux pièces détachées pour automobilesLe nombre d'entreprises, artisans compris, est passé à 110 mais les effectifs employés sont, environ, de 2000 personnes.

Marques de Thiers

A côté des producteurs directs de couteaux il y a les entreprises spécialisées dans la forge, le découpage, le traitement thermique, la transformation des matières plastiques, l'emballage...